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CLXXVIII

25 juillfit La diplomatie anglaise dans l'embarras.

La question polonaise et la question américaine se partagent ici les préoccupations publiques, sans qu'il soit aisé de dire laquelle des deux agite le plus les esprits.

Hier les deux Chambres du Parlement ont reçu communication d'une dépêche dans laquelle l'ambassadeur d'Angleterre, lord Napier, rend compte à lord Russell d'une entrevue qui jette un jour assez inquiétant sur les intentions et les sentiments du ezar.

Le 1 8 juillet, selon cette dépêche, lord Napier se rendit à Tsarskoé-Sélo, en compagnie de l'aml^assadeur de France, dans îe but de demander au viœ-chancelier russe des explications de nature à adoucir Timpression fâcheuse qu'à leur avis la réponse de la Russie aux notes des trois. puissances intervenantes ne pouvait manquer de produire.

Lord Napier ne cacha point au prince Gortschakoff :

Que cette réponse risquait d'être considérée en Angleterre comme un moyen de gagner du temps et de détacher l'Autriche de r Angleterre ;

Que la proposition d'écarter deux grands pouvoirs co-mme l'Angleterre et la France de la discussion d'une question à laquelle l'une et llautre prenaient un si vif ÏEtérêt serait probablement tenue pour offensante, loin de paraître conçue dans un esprit de conciliation ;

Qu'un projet tendant à abandonner d'une manière exclusive le sort de la Pologne aux mains des puissances par qui elle avait été mise en lambeaux et autrefois opprimée n'était pas propre à inspirer de la confiance ;

En un mot, que, dans son humble opinion à lui, lord Napier, aucune réponse n'aurait pu être imaginée qui contînt moins d'éléments d'une solution amicale et pacifique.

LoM Napier posa ensuite au vice-chancelier les deux questions suivantes :

!• Quelle forme et quelle base la Russie entendait-elle donner aux discussions qu'elle proposait entre elle, la Prusse et l'Autriche?

2° Entendait-elle exclure la France et l'Angleterre, même de toute participation à la ratification des engagements que pourraient prendre les trois puissances?

En réponse à la première question, le vice-chancelier expliqua que les plénipotentiaires d'Autriche et de Prusse seraient reçus par lui à Saint-Pétersbourg, et que les résultats de la conférence pourraient être, comme dans les traités de Vienne, consignés soit sous forme de protocole, soit sous forme de traité, soit sous toute autre forme jugée désirable, et que le point de départ de la discussion serait les six points, lesquels ne contenaient rien de contraire aux vues de l'empereur, sans préjudice de tels autres qu'il croirait de son devoir de soumettre à l'examen.

En réponse à la seconde question, le prince Gortschakoff dit que les résolutions embrassées dans la conférence des trois puissances voisines plus directement intéressées dans les affaires de Pologne, seraient officiellement communiquées aux gouvernements de France et d'Angleterre, qui seraient ainsi capables d'apprécier la conformité de ces résolutions

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