LES RÉFORMES PROPOSÉES PAR M. BRIGIIT
breuse, de saluer le^ gens comme il faut, d'aller régulièrement à réglise le dimanche, d*éviter le cabaret, et de se laisser guider au ciel par les jeunes dames de l'endroit agissant de concert avec le pasteur... oh ! certes, rien de mieux. Hais cela suffit-il? Une vive description de la maladie ne saurait tenir lieu des moyens de guérison.
Or, que propose M. Bright?
En Angleterre, quand un homme meurt sans avoir fait de testament, la loi divise par portions égales entre tous ses enfants sa propriété mobilière : M. Bright demande que cette* disposition soit étendue à la propriété territoriale.
En Angleterre, il est loisible au testateur de laisser la terre qu'il possède non-seulement à une personne qui n*est pas encore née, mais à une personne qui peut ne venir au monde que vingt et un ans après la confection du testament : M. Bright demande que le droit de tester ne se puisse exercer qu'en faveur de personnes vivantes.
En Angleterre, l'homme qui vend une propriété territoriale et celui qui l'achète ont tant de chemin à faire pour remonter au titre originaire, et trouvent la transmission de ce genre de richesse gouvernée par des règles si obscures, si incertaines, si difficiles à débrouiller, que, selon le mot de notre orateur, un autre jugement de Salomon serait, en pareille occurrence, nécessaire : M. Bright demande qu'on en finisse avec les complications législatives qui s'opposent à la mobilisation de la terre.
En tout ceci, M. Bright prouve qu'il ne voit ni d'assez haut ni assez loin.
D'abord, il servirait de peu d'étendre à la propriété territoriale, dans un pays tel que l'Angleterre, la loi du partage égal entre les enfants, pour le cas d'un propriétaire mort intestat. Et la raison en est bien simple : le nombre de ceux
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qui ineorent ici sans laisser «de <iestam£»t est si petit, i)iie ce De serait vraiment pas la peine. En réalité^ le droit de fin* mogénitiire, en Anglelerre, repose sur Topinion piibli»|iie beaucoup plus qoe sur la loi. Tout propriétaire fimcier, es ce pays, brûle de se survivre dans im héritier; de perpétuer son bien dans sa famille en le conèentrant sur une êtule iéle^ et d*attacher ainsi à son nimi le prestige d'une foriune indivise. C'est ce désir, unÎTerselleiiiest répandu, trèsH-éflécbi et profondément enraciné dans les cœurs, que ia loi sanctionne, en maintenant, pour les cas — ârès-rapes — «i nul testament n'aurait été ^fiût, ce qui aorait^eu lieu s'il en avait été fait un. Abolir cette loi et la remplacer par le priocipe de l'égal partage, en cas de mort ab inMêat, ce ne se^ rait pas (oucber au but. Tout oe qui résulleraU de là probablement, c'est que pour «ocKtcaire son bériftage à l'actien du nouveau prificipe, tel se bâterait de tester^ .qni aujourd'hui s'un dispense, sadiant bira que oe qu'il néglige de faire, la loi le<fei*a à sa place.
Il^est vrai, que si \e droit de primogéniture est coedamnable, injuste, il y aurait quelque avantage h lui retirer, au moins, l'appui, l'encoucagement, ia sanction morale de ia loi. Mais l'Angleterre est un pays que gouvernent suuverainem^t l'usage, ia tradition reçue, ropiuion ; et l'avantage dont il «'agit y serait inappréciable, ta liberté ée tester -y restant absolue et l'esprit aristocratique intact.
Pour que le droit de primogéniture fût réelleneut supprimé, il faudrait que, comme en France, la loi alMt juMpi'à poser, en vue de l'égal partage, des limites à la liberté de tester; et cela, l'audace démocratique àe M. Brigbt ne va pas jusqu'à h proposer.
Quant à renfermer le droit de Bubstitutimi dans desiM)rBes plus étroites, et à fadliter la vente des propriétés foncières,
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Dul doute que Tua et r.amre pr^eéié ne rentrent 4ans la caàégo^ des moyens propres à parler ^tôsle k la teniire féOKfaiIe du sol. Jiaisvd'ime part, aucBB de ces procédés n'est décisif, et, d*nitre futl^ M. Srigfat n*a p» e^q^liqué, en ce <^i conLeiae le seooftd, par quel systène il enlendait Borkir fdes eomjplicaÉioDSfiii «èstrsent, en Angleterre^ le transfert des prepnélés lenritockto.
Quai iqu'il en sait^ um cboee est claise : c'est que M. Briglît envie les pays de petite cultmre. A-t-il raison? A4-iI lort? 9e pépendrai à la question, en revenant au point où jt Tai laissée dans ma dernière lettre.
ccxxxvn
lOnivrieriSei.
Co»8ldérmtions théoriques sur la («nare des terres.
La veille même du jour où devait avoir lien Fouverture du Parlement , ait p^vs fort des préoecupatrons évetHées par >la question danoise , alors que chacun se derûftndait avec anxiété si le premier ministre allait parler le langage de la pm ou céliri de la guerre, le Timeê s'étudiait à sauver la Chambre des Conomunes du reproche d'être ime Change de lanéSwri9j tant s'était prolongé d'échos en éAos le son tle ces paroles de M. Brigbt': Drwt ne paysan a la terre !
DRorr A LA TERRE ! C'cst aussi le cri de Hertzen dans une
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lettre qu'il vient d'adresser à Garibaldi. « Ce que le peuple veut, » est-il dit dans cette lettre, t et où il va, on Tignore. Veut-il reconquérir sa liberté, son indépendance; rétablir, comme la Pologne, son passé glorieux? Non. Le peuple russe n'a jamais possédé la liberté et n'a jamais perdu son indépendance ; il n'a rien à reconquérir, rien à évoquer de son passé brumeux ; ce que le passé lui a légué est entré dans son sang... La religion sociale du peuple russe, c'est
le DROIT A LA TERRE. »
Et après avoir établi qu'il serait aussi impossible de prendre la terre aux paysans russes que de prendre la mer aux lazzaroni, Hertzen rit de cette léle de Méduse que, sous le nom de droit a la terre, le Times a montrée à TAnglelerre pour l'épouvanter, et il s'étonne ironiquement du bruit qu'ont fait les timides coups de cognée que MM. Cobdeo et Bright ont, d'une main mal assurée^ portés à l'arbre féodal.
De fait, l'insuftisance manifeste des réformes demaûdées par M. Bright ôte beaucoup, il faut bien l'avouer, à la force de ses anathèmes. J'ai déjà indiqué, dans une lettre antérieure, ce que ces réformes, fussent-elles adoptées telles que M. Bright les présente, auraient de peu décisif : leur insignifiance frappe surtout quand on les rapproche de la nature du mal. Il importe donc, pour les juger, d'avoir sous les yeux un tableau exact de tout ce qui se rattache ici à la tenure des terres, et c'est ce tableau que je me propose de tracer.
Mais auparavant je crois utile de bien établir les principes qui, selon moi, régissent la matière.
Le domaine que l'homme, par le travail, doit conquérir et féconder, — ai-je déjà eu occasion de remarquer ailleurs, dans un livre consacré à l'examen du jeu dos diverses forces