OBSTACLES A LA MOBILISATION DU SOL
fut pas de même de celui que proposa en 1862 le lord chancelier actuel, lord Westbury.
Assimiler la possession de la terre à celle d'une rente sur l'État; faire que tout domaine puisse être vendu ou hypojthéqué , absolument comme si le propriétaire avait son nom inscrit sur les livres du gouverneur et de la compagnie de la Banque d'Angleterre; ouvrir carrière, eh un mot, à la liberté du vendeur, en levant tous les doutes possibles sur la valeur de son titre, sur la réalité de son droit, et en garantissant de la sorte la sécurité de l'acheteur, tel était le but de lord Westbury.
Pour l'atteindre, il proposa l'adoption d'un moyen bien simple : l'établissement d'un registre public où les titres de propriété seraient inscrits de manière à faire foi.
Le bill qui établissait ce registre fut voté en 1862; mais, au lieu de lui donner un caractère coercitif, ainsi que l'auraient voulu des esprits logiques et clairvoyants, on décida que chacun pourrait à son gré user ou n'user pas des avantages qu'il offrait. Là, — jusqu'à ce jour du moins, — a été recueil. Personne ou presque personne n'a profité des facilités si libéralement mises à la portée de tous. Le nombre des demandes d'enregistrement n'a pas dépassé 65, et le nombre des titres enregistrés s'est à peine élevé à 11. Il est arrivé, chose étrange, que les propriétaires, auxquels la loi donnait le moyen d'ajouter à leur liberté d'action, d'accroître leur pouvoir individuel, d'augmenter la valeur de leur bien en le rendant parfaitement disponible, et d'affermir leur droit en le faisant passer de la région des ténèbres à celle du grand jour, ont préféré rester comme emprisonnés dans un régime où tout n'est qu'entrave et obscurité.
Est-ce donc que le bill de 1862 est mort avant d'avoir vécu ? Et n'y a-t-îl plus qu'à l'enterrer? C'est l'avis de lord
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Chelnisford, par qui ToraisoB funèbre de ce malheuraa bîU â été prononcée dans la séasce de j«adi deraier. Mais paiir q«'un père commaBde les âiDéraîlks de sou enfant, il faut cpie )e cœur de celui-ci ait bien réetteneat cessé d^ battre, (pie ses paupières soient bien réellement fefmées. Lord Weslbnry, comme on devait s'y attendre, a donc dédaré (fu'il ne partageait pas Topinion de lord Cbeiinsford sur la gravité du cas, et il en a donné d'excellentes raisons.
Vous sQUvenez-vou& de cette faotastiqiie histoire arabe de Sindbad et du Vieux de la mer? Sindbad s était endonû. Survint un monstre marin, très-laid, très-lourd» qui, passant ses jambes autour du cou de l'imprudent dormeur, ne voulut plus le quitta. Sindbad éprouvait-il le besoin de s^asseoir, le monstre, lui, avait envie de marcber. Sindbad se semaitil frais et dispos, le monstre tombait en léthargie. Eh bien, les propriétaires de terres, en ce poys, ont leur monstre marin à porter, en^L aussi, et c'est le « soliciter », ThoBne de loi. N'est-ce pas Tbonme de loi qni rédige leurs contrats de mariage, lui qui a la main snr la clef de leurs coffres, lui i[m est leur inévitable conseiUer, lui qu ils siibissent comme le dépositaire obligé de tous leurs secrets? S'il chemine, il faut qu'ils cheminent; s'il s'arrête, il faut qu'ils s'arrêtent. Ik ferait beau vraiment approuver ce qu'il censure, accejpter «e qu'il repousse et les voir applaudir à des réformes qui ne sont pas selon son cœur!
Il était conséquemment impossible que le succès immédiat délai réforme de 1862 ne dépendît pas de l'appui qu'elle fencontierait chez les hotemes de loi; et qudle cluuice j avaitril que cet apptii fOt obtenu?
Si rbomme èe loi, id, était payé en peoportioo de son travail et de sa responsabilité, an Iteu de l'être en pFopM)rtiou de la longueur et de la mulliplicité dea actes qu'il a