‹ Lettres sur l'Angleterre (volume 2)Chapitre 99 sur 186 · TA%IS · texte numérisé non relu

TA%IS

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A. LACROIX, VERBOECKHOVEN & P, ÉDITEDRS e^ Bruxelles, à Leipzig S à Livoume

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LETTRES

CLXXXYI

U août.

Ce qa'on pense en Angleterre da Congrès des sonTermins allemands à Francfort.

Le congrès des souverains allemands, rassemblés à Francfort, n'a décidémei^t aucun succès en Angleterre. Et la raison, c'est que les résultats sont loin, très-loin, de répondre aux espérances qu'on avait conçues.

Lorsqu'on apprit ici pour la première fois que l'œuvre de l'unité allemande allait être enfin abordée d'une manière sérieuse, la joie fut grande. Le sentiment qui portait les Anglais à saluer de leurs vœux l'unité de l'Allemagne était exactement le même qui leur avait rendu si chère l'unité de l'Italie. La France contenue à l'est et au midi par de puis-

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sants voisins! il n'est cœur anglais que ne fasse battre une semblable perspective.

Ai-je besoin de dire pourquoi? Supposons qu'à Tépoque où la Révolution française eut sur les bras toute l'Europe, l'Italie d'un côté et l'Allemagne de l'autre eussent été ce qu'il est question de les faire, la France révolntioDnaire eûtelle, malgré les prodiges de sa sublime fureur, nàs la coalition en lambeaux et Pitt au désespoir?

Il est permis d'en douter, et les Anglais en doutent.

La puissance continentale de la France étant le sujet de leur éternelle inquiétude, tout ce qui peut lui servir de contre-poids dans les temps calmes, ou lui être obstacle dans les jours d'orage, les rassure et par conséquent les séduit.

D'ailleurs, ce n'est pas seulement le pouvoir de la France qui les alarme : bien plus encore que de son pouvoir, ils ont souci de son génie remuant, de son ambition militaire, de son culte pour la gloire des armes, de sa tendance et de son aptitude à se répandre. Autant que de ses défauts, ils ont peur de ses qualités.

De r Allemagne, au contraire, qu'ont-ils à craindre? Que leur importe l'immense surcroît de force que l'Allemagne tirerait de son unité ?

n est vrai que le génie allemand n'est pas aussi modeste dans ses prétentions que certaines gens rimaginent : l'Awtriche a pris la Hongrie, elle a voulu ou accepté sa part de la Pologne, elle tient Venise et la tient bien ; hier encore, ritalie frémissait sous son joug; de son côté, la Prusse, non contente d'avoir Posen, dispute le Schleswig au Danemark.

Mais tout cela n'a rien dont l'Angleterre ait à s'effrayer, rien dont elle s'effraye. L'Allemagne n'a pas, pour l'attein* dre, un étroit bras de mer à traverser ; l'Ailemape n'a pas de marine ; l'Allemagne n'est pas sur le chemin des An^s.

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