UNE QUERELLE ENTRE M. COBDEN ET LE TIMES
noncer la sentence au tribunal duquel les journaux relèvent aussi bien que le pouvoir, c'est-à-dire à tout le monde
Pour ce qui me concerne, je n'hésite pas à dire que le Daily News (je mets à part le Morning Star^ journal de MM. Cobden et Bright) est, de tous les organes de la presse anglaise, le seul qui ait compris où s arrêtent les droits du journalisme et jusqu'où s'étendent ses devoirs. Disposer de la publicité, et la confisquer à son propre profit, c'est convertir en un instrument de tyrannie ce qui ne vaut que comme instrument de liberté. Monopoliser la presse? Mais quel genre de monopole imaginer, je le demande, qui soit plus dangereux, plus inique, plus étouffant? Un journaliste est un fonctionnaire public. La publicité n'est pas sa chose ; il en doit compte à tous, plus particulièrement à ceux contre qui il lui arrive de s'en servir. Il ne saurait en user et en abuser sans manquer de respect au peuple et se manquer de respect à soi-même. S'il y eut jamais loi juste, loi morale, loi vraiment protectrice de la liberté, c'est celle qui, en France, impose à tout journal qui attaque un individu l'oft/igalîon de publier sa réponse. L'absence d'une loi semblable est, en Angleterre, un mal dont ceux-là seuls peuvent sonder la profondeur qui ont senti sur leur tête le lourd poids de la calomnie sans qu'il leur fût possible de le secouer.
Mesurez donc, si vous en avez la force, l'étendue tyrannique d'un pouvoir en vertu duquel un écrivain innommé, irresponsable, votre ennemi personnel peut-être, pourra persuader ceci à la terre entière, du haut d'une tribune élevée et sonore : un tel est digne de haine et de mépris! On frémit quand on songe à l'abus possible d'une pareille puissance. Ne parlez pas, après cela, de liberté individuelle. Un homme que la loi ne protège pas contre cet abus en lui
288 LETTRES SUR l'aNGLETERIŒ (lèês)
ouvrant les colonnes du jourBâl mênie où il est.4ttaqué,oet homme, dèsqu un journal de TiinpoitaDoe du Times \«ut le tuer flioralement, est moralemeol morL Bien en vain obtiendrait-il ailleurs la publicii» qui là lui est refusée. Ë^-<^ que chaque organe de Toplnion n'a pas soo publie qui n*est; pas celui des autres feuilles? C'^t dans lesprit de Pûecne^ qu'on née dénigre, et c'est Paul (pii m'entendra ! Me voilà-t-il pas une belle ressource et une belle consolation ! La ca* lonmie qui m'accable aura été tirée à soixante nulle externplaires, et la vérité, que j'invoque, lô sera à cinq ou six cestl&l Me voilà bien avancé !
Permettez-moi, Monsieur, de reprendre demain ce thème qui,' en Angleterre, se lie à plusieurs autres questioas, dont chacune a, selon moi, une importance suprême.
CCXXVHl
iB déesmlnre.
M. Cobden et M. Bright
Jje lis dans le Morning Star d'aujourd'hui one lettre dans laquelle M. Cobden somme M. John Dôlane de citer les passages prouvant que lui Cobden et M. Bright sont parti* sans du partage des terres^ et une réponse de M. John De* lane, dans laquelle celui-ci dit en substance : « Je ne vous accuse pas de vouloir recourir à la violence pour faire pas-.