‹ Lettres sur l'AngleterreChapitre 13 sur 95 · AGITATION · texte numérisé non relu

AGITATION

Néanmoins il s'était produit, même au plus fort de l'émotion publique, quelques symptômes inquiétants. Tout en qualifiant de « barbare » la mesure qui avait mis aux Polonais les armes à la main; tout en flétrissant la convention conclue entre la Russie et la Prusse; tout en invoquant la foi due aux traités, lord Palmerston avait dit : « Les engagements de 18 lo donnent à l'Angleterre le droit d'intervenir T. HT. ^

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sans lui en imposer \ obligation^ » paroles d'une habileté suspecte, au moyen desquelles il demandait à l'Angleterre de se réserve't' la faculté d'agir comme elle l'entendrait, dans le sens de ses intérêts et en dehors de toute idée de devoir.

D'autre part, la Chambre des Communes n'avait donné à la motion de M. Hennessy aucune conclusion pratique, s'en remettant à la sagesse du gouvernement du soin de rendre effectives les synjpathies hautement manifestées de l'Angleterre pour la Pologne.

Or, il faufr bien le reconnaître, les précédents de lord Pal- / mçrston-, dans le maniement de la question polonaise, \ n'étaient pas de nature à rassurer les vrais amis de la Pologne, dans le cas où la solution du problème serait abandonnée au vétéran diplomate.

Le premier ministre actuel de l'Angleterre est-il lié à la Russie par un pacte secret? C'est ce que son implacable adversaire, M. Urquhart, n'a cessé de prétendre, mais ce que ne croient pas les hommes en qui la subtilité de l'esprit n'a pas, comme chez M. Urquhart, obscurci les inspirations du "^on sens. Pour moi, je tiens que soupçonner lord Palmerston d'être vendu à la Russie est tout simplement une énorme absurdité. Mais ce qui est certain,- c'est que, s'il est un personnage politique en Europe dont l'action ait été funeste à la Pologne, dans le passé, c'est lord Palmerston. Ce fut lui, en effet, lui seul, qui, en 1831, quand la Pologne aux abois criait au secours, refusa de concourir avec l'Autriche et la France à l'œuvre sainte de la délivrance, arrêta l'élan du cabinet de Vienne, fournit un prétexte d'inaction à la politique timorée de Louis-Philippe, et livra ainsi la Pologne au couteau.

Ce sont. là des faits, ou trop peu connus, ou trop oubliés.

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