‹ Lettres sur l'Angleterre: 2. sérChapitre 49 sur 88 · UNE QUERELLE ENTRE M. COBDËN ET LE TIMES · texte numérisé non relu

UNE QUERELLE ENTRE M. COBDËN ET LE TIMES

battit son combat, k lui^ Thormûe de la hitle par excellence, rincomparable jouteur. Et puis, je ne suis pas bien sur qu'en ^hencbant à avilir le Times^ M. Cobd^n n'ait pas froissé dans beaucoi^ d'Anglais quelque chose qui Eessenable fort à un sentiment national. Je connais des gens ici qui, dans rhumiliation du Times., ne seraient pas éloignés de voir rhumiliation de l'AngleteiTe. Cela vous paraîtra peut-être singulier ; mais cela est.

Il y avait donc toutes sortes de raisons pour qne la sortie de M. Cobden fût mal accueillie du public, quelque fondé, d'ailleurs, qu'il pût être à repousser une imputation aRissi préjudiciable qu'injuste.

De son eô4;é, la presse anglaise avait un intérêt manifeste à se ranger, en cette occasion, sons la bannière du Times. M. Cobden avait eu la généreuse maladresse de mettre en question la moralité des attaques anonymes : en fallait-il davantage? Bien différente en cela de la presse française, la presse anglaise se croirait perdue, le jour où le bénéfice de l'anonyme lui serait enlevé. La loi des signatures lui fait horreur. Combattre sans visière? Jamais! autant vaudrait combattre sans épée. Voilà sa théorie, et il n'est pas de rédacteiw* en chef ici de .qui Ton soit autorisé à dire :

n aurait volontiers écrit sur son chapeau :

« C*est moi qui suis GuiUot, berger de ce troupeau. »

Âinfii, en demandant an Tim/es de baisser la visière, M. Cebden n« pouvait guère manquer de donner à son adversaire des ciliés ardents. De fait, le Moming PMt^ h Morning Aécerliaery le Globe^ V Economiste la Saiuâ^day RevieWy etc., etc., se sont prononcés contre M. CoMeQ»

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dans cetle affaire, avec un ensemble qui témoigne assez de la puissance de Tesprit de corps.

Oh! s'ils s'étaient bornés aie blâmer de Temportement de son lainage, rien de mieux; mais ils sont allés plus loin, et Ton a vu se produire, à cette occasion, je ne sais quelles monstrueuses théories sur le monopole de la publicité par les journaux; sur Tirresponsabilité personnelle de leurs rédacteurs, sur le droit d'étouffer la voix de la défense après avoir sonné le clairon de Tattaque, sur la légitimité du système qui consiste à transformer en un fait bien établi le résultat des déductions les plus arbitraires, et enfin, sur le prétendu danger de faire passer l'importance sociale de la presse, des mains des propriétaires de journaux aux mains des rédacteurs de journaux, en attachant le succès d'une feuille à la popularité des noms qui brillent au bas des articles.

Une circonstance vous aura frappé, je suppose, dans le récit qui précède. Il vous aura paru sans doute étrange que le Times se soit cru le droit et ait eu légalement le droit de refuser l'insertion d'une réponse provoquée par ses accusations, réponse violente, il est vrai, mais en réalité moins venimeuse, peut-être, que l'attaque. Et ce qui vous aura paru plus étrange encore, c'est qu'un homme tel que M. Cobden, après tant d'éclatants services rendus à son pays et dans le cours d'une aussi illustre carrière, n'ait pas pu obtenir de plus de deux journaux le pouvoir de faire le public juge entre le Times ci lui. Mais ce que vous ne comprendrez pas, j'en suis sûr, c'est que le Daily News ait été vivement pris à partie par quelques-uns de ses confrères, pour avoir loyalement, impartialement, mis devant ses locteurs lès diverses pièces du procès, sans rien exagérer, sans rien atténuer, sans rien cacher, et en abandonnant le soin de pro-'

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