CE QUE L ANGLETERRE CRAINT ET CE QUELLE DESIRE
urged)^ Si ajouté lord Palmerston , sur la cessation des hostilités. »
Voilà donc le voile tout à fait déchiré. Nous savons, à n'en plus douter, ce que signifie l'intervention de la diplomatie dans cette affaire. Les objections^ que le programme dont il s'agit soulève, M. Disraeli les a résumées avec bonheur lorsqu'il a dit : « A ce problème il n'y a que deux solutions possibles, l'unité de l'empire russe ou l'indépendance de la Pologne. »
On a beau, en effet, s'ingénier à découvrir des palliatifs, à inventer des combinaisons, il faudra toujours en venir, oji à prendre décidément fait et cause pour la Russie, ou à prendre décidément fait et cause pour la Pologne. Tout moyen terme est évidemment hors de saison.
Et, par exemple, comment concevoir qu'on ait songé à donner pour base aux relations futures de la Russie et de la Pologne les traités de Vienne? Outre que ces traités sont justement odieux aux Polonais, dont ils n'ont fait que légaliser l'asservissement et sanctionner l'oppression, est-il compréhensible qu'en présence des résultats qu'ils ont produits, on croie encore à leur efficacité? Pour empêcher les effets de se reproduire, revenir à la cause! Pour trouver le remède, s'adresser à la maladie ! Mais l'expérience ne sert donc plus de rien? Mais la logique n'est donc plus de mise ici-bas ? Mais le monde est donc atteint de folie ?
Au lieu de chercher à rendre aux Polonais, qui ne la demandent pas et n'en veulent pas, une constitution semblable à celle qui leur fut octroyée par Alexandre P', en exécution du traité de Vienne, que n'a-t-on pris la peine de réfléchir un moment sur ce qui a empêché cette constitution de vivre, ou plutôt l'a empêchée de naître viable? Il est une force contre laquelle tous les diplomates de la terre réunis ne
peuvent rien, c'est la nature des choses; et si la constitution d'Alexandre l^^' a péri, c'est tout simplement parce qu'elle avait la nature des choses contre elle. Le même homme ne saurait être à la fois un despote et un roi constitutionnel ; il ne saurait gouverner une partie de ses sujets suivant un certain ordre d'idées et une autre partie de ses sujets suivant un ordre d'idées radicalement contraire. N'avoir pour changer de fonction qu'à changer d'habit, c'est bon pour les cuisiniers de comédie; mais l'histoire prouve qu'il ne faut pas demander aux dieux mortels l'aptitude universelle de maître Jacques. L'idée d'assujettir un peuple libre à un peuple esclave, avec l'espoir que le premier n'emploiera jamais sa liberté à reconquérir son indépendance, et que le second ne sera jamais tenté par l'exemple de devenir libre, est, tranchons le mot, une idée bouffonne. D'où vient, puisqu'on tient à faire revivre, en ce qui concerne le Pologne, les stipulations du traité de Vienne, qu'on ne propose pas, en même temps que le rétablissement d'une administration polonaise, celui d'une armée polonaise? J'entends : Si l'on mettait une épée dans la main de la Pologne , elle s'en servirait aussitôt pour couper le lien odieux qui l'unit à la Russie. Eh! sans doute; mais quelle preuve plus décisive pourrait-on donner de l'impossibilité absolue de ce qu'on propose? Il n'est pas une liberté constitutionnelle, parmi celles qu'on voudrait voir accorder par la Russie et accepter parla Pologne, non, pas une seule qu'il ne fût du droit et du devoir des Polonais de convertir , s'ils le pouvaient , en instrument d'indépendance.
Ce droit, ils ont assez montré qu'ils le comprenaient; ce devoir, ils ont assez montré qu'ils étaient hommes à le remplir.
Mais à quoi bon raisonner à perte de vue sur le peu de