‹ Lettres sur l'Angleterre (volume 2)Chapitre 119 sur 186 · UNE SAGE DECISION DE LORD RUSSELL · texte numérisé non relu

UNE SAGE DECISION DE LORD RUSSELL

«aux fédéraux, ils ne verront dans un pareil acte que l'inspiration d'une politique peureuse. Ou aura irrité les premiers et enflé outre mesure Forgueil des seconds. Ainsi parlent les avocats des esclavagistes. Ai-je besoin de signaler le vide de ces plaintes et le vice de ce raisonnement? Si les confédérés s'avisent d'être furieux parce que l'Angleterre ne consent pas à violer scandaleusement, pour leur être agréable, une neutralité qu elle a solennellement proclamée à la face du monde, c'est là un malheur dont l'Angleterre fera bien de se consoler; et en ce qui concerne les fédéraux, prétendre qu'à leurs yeux on est lâche dès qu'on est juste, c'est les calomnier gratuitement. Quelque degré d'arrogance qu'il plaise aux ennemis du Nord d'attribuer au Yankee , il est absurde d'imaginer que le peuple de New- York se croie de force, ayant une affreuse guerre sur les bras, à faire faire aux Anglais ce qu'il veut, et regarde, de sa part, une concession équitable comme une marque de pusillanimité et un aveu de faiblesse. Tout au plus pourrait-on les supposer capables de cet excès de sot orgueil, si le gouvernement anglais avait d'abord refusé ce qu'il accorde aujourd'hui, s'il n'avait agi que sous le coup d'une menace et avec la précipitation de la peur. Mais non : il vient d'ordonner la saisie des vaisseaux construits par ftlM. Laird, en vertu du même principe et sous l'empire manifeste du même sentiment qui lui avait déjà fait saisir YAlessandra. Les observations présentées par le cabinet de Washington, loin de respirer la menace, ont toujours été rédigées dans les termes d'un appel à un sentiment de loyauté et de justice. Bref, la décision n'est intervenue qu'après un délai dont la durée prouve la parfaite liberté d'esprit qui a présidé, en cette circonstance, aux investigations du gouvernement anglais.

S% LETTRES SUR L'ANGLETERRE (l863)

M ootAbM.

Mort de lord' LyndhwFst.

11 y a cinq jours seulement que lord Lyndhurst a reada Time , e& dJijà ,. autour de scat lit de mort, les organes de ropioioo' publique oat à peu près épuisé le vocabulaice des louanges. C! est à peioe si deux oai trois feuilles libérales oat osé mêler quelques iiotes discordantes à ce coucert d'éloges* et! de regrels. Il y a pourtant à. redire k Tapothéose du défuMl) je lecfiQÎs^ Mais vous saves ce que Victor Hu^ met dans la bducbe;d'uft vieux gentilhomme parlami à un coi:

Nous portons tons les deux aa ûront une couroDoe, \ Vous de fleurs de lys d'or et moi de cbeveox blanes.

La vieillesse a ime majesté dont nul ne se peut défendre ; et lord Lyndhurst est mort dans sa quatre-vingt-douzièmeannée.

Qudite vieillesse, d*ailleurs^ que la sienne ! Qui ne le Yoit encore venant le 5 juillet 4859, à Tâge de qnatre-viftgthuit ans, prendre, dans la Chambre des Londs, sa place accoutumée; et là;, le corps légèrement courbé, la main appuyée sur une rampe construite d'avance pour lui, maisl'œil plein de y ie et d'une voix ferme, reoomnaudant k son pays la politique de la vigilance et de la vigueur? OaftU

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