LA TERRE, UN AKTIGI4E DE LUXE EN ANGLETERRE
en argent^ les fondateurs leur ont légué des terres dont la valeur vénale était fort minime alors et est devenue immense depuis, à cause des maisons qu'on y a bâties et par le seul effet du progrès de la richesse générale joint à celui de la population.
Ceci bien constaté, en vertu de quelle logique, en vertu de quelle loi d'intérêt public, en vertu de quel principe de justice, la société prise dans son ensemble serait-elle exclue, au profit de quelques-uns de ses membres, de toute participation à ce surcroît de richesses qui est dû à la fécondité du sol, à l'air, à l'humidité, à la chaleur, aux rayons du soleil, à l'augmentation de la population, à la construction des villes, aux inventions de la science, au progrès du commerce, au travail de la société tout entière?
17 juin 1864.
La terre deTeime en Angleterre un artiele de Inxe.
Après avoir exposé sur quel principe reposait, en Angleterre, la tenure du sol;
Après avoir rendu compte des procédés an moyen desquels on était parvenu à y concentrer et à y perpétuer dans un nombre limité de grandes familles la possession de la terre;
S52 LETTftES SUR L*ANGLETEMtE (l864)
Après avoir exprimé en chiffres rimmeiise de richesse qui, pour Taristocratie, résultait de ce système;
Après avoir montré enfin cette aristocratie exerçant le pouvoir politique par la Chambre des Communes ausâ bi^d que par la Chambre des Lords,
J'ai cherché dans Thistoire de la taxe sur la terre (c Land Tax ») une preuve de la sollicitude et du succès avec lesquels l'aristocratie anglaise avait fait tourner à son profit le monopole dont elle était investie, et j'ai dit :
Qu'en 1 799, sous le règne de George IIl, la c Land Tax », transformée en taxe perpétuelle, avait été fixée à la somme de 2,037,627 liv. st., ou 50,940,675 fr.;
Que, cette taxe ayant été, à la même époque, déclarée racbetable et divers rachats ayant été opérés depuis, elle ne s'élevait aujourd'hui qu'à 1,257,808 liv. st., on 31,445,200 fr.;
Que, par conséquent, la taxe sur la terre ne figurait ici dans l'ensemble des impôts que pour un chiffre comparativement fort minime ; et que ce chiffre était resté presque stationnaire, pendant que le revenu des propriétés territoriales, en vertu du cours naturel des choses, et sans aucun effort ou sacrifice de la part des propriétaires, n'avait cessé de s'accroître dans des proportions énormes.
A l'appui des explications d'Adam Smith sur les causes naturelles dont l'action tend à augmenter indéfiniment la richesse des propriétaires fonciers, lesquels s'enrichissent en restant les bras croisés et par le seul effet du progrès général, j'ai cité des chiffres caractéristiques et précisé le fabuleux surcroît de valeur qu'avait acquis un acre de terre dans ce pays, surtout là où l'industrie et le commerce ont déployé leur puissance, comme à Londres, à Manchester, k