MORT DB LORD LYNDHORST
scène imposaate et qui rappelait la séance famcuvse où le grand Chatam s^évanouit. Seulement,, dans lordLyndhurst, la force de l'âme se trouva mieux servie par celle du corps.
L'énergie avec laquelle ce vieillard sonna le tocsin, au sujet des pensées menaçantes supposées au gouvernement impérial; Témotion juvénile avec laquelle il évoqua le fantôme de l'invasion ; ses attaques contre le pacifique génie de Técole de Manchester-, la fiaçon dont il adjura l'Angleterre de se défier de la confiance, de ne pas économiser sur sa sûreté et de veiller l'arme au bras; enfin le cri qui termina son puissant discours, ce cri terrible : Vm viciisL,. que répétèrent, le lendemain , tous les échos de la Grande-Bretagne, voilà ce que chaque Anglais avait présent à l'esprit et au cœur, lorsque cette nouvelle a retenti : Lord Lyndhurst est mort.
Aux yeux d'un peuple amoureux de lui-même, que ne couvre pas un tel effort de patriotisme fait par un homme de quatre-vingt-huit ans?
Et puis, la mort a le privilège d'effrayer h critique. Il semble que censurer celui dont elle vient de doce pour jamais les lèvres soit une lâcheté, et l'on considère velon* tiers comme faisant partie de la religion des funérailles l'encens qui brftle autour d'un tombeau.
M'y a-t-il pas dans ce banal hommage rendu à la morft une dangereuse faiblesse, una faiblesse pen digne des mœurs d'un peuple libre et que désavoue une âme vraiment virile S Où la mort puise-t-eUe, après tout, le (broit de faire concurrence à la vérité ? Et quelle est donc cette nuijesté de ce qui dura longtemps et ne dure plus, si le respect qu'on lui doit se compose de mensonges complaisants oo de pusillanimes réticences? Il est permis, et il peut paraître convenable de se taire devant une fosse ouverte ; il est permis et il peuS
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paraître convenable d'attendre pour parler que la cendre soit refroidie; mais, si l'on parle, faut-il oublier que la veille appartient h la vérité comme le lendemain, et que les morts, les morts fameux surtout, sont la leçon des vivants?
Que John Singleton Copley, né à Boston, d*uu peintre de portraits, ait eu besoin d'un mérite éminent pour se frayer un chemin jusqu'aux premiers rangs de l'aristocratie anglaise ; qu'il ait été un légiste , sinon d'élite, au moins distingué ; un politique habile, un homme de parti à la fois souple et vigoureux; qu'il ait marqué sa place parmi les orateurs; en un mot, qu'il y ait eu en lui l'étoffe dont la renommée est faite , il serait difficile de le nier. Mais ce qui frappe quand on examine sa carrière, c'est qu'il n'est pas une grande chose dont on soit redevable à ses talents, pas une grande idée à laquelle on puisse associer son nom sans réserve, pas une cause qu'il ait servie avec une incontestable et invariable conviction.
C'est en 1817, pendant le ministère de lord Liverpool, dans un procès intenté pour menées démagogiques et meetings séditieux, au chirurgien Watson et à Thistlewood, que le fils de Gopley donne sa mesure comme avocat. Hais, pendant que Wetherell, chargé, conjointement avec lui, de la défense des accusés, met à les sauver toute l'ardente éloquence d'un homme qui s'oublie dans la poursuite de son but, lui, par un cabne réfléchi^ par une froideur raisonnée^ il trouve moyen de fixer sur sa personne l'attention bienveillante, reconnaissante presque, de lord Liverpool; si bien que, contre un autre fauteur d'insurrection, Jeremiah Brandreth, ce sont les services de l'avocat des Watson et des Thistlewood qui sont retenus par le ministre. Les confidences que Copley avait reçues de ses clients dans le premier procès lui servirent à faire condamner les accusés dans le second.