‹ Lettres sur l'Angleterre (volume 2)Chapitre 123 sur 186 · LE FRERE DE MISTRESS BEE€HER STOWE A EXETER-HALL · texte numérisé non relu

LE FRERE DE MISTRESS BEE€HER STOWE A EXETER-HALL

être étouffé. Bien qu'on n'admit que les billets payants, bQlets à un sbelling ou à une demi-couronne, la vaste salle regorgeait de monde, et il a fallu que la police intervint pour arrêter l'inondation. Des milliers de personnes ont été refoulées dans le Strand, et de là, dans les rues circonvoisines, où elles ont tenu, faute de mieux, un meeting en plein vent.

Entré des premiers, avec mon excellent ami Karl Blind, je subissais depuis une demi-heure environ l'ennui de l'attente, qu'aggravait une chaleur à peiue tolérable, lorsque enfiu l'aiguille a marqué sept heures. M. Beecher n'avait pas encore paru. Le cri : Time! iime! a retenti. En même temps, quelques partisans du Sud, très-clair-semés, faisaient circuler des placards où le président Lincoln était attaqué et où M. Beecher lui-même était représenté comme ayant dit, au sujet de l'affaire du Treni : c Plutôt que de céder aux prétentions des Anglais, la guerre ! » Sur ces placards, les mots déluge de sang^ attribués à M. Beecher, étaient imprimés en caractères gigantesques. Ces feuilles passaient de main en main. On y jetait les yeux, et l'on souriait de mépris.

Cependant l'orateur n'arrivait pas, et une impatience mêlée d'anxiété se manifestait par le cri de plus en plus accentué : Timel iime! J'ai appris depuis la cause du retard. La foule au dehors était si dense qu'il avait été impossible à M. Beecher de la percer. Des policemen ont dû le porter sur leurs épaules. Il entre enfin. Non, jamais je n'ai vu pareils transports d'enthousiasme. La salle entière était debout; le hurrah national retentissait comme un tonnerre ; les hommes agitaient leurs chapeaux, les femmes agitaient leurs mou* choirs. Et c'était bien, je le répète, la cause représentée en ce moment par M. Beecher qu'on applaudissait. La preuve.

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c'est qfie, dana le aotrs- de la sôûrée, ceUe démeoslratiûià s^esl renouvelée a^ec un sureroil de passion, lorsque le nom de M. Lincoln, est nioiijté du cœur de Torateur à ses lèvres.

Use. chose véritablenait éoMuvante, c'est ({ue.y duraiDt eetle soirée mémorable, la saUe n'a pas applaudi une seule fois sans que aea applaudissements aient été prolongés et grossis par ceux de la rue. Entre ceux du dedans et ceux du dehors, il y avait luie commnjûaa d'idées si intime^ si profonde , que les deroders acebmaieni, sans rentendre, toute parole que les premiers avaient acclamée, pour Tàvoir enteadua. Souvent aussi; le meôtittg.extérieuc, harangué par des orateurs improvisés^ poussait des* cris d'enthousiasme qui» arrivant xusi(pi'à nous, pi^oduisaient sur le meeting intérieur une impression dont rien ne peut rendre le caractère touchât et solennel. Les Âmes se parlaient et se répondaient à traders l'épaisseur des murs.

Ne ¥ttua exagérez point, toutefois^ la portée de ce récit. La réception faite à M. Beedier par la ville de Londres n'efface malfaettreusement pas le souvenir de celle qu'il a reçue a Glasgow et à Liverpool. Ici même^ le grand laeetîag que je décris et qui a été tenu sous les auspices de. la « société di émancipation » n*a mis,. après tout, en lumière que les sentiments des classes populaires et de eetfie portûm de la clanse moyenne e& qui l'élément intellectttdL domina Fétément uercantile. C'est à peine si , parmi ks nombi^ux pecsomioges qui figuraient sur la plate^orme> je pourrai» dter ua seul représentant bien oimnu,, soit du monde polirtiqae, soit du. monde fashionable,,soit dtt monde commer* eial. Le fauteuil, qu'on espérait voir occupé par VL Bci^t^ l'était par ua modeste magistral de la Cité^ le « eity ehamberlm »^ Des professeurs, des. clergiynen, des homme» d'étuàeet de scienise:, voilà oe (jpiî constituait oe que j* ajMP^

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