‹ Lettres sur l'Angleterre (volume 3)Chapitre 100 sur 169 · ACCUEIL FAIT EN ANGLETERRE A UNE IDEE DE MEDL\TION · texte numérisé non relu

ACCUEIL FAIT EN ANGLETERRE A UNE IDEE DE MEDL\TION

Ué, avee quelle rapidité dMnsiiuct, ils ont applaudi h un rojet dont tous les embarras et tous les périls seraient pour DUS, dont tous les avantages seraient pour eux !

11 y a certainement en Angleterre, et je suis heureux de >uvoir le dire, de nobles esprits et des âmes généreuses. ans ce camp, Tidée de la médiation n'a pas fait fortune^ irce que là on n*a nul désir que la France mette le feu au oqde, de manière à y périr consumée; parce que là on rmpathise avec la cause qui n*est pas déshonorée par Tesavage; parce que là on ne voudrait pas voir Tépée qui fiH rée pour Tindépendance de Tltalie se lever sur la grandt^. ipublique des États-Unis, au moment même où cette répu- [ique traverse sa plus terrible épreuve. Le langage du knly^News, celui du Morning-Slar^ ont quelque chose iii rafraîchit Tàme ; et je lisais, il n*y a pas longtemps icore, sur la querelle qui déchire le Nouveau-Monde, un licle où Ton voit bien que, de ce côté du détroit, il est 3 magnifiques penseurs qui ne séparent pas Fintérét de tur pays du culte de la justice. Cet article était de John tuart-Mill.

Mais en Angleterre, comme partout, hélas ! il y a ceux ui ne décident jamais les questions que dans le sens d'un ilérét étroit de nationalité; et ceux-là n'ont eu garde de limer un projet qui, dans leur espoir, pourrait bien nous >iiduire de la médiation oiferte à la médiation refusée; de i médiation refusée, à l'aigreur; de l'aigreur, à la menace ; ^ la menace, à la résistance; de la résistance, à la guerre.

Les États-Unis ont oiïert l'exemple d'une démocratie ^dant au loin ses lois et commandant le respect sur toute surface du globe. Les États-Unis ont étonné, ils ont in- ^îélé l'Angleterre par l'extraordinaire développement de Qf puissance, et d'une puissance rivale, puisqu'elle a eu

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rindustric et le commerce pour principes, b posses^on de la mer pour moyen et pour but. Une grande démocratie commerçante et maritime, c'était plus qu'il n'en fallait pour donner de cruels soucis à l'aristocratie anglaise. Comment donc cette aristocratie pourrait-elle ne pas voir avec plaisir tout ce qui peut amener à affaiblir, sinon à ruiner Tune par. l'autre les deux nations de la terre qu elle redoute le plus?

Oh ! s'il était raisonnable d'espérer le succès d'une mediation^ au point où en sont aujourd'hui les choses, l'approbation donnée à cette idée par t^mt d'organes de roptnion publique en ce pays pourrait être attribuée à un pur motif d'humanité et à des vues d'intérêt général. Comment ne pas souffrir, en effet, et ne pas gémir de la prolongation de guerre affreuse qui, des deux mondes entre lesquels se partage la famille humaine, ensanglante le nouveau et tend i affamer l'ancien ? Hais, dans cette hypothèse, n'est-il pas manifeste que l'Angleterre s'empresserait de joindre efforts à ceux de la France? Car enfin, s'il est un pays qui il soit impossible, sans un douloureux effort de résigna» • lion, de se croiser les bras et de laisser faire, c'est celni-c^s. . Qu'on demande plutôt aux affamés du Lancashire I Mais nor^ . Autant on veut que nous intervenions, autant on répugi^^ \\ intervenir soi-même. Il faut entendre ce qui se dit à cr*^ sujet! Ce serait bouffon, si ce n'était triste. Pourquoi \^s Anglais se poseraient-ils comme médiateurs? Ils le feraie*^^ de grand cœur, qu'on n'en doute pas, pour peu qu'ils eusses' la moindre chance d'être écoutés : cette chance existe-t-ell<? ? Qui donc ignore de quel sentiment on est animé à l'^arW de l'Angleterre à Washington et à New-York? De sa parf, toute offre de médiation serait tenue pour une insulte. Combien, au contraire, la France est bien placée pour inteiposer ses bons offices ! On ne la respecte pas seulement par-delà

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*A.tlaiitiqu6, on Taime. A elle donc le glorieux privilège de rendre la paix à TÂniérique et le coton a l'Europe !

Ainsi parle le Times; ainsi parlent les journaux à la nile; ainsi parlent les politiques de club et les politiques de

Pourquoi ? La raison en est simple. On affecte d*ignorer, dais on sait à merveille que Texpédition de Mexico n'est LUllement du goût des républicains du Nord; qu'elle a ïVeOlé parmi eux des alarmes où se mêle un vif ressentiment ; lue si jamais une médiation de la part de la France eut peu te chance d'être favorablement accueillie h Washington, c'est Précisément à cette heure où, mettant rudement de côté la Idctrine de Monroë, le gouvernement français étend la main ^ur le Mexique. Ce n'est donc point parce que la médiation rançaise promet de réussir qu'on la veut : c'est, au conmire, parce qu'elle menace de ne réussir pas.

El voyez la contradiction ! Les mêmes journaux qui van- ^ni d'avance les résultats h attendre de nos bons offices, ne tarissent pas, quand il s'agit de montrer comme quoi la sépa- "^ation est devenue inévitable, sur la violence, sur la profondeur, sur Tinexorabilité des haines déchaînées par la guerre ixiyile au delà des mers. Ils répètent sur tous les tons que ndncre le Sud est chose douteuse, mais que le subjuguer est dkose impossible, tant est désormais infranchissable Tabime oreusé entre le Sud et le Nord ! Ils font ressortir avec complaisance ce qu'il y a de significatif dans l'attitude indomptable du peuple de la Nouvelle-Orléans, et dans la brutalité même des moyens employés par les vainqueurs pour briser b résistance des vaincus. Ils insistent sur ce que le général Batler, ne pouvant empêcher les femmes, dans la ville conipise, d'insulter les soldats et de cracher en passant devant le c drapeau » , est descendu jusqu'à donner l'ordre que, dans

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ce o^s, « on les traitât comme des courtisanes. » Ils rappellent que le génénil Wool a menacé le peuple de Norfolk d'arrêter le commerce, si Tesprit de révolte ne lui laissait pas quelque répit, mesure qu'ils comparent à celle qui consisterait à faire périr d'inanition des prisonniers de guerre. Ils montrent le général Frémont réduit à annoncer, comme unique moyen de pacifier le Missouri, que, sur la surfaee d'un district aussi étendu que l'Angleterre, tout homme surpris avec des armes sera mis à mort. £t, de tout cela, ils se hâtent de conclure qu'il n'y a, entre les deux partis en lutte, aucune conciliation possible, et que celte guerre est une guerre au couteau.

En vérité, nous pousser à intervenir, quand on peint l'état des choses en Amérique sous de telles couleurs, c'est se moquer.

Toujours est-il que le gouvernement anglais, lui, n'est jusqu'à présent disposé en aucune sorte à sortir de son rôle de neutralité inactive.

Derniërçment, lord Russell, répondant a lord Camarvon, à^ la Chambre des Lords, ne s'est pas contenté d'annoncer, comme il aurait pu se borner à le faire, et commel'aurait fait à sa place lord Palmerston, que la rumeur en question était mal fondée : il a pris occasion de là pour con — damner bien haut l'idée d'une médiation dans les circons — tances actuelles; et cette idée, il la condamne, en honnête homme qu'il est, non pas au point de vue de TAngletei seulement, mais au point de vue de l'intérêt général. Lui, du moins, il ne trouve pas bon que la France essaye ce qu'il ne se soucie pas de voir essayer à l'Angleterre. Il serait biec à désirer qu'on pût dire en général des hommes politiques que le Times dit de lord Russell, lorsqu'il le reconnaî^^ oulspoken (homme an franc parler).

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