UN BUDGET DE M. CLADSTONE
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«9 avril.
Ua badcet de M. GlAdstane.
Le 46 avril, le voile qui couvrait le budget a été déchiré devant la foule pressée des représentants du peuple anglais. Jamais triomphe parlementaire .plus complet n'avait été décerné à M. Gladstone. A peine avait-il fini de parler que la Chambre tout entière s'est levée, par un mouvement spontané d'approbation, j'allais dire d'admiration. Improviser sur d'arides questions de cliiffres une harangue qui dure trois heures et qui tient, pendant tout ce temps, l'auditoire comme suspendu aux lèvres de Torateur, est un tour de force dont ^ul M. Gladstone éiait capable.
S'il faut en croire la Fontaine,
On M peat cdirtenter tout le «onde H son père.
Et cependant M. Gladstone a réussi, cette fois, à contenter tout le monde. Il n'y a pas jusqu'à M. White, le moins accom- OKodafit des hommes en matière de réformes , qui n'ait proelaflié le dernier budget de M. Gladstone admirable.
M. Gladstone compte sur 7i ,490,000 liv. st. de recettes et évdue le chiffre des dépenses prévues à 67,749,000 liv. st. seulement. C'est donc un surplus de 3,741 ,000 liv. st. qui
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reste à sa disposition ; et voici de quelle manière il propose <f employer la plus grande partie de ce surplus.
Vous savez qu'au rang des impôts qui pèsent sur le peuple anglais figure Timpôt sur le revenu (income-tax). Cet impôt était de 9 pence par livre sterling, et quiconque n'avait qu'un revenu annuel de 100 liv. st. était dispensé de payer. Une semblable exemption était de toute justice, mais elle était resserrée dans des limites trop étroites. Il y a en Angleterre un nombre considérable d'hommes appartenant à diverses professions, gens de lettres, journalistes, artistes, employés, à qui un revenu annuel, même de âOO liv. st., suffit à peine pour vivre. Sur ceux-là Tincome-tax était un poids démesurément lourd, Qt c'est de ceux-là que le chancelier de l'Échiquier a voulu alléger le fardeau, en demandant que désormais le possesseur d'un revenu annuel, compris entre 100 et 200 liv. st., fût autorisé à déduire 60 liv. de la somme sur laquelle le fisc a prise, de telle sorte que l'homme qui, chaque année, gagne 200 liv. st., par exemple, n ait à payer l'income-tax que pour 140.
Cette réduction est fondée sur le principe que l'absolu nécessaire n'est point matière imposable, et l'on regarde 60 liv. st. comme représentant à peu près le nécessaire de la classe dont il s'agit. De plus, M. Gladstone propose d'abaisser d'une manière générale l'income-tax de 9 pence à 7 pence, ce qui sera certainement accueilli partout avec des cris de joie.
Une autre réduction qui vaudra sans nul doute au chancelier de l'Échiquier les bénédictions d'une foule de ménages, c'est celle de l'impôt sur le thé, impôt qui de 1 s. 5 p. la livre va, grâce à lui, descendre à 1 s. Les Anglais étant les plus grands buveurs de thé qui soient au monde, ce n'est