COMPLICATIONS D£ LA QUESTION DANOISE IM
du roi Waldemar », et dans lequel la non-încorporalion du Slesvig au Danemark aurait été formulée d'une manière solennelle, et pour les temps présents et pour les temps à venir; on a opposé aux droits résultant pour le Slesvig et le Holslein du pacte de 1460 les faits établis parle coup d'État de 1721 et la théorie de la prescription; on a cherché, la loupe du commentateur à la main, ce que les rois de Danemark avaient voulu dire ou ne pas dire, lorsque, à leur avènement, ils avaient promis de respecter les ^t privilèges » des duchés; les uns ont vivement affirmé et les autres non moins vivement nié la valeur des lettres patentes par lesquelles le roi Christian VIII s'efforça, en 1846, d'étendre aux duchés l'ordre do succession accepté en Danemark et qu'avait réglé la Lex Regia, Enfin, il n'est pas jusqu'aux mesures prises par le Danemark pour combattre le mouvement slesvig^holsteinois qui n'aient fourni matière aux récits les plus contradictoires, aux appréciations les plus inconcUiables. N'aurait-on pu s'épargner de grands frais d'érudition , économiser le temps , éviter beaucoup d'aigfes disputes en réduisant le débat aux deux points que voici : Lesi peuples s'appartienneot-ils, oui ou non? Les habitants du Slesvig et du Holstein veulent-ils, oui ou non, être Danois?
Aujourd'hui encore, cette solution ne serait-elle pas la plus courte, la plus .simple, la meilleure?
Malheureusement, la question se complique d'éléments européens dont il est difficile de la dégager, et dont le traité de 1832 ne l'a certes pas dégagée, bien que, dans cette circonstance, l'Angleterre, la France, la Russie, la Suède, le Danemark, la Prusse et l'Autriche aient agi selon la théorie des congrès, — ce qui prouve: bien que , sous les congrès, il peut y avoir une traînée de poudre !
j5t LETTRES SUR L*ANGLETEKRE {l863)
CCXtV
24 novembre.
L'intérêt anglais et l'intérêt allemand en oppasitlen.
Ce n*est pas tout à fait sans raison qu*un journal ani^laîs signale aujourd'hui l'énorme disproportion qui existe entre l'importance, soit numérique, soit territoriale, des duchés, et la formidable grandeur de la querelle qui semble au moment de s'engager à leur occasion.
Vous rappelez-vous l'histoire de Piron mangeant une omelette au lard un jour de jeûne? Il vint à tonner; et lui de s'écrier, l'impie qu'il était : « Quoi ! tant de tapage pour une omelette ! » Il est certain qu'à première vue il semble absurde que le tonnerre des canons de toute l'Europe gronde pour cette omelette, le Slesvîg, pays qui n'a pas plus de 500,000 habitants et ne contient pas plus de 167 milles carrés.
Par malheur, dans la question du Slesvig et dans celle duHolsteit), qui ne fait qu'un avec la première, ce qui préoccupe le moins l'Europe, c'est justement ce qui concerne d'une manière directe ces deux contrées. Oh ! s'il ne s'agis- .^ait que de leurs intérêts, de leurs droits, de leurs aspirations; si tout se bornait à savoir jusqu'à quel point le Danemark a raison d'imposer l'étude du danois à des enfants allemands, — ou ce que pèsent les conditions du pacte de 1460, stipulant l'union purement dynaslique des duchés avec le Danemark, leur autonomie, leur indivisibilité, — ou