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s'extasie sur le noaibre des mortels heureux auxquels la Providence a méuagé, en Angleterre, les douceurs du sentiment de propriété. Pour peu qu'on range dans la classe des <K landlords » le pauvre diable qui a un petit Jardin autour de sa maison, il est clair qu'on peut aller jusqu'à ^0,000 a landlords » et même au delà ! Mais la statistique, présentée de la sorte, ressemble à une mauvaise plaisanterie.
M. Fischel tombe, je crois, dans une exagération contraire lorsqu'il réduit à 17,047 le nombre de propriétaires fonciers {Umded proprietors) (1) en Angleterre et dans le pays de Galles. Il appuie cette évaluation sur le recensement de 1851; mais il n'a pas pris garde que les données fourfiies par cette opération sont en général fort inexactes, attendu qu'il est beaucoup de personnes qui au titre de propriétaire joignant un autre titre, déclarent le second et . passent le premier sous silence.
Tout pesé, le chiffre de 30,000 me parait, je le répète, ' celtti qui s'éloigne le moins de la vérité.
Cd qui est certain, c'est qu'en Angleterre la propriété du sol se trouve accumulée et tend de plus en plus à s'accumu- ' 1er dans quelques mains. « Je connais, a dit M. Bright dans son discours devant les électeurs à Birmingham, je coiè- ' nais le cas d'un noble personnage qui passe pour avoir un revenu annuel de 120,000 liv. st. (3,000,000 de fr.}. Il dépense par an 40,000 liv. sL (1,000,000 de fr.), et les 80,000 liv. st. (2,000,000 de fr.) qui lui restent, il les emploie à s'arrondir par Tacquisition de tout domaine qui ' est à vendre. » Les exemples de ce genre abondent. La partie orientale du comté de Sussex, lequel contient 800 milles
11) The English Constitution ^ by Dr Edward Fischel, p. 60.
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carrés, est presque entièrement la propriété de deux « noblemen », le duc de Richmond et lord Leconfield. La ville de Londres, cette ville étonnante par son inomensité, appartient à un petit nombre d'hommes ; il est tel grand seigneur qui y possède un quartier aussi étendu que la capitale de certains royaumes. L'opulence de la maison Grovesnor brille d'un éclat qui fait pâlir celui du trône, et encore n'est-elle rien en comparaisdiv de ce cpit'elte sera à L'expirati<Hi des loyers de Belgravia. Les domaines de Dudley, Buccleuch, Brownlow prennent des proportions monstrueuses. L'autre jour, on Usait dans les feuiUes pist^liques que les curaieurs {Guardians) du mairquis de Bute, jeune homme de seize am?, avaient dépensé deux millions de livres sterling à améliorer la propriété de la maison de Criehton Mountstuart à Car- <M. On juge quelle doit étrela valeus d'une propriété, quand^ pour, l'améliorer^ rien que pour Faméliarer^ on dépense ciaquanle millions de francs !
IHiiierphilosepheqiieicfuepatricien, a dit: Verèmvqu^^eenh ,fitentii)ua^ latifundia fêrdidere ItoMam. Si ces mots, que GÂhboQ cite avec approbation, expriment un fait bienobservé; ' s'il est vrai que ce fut l'existenee ds domaines trop éten"dus qui entraii^ la perte de l'Italie^ l'aristocratie angtoise «fierait bien de se demander si l'Angleterre ne serait pas d'aventure atteinte de la maladie sociale dont les Gracques voulaient guérir l'empire romain et qui finit par ^er ee ^rand malade.
808 LETTRES SUR l' ANGLETERRE (l864)
22 mars 1864.
Le droit de primogéniture en Angleterre.
Vous rappelez-vous la réponse du neveu de Rameau b Diderot, lorsque celui-ci, le rencontrant, lui dit : « Il y a une éternité que je ne vous ai vu... Qu'avez-vous fait? i — € Ce que vous, » répond le neveu de Rameau, « moi et tous> les autres faisons, du bien, du mal et rien. Et puis j'ai eu faimi et j'ai mangé quand l'occasion s'en est présentée. »
Eh bien, non-seulement le nombre des gens qui mangent qiuind V occasion s en 'présente est ici considérable, mais il semble augmenter chaque jour. Ainsi qu'un journal anglais* en fait amèrement la remarque^ la société d'en haut ne peut plus, depuis quelque temps, s'asseoir à un banquet somptueux, sans qu'on vienne aussitôt l'avertir que Lazare est couché devant la porte, — un Lazare qui n'a pas même un chieu' pour lécher ses plaies. Oui, plus que jamais, on voit, à Londres, cette capitale du monde opulent, la misère frapper à coups redoublés sur ses victimes. « J'ai faim, i tels sont les mots qu'on aperçoit quelquefois tracés avec de la craie sur le pavé, devant un spectre assis contre un mur. « Bah ! i disent certains passants repus, « cet homme joue la comédie de la misère; il a façonné son visage à la pâleur. Est-ce que notre loi des pauvres ne tient pas table ouverte ? Est-ce qu'il est possible de n'avoir pas de quoi manger, quand le work-