‹ Lettres sur l'Angleterre: 2. sérChapitre 80 sur 88 · LA « LAND TAX · texte numérisé non relu

LA « LAND TAX

réelle de la société^ toute augmentation dans la masse du travail utile qui y est mis en œuvre, tend indirectement à élever la rente réelle de la terre. »

Et ailleurs : <r Des trois classes (entre lesquelles se divise la masse totale du produit annuel de la terre et du travail d'un pays, savoir celle qui vil de rentes^ celle qui vit de profits, et celle qui vit de salaires)^ la première est la seule à laquelle son revenu ne coûte ni travail ni souci, mais à laquelle il vient pour ainsi dire de lui-même, sans qu'elle y apporte aucun dessein ou plan quelconque. »

C'est bien, en effet, l'usage de la puissance, de la fécondité de la nature, que loue le propriétaire du sol. Oui, c'est l'usage de l'air, de l'humidité, de la chaleur, que le cultivateur lui paye, absolument comme si la nature elle-même lui appartenait. Et pour que le tribut prélevé par lui sur la fécondité naturelle de la terre aussi bien que sur sa fécondité acquise s'accroisse de plus en plus, tout semble conspirer à l'envi. Car, ainsi qu'Adam Smith le reconnaît, les progrès dans la puissance productive du travail ont cet effet, qu'ils tendent directement à réduire le prix réel des produits manufacturés, et tendent indirectement à élever la rente réelle de la terre. N'est-ce pas contre des produits manufacturés que le propriétaire foncier échange cette partie de son revenu qui excède sa consommation personnelle? Et quand leur prix baisse, ne se trouve-t-il pas en état d'acheter avec le même revenu une plus grande quantité d'objets de commodité, d'ornement ou de luxe?

Il n'a donc pas besoin de travailler, pour ajouter h ses richesses : le temps se charge de l'enrichir, sans qu'il ait à s'en mêler.

Quelle différence, sous ce rapport, entre lui et le capitaliste I Mus les capitaux autres qne h terre abondent, plus

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ils se déprécient : risque auquel n*est point exposée la terre, qui est une quantité limitée. Cent mille francs en valeurs mobilières sont très-loin de valoir aujourd'liiii ce qu'ils valaient il y a un siècle, tandis qu'une terre qui valait cent mille francs il y a un siècle vaut aujourd'hui bien da[vantage.

La richesse générale et la population sont susceptibles d'un accroissement presque indéfini, et ne cessent effective^ ment de s'accroître ; le commerce demande pour ses opérations une base territoriale de plus en plus large ; on agrandit les villes et on en construit de nouvelles ; rétablissement d'un chemin de fer vient tout à coup donner à tel faubourg, à tel district une valeur artificielle considérable. Tout concourt de la sorte à faire hausser le prix de la terre.

En Angleterre^ cette hausse, dans les . grands eentres im^ dustriels ou ccMnmerciaux, présente quelque chose de vraiment fabuleux.

A Londres, le tout petit emplacement qui se voit au eoin de l'église Saint-Paul, du eôté du sud-est, ne vaut pas moins de 60,000 liy. st. (1,500,000 fr.).

Lorsqu'on bâtit New-Oxford, le sol ne coûta pas moins de S7,000 liv. st. (1,423,000 fr.) l'acre.

A Manchester, dans les parties les mieui situées de 1^ ville, on a payé le terrain jusqu'à 200,000 liv. st. (5,000,000 fr.) l'acre.

A Birmii^tôiîi, le terrain ocmpé par un ehemia de fer,, le « London and North -Western Railway, » a été vènda 60,000 liv. st. . (1,500,000 fr .).

Mêmes rèndtats à Sbéffield, à Leeds, à Bradford, à €ta9* gow, à Belfast.

- S'il est à Londres des hépitaux qui jouissent de f«i^«Bus j^rinciers, c'est parce que, au ^m de leur laisser une solniiie

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