‹ Lettres sur l'Angleterre (volume 2)Chapitre 169 sur 186 · TERRE · texte numérisé non relu

TERRE

En portant à 30,000 le nombre des propriétaires du sol en Angleterre, j'ai suivi l'évaluation que je crois la plus exacte, et c'est celle que donne aussi le Morning Star, journal de MM. Bright et Cobden. Toutefois, ce chiffre n'a rien d'officiel. La vérité est que, sur ce point important, la statistique ou se tait ou balbutie, les landlords ayant grand soin de faire de leur nombre un mystère. M. Mac Culloch ne le fixe pas à moins de 200,000, sans s'appuyer sur d'autre preuve que l'opinion du docteur Beeke (2). Mais il résulte de ses propres déclarations que, dans ce chiffre, il comprend les propriétaires dont la propriété est d'une valeur annuelle de quarante shillings (3). A ce compte, on conçoit qu'il

(1) Le Peuple, p. S18.

(2) A descrîptwe and slatîsticai accou/nt of the BrUish Empire, 1. 1«^, p. 451-

(3) Ibid.

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s'extasie sur le uombre des mortels heureux auxquels la Providence a ménagé, en Angleterre, les douceurs du senti ment de propriété. Pour peu qu'on range dans la classe des € laudlords » le pauvre diable qui a un petit jardin autour de sa maison, il «st clair qu'on peut aller jusqu'à 200,000 « landlords j» et même au delà ! Mais la statistique, présentée de la sorte, ressemble k une mauvaise plaisanterie.

M. Fiscbel tombe, je crois, daas ime exagération contraire lorsqu'il réduit à 17,047 le nombre de propriétaires fonciers i^anded proprietors) (1) en Angleterre et d^uis le pays de Galles. U appuie eette évaluation sur le receasement de 1851 ; mais il n'a pas pris garde que les données fournies par cette opération sont en général fort inexactes, attendu qu'il est beaucoup de personnes qui au titre de pro-- .priétaire joignant un autre titre, déclarent le second et passent le premier sous silence.

Tout pesé, le chiffre de M,000 me parait, je le répète, cekiî qui s'éloigne le ntoins de la vérité.

Ce qui est certain, c'est qu'en Angleterre la prc^iété du sol se trouve accumulée et tend de plus en plus à s'accuBuirler dans quelques mains. < Je coBuais, a dit M. Bright dans son discours devant les électeurs à Birmingham, je connais le cas d'un noble persomiage qui passe pour avoir un revenu annuel de 120,000 iiv. st. (3,000,^0 de fr.). Il dépense par an 40,000 Iiv. st. (1,000,000 de fr.}, et les -80,000 Iiv. st. (2,000,000 de fr.) qui lui restent, il les emploie à s'arrondir par l'acquisition de tout domaine qui est à vendre. » Les exemples de ce genre abondent. La partie orientale du comté de Sussex, lequel contient 800 milles

.(1) The EngUsh Constitution ^ by Dr Edward Fischel, p. 60.

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