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UN AVERTISSEMENT DONNE AUX ANGLAIS

Rhin bon à prendre, il le prit, et nous nous appelons l'Empire. »

Il serait difficile de mettre d'une façon plus adroite sous les yeux de l'Angleterre les inconvénients immenses que pourrait avoir pour elle l'isolement armé de la France ; il serait difficile de lui suggérer un plus puissant motif d'entrer, l'épée au poing, si c'est nécessaire, dans l'action commune. Est-ce là le but de la brochure? Je le répète, telle est l'opinion de gens très-au fait de la stratégie politique.

Ce qui est sûr, c'est que le danger de laisser la France agir seule, en cas de guerre, paraît avoir vivement frappé d'importants organes de la presse anglaise. Ce danger, le Morning Post le signalait hier, dans un article où il reprochait au Times de s'endormir avec une tranquillité béate dans la politique de l'abstention quand même. Et cet article est d'autant plus à noter, que le Morning Post est le journal de lord Palmerston.

Au reste, ce n'est pas d'aujourd'hui qu'on soupçonne le chef du cabinet d'avoir, sur la question polonaise, des idées différentes de celles que lord Russell représente et a exprimées. Pas plus que le second, je crois, le premier ne voudrait d'une guerre avec la Russie; mais si Napoléon, tirant l'épée, en jetait au loin le fourreau, lord Palmerston ne serait peut-être pas aussi disposé que lord Russell à regarder faire, et préférerait à une abstention qui laisserait le champ ' libre à l'ambition impériale, une alliance armée qui donnerait du moins à l'Angleterre le droit de contrôler et de contenir.

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