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POURQUOI L ANGLETERRE NA PAS ACCEPTE UN CONGRÈS

Aus8i la décision du ministère et les raisons données h Tappui ont-elles été accneillies par une approbation générale, et presque sans réserve.

Le Times exprime une satisfaction grave et légèrement moqueuse.

Le Daily-News remercie le ministère, non-seulement au nom de la nation anglaise, mais au nom de la postérité.

Le Morning-Advertiser est radieux.

Le Daily-Telegraph se félicite de rîmjpassibilité vigilante de TAngleterre, et il la compare à l'attitude du lion au repos.

Le Morning-Star qui, en sa qualité de journal de la paix à tout prix, aime et doit aimer les congrès, déclare naturel que les ministres aient craint de jeter leur pays dans une entreprise hasardeuse, dont lui-même avait désiré, sans l'espérer, riieureux accomplissement.

Le Morning-Herald^ qui, comme organe des tories, est tenu de chercher querelle à lord John Russell coûte que coûte, n'ose cependant pas s'attaquer au fond, dans son appréciation de la réponse du cabinet de Saint-James, et il est réduit à se rejeter sur la forme, qu'il ne juge pas assez courtoise.

Enfin, le Morning-Post garde le silence, et cette réserve est, peut-être, plus significative encore que le langage des autres journaux.

Car, si je suis bien informé, lord Palmerston, dont le Morning-Post est l'organe, n'aurait pas été, dans le conseil, du même avis que lord Russell, sur la nécessité de repousser le congrès; et la démission de celui-ci, offerte d'abord, puis retirée, aurait été le résultat de cette dissidence. D'où il suit que lord Palmerston aurait dû , en fin de compte , sacrifier

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son opinion à l'opinion. Dans ce cas, l'on conçoit que le Morning-Post ne se soit pas pressé de parler.

Quoi qu'il en soit, vous pouvez voir dans les dépêches du ministre des affaires étrangères de ce pays une expression fidèle de ce que, relativement à la proposition du congrès,. TAngleterre sent, pense, veut et ne veut pas.

Maintenant, ce qui importe à la bonne entente des deux pays et, peut-être, a la paix du monde, c'est qu'on ne se méprenne, en France, ni sur le caractère du refus, ni sur la nature des considérations qui l'ont dicté. Ceux qui le regarderaient comme un acte de basse jalousie, comme une preuve d'hostilité sourde, comme l'inspiration d'un égoïste désir de gêner les mouvements 4e la France ou de lui dérober les fruits d'une initiative hardie, ceux-là tomberaient dans une erreur dont les suites risqueraient d'être désastreuses. Qu'ils y prennent garde, si la liberté leur est chère î

Et d'abord, l'idée d'offenser la France, dût l'offense être sans péril, est une idée également étrangère ici à tous les partis. L'Angleterre désire, j'allais dire passionnément, continuer de vivre avec nous en bonne intelligence; et si elle redoute quelque chose à l'excès, c'est ce qui serait de nature à troubler cette bonne intelligence. Cela est si vrai, qu'à la première nouvelle de la décision prise par le ministère, il s'est manifesté dans les camps les plus opposés des appréhensions qui témoignent assez du prix qu'on attache ici à notre alliance. Comment cette décision serait-elle considérée de l'autre coté du détroit? Ne l'interpréterait-on pas dans le sens d'une brèche faite à l'amitié? N'aurait-elle point pour effet de relâcher le lien qui unit et doit unir les deux pays? Ceux qui, en France, ont recueilli et cultivé l'amer héritage des préjugés historiques et dôs rancunes militaires ne pousseraient-ils pas les clameurs d*usage contre « la perfide

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