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CE QUE L ANGLETERRE CRAINT ET CE QU ELLE DESIRE 2G

comme un moyen de sauver les coupables, et de toutes parts retentissent des murmures. Ceux qui veulent que justice soit faite n'espèrent rien que d'un procès jugé en Angleterre.

23 juin.

Ce que l'Angleterre craint et ce qu'elle désire en ce qui concerne la Pologne.

La dernière séance de la Chambre des Communes a présenté des résultats singuliers et inattendus.

C'était hier que devait être discutée une motion de M. Hennessy, concluant à ce que la reine fût priée d'intervenir de manière à obtenir enfin justice pour la Pologne. Le jour avait été fixé, il était attendu avec impatience. M. Hennessy avait, à cet égard, la parole du premier ministre. Et en effet, fidèle à ses engagements envers Thonorable et persévérant défenseur de la cause polonaise, lord Palmerston a demandé, dès l'ouverture de la séance , que la question fût, sans plus tarder, mise sur le tapis.

Mais quoi ! était-il prudent d'aborder un sujet aussi grave avant de connaître la réponse de la Russie aux propositions des trois puissances? Pourquoi tant se hâter? Pourquoi discuter au hasard, dans les ténèbres, lorsqu'on se pressant un

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peu moins, l'on pouvait se ménager l'avantage de discuter avec connaissance de cause et en pleine lumière ?

Ainsi ont parlé M. Beaumont, M. Kinglake, lord Enfield; et la Chambre des Communes, consultée, a décidé à la majorité de 165 voix contre ilO,^que le débat serait ajourné, c'est-à-dire que les engagements de lord Palmerston seraient considérés comme non avenus.

C'était indirectement accuser d'étourderie un homme rompu aux habitudes de la prudence et de la prudence officielle .

M. Horsraan a protesté contre ce vote, dans le langage acidulé qui lui est propre. Mais la décision était prise : il n'y avait pas à y revenir.

Ce qui est étrange, c'est qu'un incident qui semblait devoir écarter, au moins pour ce soir-là, tout ce qui a rapport à la question polonaise, a précisément donné lieu à un exposé officiel du contenu des trois notes diplomatiques adressées à la Russie. Sans y être obligé, sans y être provoqué et même sans que personne s'y attendît, lord Palmerston, si réservé d'ordinaire, a informé la Chambre que les recommandations {recommendations) soumises à l'appréciation de la Russie par l'Angleterre, agissant en ceci de concert avec la France et l'Autriche, comprenaient six clauses, savoir : amnistie générale et complète; — représentation nationale, basée sur le principe adopté par Alexandre P'' en 1815, conformément aux stipulations du traité de Vienne ; — administration exclusivement composée de fonctionnaires publics polonais; — entière liberté de conscience*, — emploi de la langue polonaise dans toutes les occasions publiques et dans tout ce qui touche à l'éducation du peuplje ; — système régulier de recrutement. « Nous avons fortement insisté (strongly

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