LA CRANDS CULTURE; SES VICES 30S
Tout cela, les partisans de la tenure arislocraliqae des terres, de ce cdté du détroit, ou l'igoorent oa veulent l'ignorer.
Et ils ne semblent pas savoir, non plus, que la possession du sol par celui qui le cultive développe dans l'homme des qualités précieuses : la frugalité, la prévoyance, l'économie, et surtout ce sentiment de liberté qui est si propre à élever le cœur. • Tu auras de la terre, » a écrit M. Michelet, ■ cela veut dire : tu ne seras point un mercenaire qu'on prend et qu'on renvoie demain ; tu ne seras point serf pour ta nourritare quotidienne : tu seras libre... Libre I grande parole, qui contient en effet toute dignité humaine : nulle vertu saDslaliberté(l). >
Ceci posé , voyons que! est en Angleterre et dans le pays de Galles l'état des choses, en ce qui concerne le oRorr a la
TERRB,
En portant à 30,000 le nombre des propriétaires du sol en Angleterre, j'ai suivi l'évaluation que je crois la plus exacte, et c'est celle que donne ausù le Morning Star, journal de MM. Bright et Gobden. Toutefois, ce cbi0i-e n'a rien d'ofiiciel. La vérité est que, sur ce poiut important, la statistique ou se tait ou balbutie, les landlords ayant grand soin de faire de leur nombre un mystère. M. Mac GuUocb ne le fixe pas à moins de 200,000, sans s'appuyer sur d'autre preuve que l'opiaion du docteur Beeke (3). Hais il résulte de ses propres déclarations que, dans ce cbiffre, il comprend les propriétaires dont la propriété est d'une valeur annuelle de quarante shillings (3). A ce compte, on conçoit qu'il
(1) le Feupl», p. S8.
(2) A dacriptivt and HatlUieal occoimt of tlu BrUiih Empirt, t. !•',
(3) Ibid.
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3M LETTRCS ^(Jft L'AK&LEfeUlK. (lS64)
s'extasie sur le uomhïe des moFleU- heureux ausqueU b ProvidMce a ménagé) en Angleterre, les douceurs du stxtr timent de propriété. Pour peu qu'on range dans la cJassailes-t luidlonls* le..p|3Hvre diable qui a un petit jardin aotMir de sa maisooy.il est clair qu'on pieut aller ju$qa'à> 300,000 a iandlords 1 et.miBie auidelàl Mais la stalistifue, préseotée de la sorte, ressemble- !t une nuavaiso plaisanterie.
M. Fiscbel tombe, je crois* daDS-uae-.eugération coantraire lorsqu'il réduit à 17,047 le nombre de propriétaires fonciers {lêatdtd profTittors) (1) en Angleterre et dans 1» pays de Galles. Il appuie cette évalualioasurle receoseueitt de 1851 ; mais il n'a pas pris garde qu& les données four- DÏefi par cette opération sont en géoéral fort inexactes, altf ndu^'il est. beaucoupi de persouaes qui au titre de propriétaire joignant un autre titre, déclarent le seccmd et passent lepiemier sous-sileoce.
Tout pesé, le chitlVe de 30i,000 me paraît, je le réptte,. celutqiii&'élMgDe le noùks de la vérité.
de qfi^est certain, c-'est.qii'en Angleterre la propriétédi. sxA se trouve accusuilée etlend.de plus-ea [dus à s'acctuuK- 1er dans-quelques mains, c Je coimaisy a 'dît M. Brigfat danssoa dtseottis devut les-étecteurs à Birnùugham, . je coor nais- le cas. d'un noble persoaaageiqui passe pour avoir un rereott annuel'de 120j00« liv. st. [a,006^0O» do. fr.)..Il dépense para» 40^000 liv. sU. (1,000,000 de fr.),,et.ies.'- 80ij0W'liv.'sti.(3,(H)O,00Ojde fr.) qui.lii re5teat,,ii lu.eorploie' à^s'arroadii p^. l'acquisition de taut dooiaîas. qui est à vendre. > Les exemples de ce genre abondent. La par- 4ie orientale du comté de Sussex, lequel coatieot ÂOO nulles
jl) Tht EngUth Cofltlilulbm, b; Dr Edwvd Fischet, p. 60.
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U.. G«AMD£ GOLTDRE; SES VUS» SOf
carrés, est presque entièrement la propriété de deux < ooblemen >, le duc de Richmoad et iord Lecontield. La ville de Londres, cette ville étoonaDte par son immensité, appartient h un petit nombre d'Jiommes ; il est tel gr»nd seigneur qui y ^possède UD quartier aussi étendu que la capitale de certains royaumes. L'opulence de la maison Grovesnor brille d'un éclat qui fait pâlir celui du trône, et encore n'est-elle rien en compariûson de. ce qu'«Ue sera, à l'eiLpiniUm des loyers de Belgravia. Les domaineij de Dudtey, Buccleuch, Brownlow prennent des proportions monstrueuses. L'autre jour, on lisûi daus les feuilles publiques qua les curateurs (Guardiant) du marquis de Bute, jeune bemme de seize aiw^ avaient dépensé deus. nillions de livres steriio^ à améliorer la: propriété de ta maison (te Criehton Uount&luart' à Q»--diff.Xtnjuge quelle doit être la valeur d'uoe propriété, quand, pour l'améliorer, rien qiie pour l'améUerer, on dépeoM «nquaitte millions de francs I
PUk, philosophe quMqBepatriei»,.»dit': Ferumf tWRmv filentibut, latifundia pêrdidere Jtaiiam, Si ces-mois,- que Gibbon cite avec approbation, esprÎDMDtun fait bien observé; s'il eet vrai que ce fut l'^stenee de domaioes trop étaoduft qui entraîna la perte de l'Italie, l'aristooratîe an^aiae ferait bien de se demander si l'Angleterre ne serait' pss â'aventure atteiote de ta nuladie sociale dosl lefi- GrocqDM voulaient guérir l'empire romain et qtn finit par. tow ce grand nulade.
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LETTRES Stin l'aKGLETERRE (iB64)
33 mars 1864.
L» drtft de prlMocéHltiir* c» AMgleUrrv.
Vous ' rappelez-vous la réponse du oeveu de Rameau a Diderot, lorsque celui-ci, le rencootraut, lui dit : t U j a une éteruité que je ne vous ai vu... Qu'avez-vous fait? > — c Ce que vous, > répond le neveu de Rameau, « moi et tous les autres faisons, du bien, du mal et rien. Et puis j'ai eu faim, et j'ai mangé quand l'occasion s'en est présentée. »
Eh bien, uon-seulemenL le nombre des gens qui mangtnt quand Voccasifm t'en présente est ici considérable, mais il semble augmenter chaque jour. Ainsi qu'un journal anglais en fait amèrement la remarque, la société d'en haut ne peut plus, depuis quelque temps, s'asseoir à un banquet somptueux, sans qu'on vienne aussitôt l'avertir que Lazare est couché devant la porte, — un Lazare qui n'a pas même un cbien pour lécher ses pbies. Ouï, plus que jamais, on voit, à Ixindres, cette capitale du monde opiilent, la misère frapper à coups redoublés sur ses victimes. ■ J'ai faim, > tels sont les mots qu'on aperçoit quelquefois tracés avec de la craie sur le pavé, devant un spectre assis contre un mur. c Bah ! > disent certains passants repus, < cet homme joue la comédie delà misère; il a façonné son visage à la pâleur. Est-ce que notre loi des pauvres ne tient pas table ouverte? Est-ce qu'il est possible de n'avoir pas de quoi manger, quand le worii-
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