‹ Lettres sur l'Angleterre (volume 2)Chapitre 59 sur 186 · EFFET DE LA NOUVELLE DE LA MOBT DE STON. JACKSON · texte numérisé non relu

EFFET DE LA NOUVELLE DE LA MOBT DE STON. JACKSON

d'une armée. Peut-être le président JefiFerson Davis ne le jugeait-il pas en état de faire mouvoir de^ grandes masses d'hommes. Peut-être se défiait-il lui-même h cet égard de sa puissance. Qu'importe, dti reste? Sa force était dans le prestige de son nom, dans la confiance sans bornes et Tespèce d'affection filiale qu'il inspirait au soldat, dans l'élan qu il lui imprimait. Sous ses ordres, les troupes étaient capables, non-seulement de mieux se battre, mais de faire face à de plus dures privations et de supporter sans murmure de plus longues marches. D'autre part, sa piété, qui était fervente, donnai!, aux yeux des siens, une sorte de coDséeraiioQ religieuse à la cause injuste qu'il défendait. Humme de mœurs très-simples, fort uégligé daus sa personne, montant mal à cheval, et d'une figure qui était plutôt celle d'uB bon fermier que celle d'un héro&, son extérieur, loin de rien âter au pouvoir de ses qualités morales, le relevait, en lui Imprimant un caractère dorigioalité attachante. SouB certains rapports, c'était une uature jetée dans le moule de Cromwell. Eu lui, comme eu Cromwell, il y avait le rude partisan, le dévot, l'homme de guerre, le puritain. Comme Cromwell, il passait toute la nuit en prière, la veille d'une bataille; et cela ne servait pas peu à fortifier son influence sur des hommes qu'une éducation fausse, des habitudes d'esprit perverses ont conduit à marier au culte de la Bible l'intérêt qu'ils ont à maintenir L'esclavage.Car, chose étrange» la BiUe n'a pas de plus siucères adorateurs en Amérique que les propriétaires de chair humaine, et ils fout à Dieu l'outrage de mettre sous sa protection cette propriété impie. Pour toutes ces raisons le Sud a fait dans Stooewall Jackson une perte irrép'Sirable, et il est naturel que ceux qui en Angleterre soupirent après le triomphe du Sud ai<»t pris moralement le deuil.

aix

28 mai.

Débat sur l'aete d'nnironnité*

Pendant que la Chambre des Communes s'occupait de l'Ëglise protestante d'Irlande, lord Ebury, dans la Chambre des Lords, insistait sur la nécessité de donner enfin un peu de jour et d'air à la conscience du clergé.

Rudes sont aujourd'hui les épreuves auxquelles est soumise en Angleterre l'orthodoxie de quiconque aspire aux honneurs de l'ordination et k ceux du ministère sacré.

Il doit d*abord prêter le serment d'allégeance et de suprématie; puis déclarer que le livre de prières ne contient rien de contraire à la parole de Dieu; puis reconnaître que des trente-neuf articles qui constituent l'orthodoxie protestante, il n'en est pas un seul qui ne soit conforme à la parole de Dieu. Cela fait, il peut devenir maître es arts.

Pour devenir diacre, il faut qu'il répète serments et déclarations.

Prêtre, il ne saurait l'être qu'à la condition . d'avoir traversé semblable épreuve.

Et ceci même ne suffit pas dès qu'il s'agit pour lui , soîl d'obtenir un bénéfice, soit de passer d'un bénéfice à un autre; car, dans ces deux cas, il est tenu de déclarer en outre : 1® qu'il s'engage à se conformer à la liturgie de l'Église d'Angleterre; ^ qu'il donne un assentiment pur de toute

Page 1