‹ Lettres sur l'AngleterreChapitre 88 sur 95 · UX AVERTISSEMENT DOXXE AUX ANGLAIS · texte numérisé non relu

UX AVERTISSEMENT DOXXE AUX ANGLAIS

7 août. ■ Un aYertlssement donné aux Anglais.

J'ai entendu ici maint personnage politique exprimer l'opinion que le pamphlet publié par M. Dentu sous ce titre : r Empereur^ la Pologne et V Europe^ a été écrit à l'adresse de l'Angleterre, si tant est que ce pamphlet soit, comme on Ta dit, de M. Mocquard.

Il est bien vrai que la suscription de la lettre porte Saint- Pétersbourg et Berlin. Mais c'est au contenu qu'il faut regarder.

En supposant, — et c'est probable , — que Napoléon ne se soucie pas de s'engager seul dans une guerre contre la Russie et tienne à traîner l'Angleterre à sa suite, quelle marche aurait-il à tenir pour amener l'Angleterre à ses desseins ? 11 aurait à l'inquiéter de son mieux sur les conséquences de l'isolement armé de la France. Eh bien ! c'est précisément ce que semble avoir em en vue l'auteur de la brochure en question.

Non pas que l'hypothèse de l'isolement armé de la France y soit le sujet mis en lumière. Non; le but poursuivi serait, dans ce cas, trop manifeste ; et la menace risquerait de manquer son effet, si elle était directe.

Aussi parle-t-on d'une flotte anglo-franco-suédoise qui pourrait bien un beau jour paraître dans la Baltique, et d'une flotte anglo-franco-italienne qui pourrait bien un beau jour

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paraître dans la mer Noire : toutes choses qui se rapportent h ridée d*une action commune. Mais attendez ! Pourquoi le roi de Prusse est-il, dans la brochure dont il s'agit, pris si vivement à partie? Pourquoi lui recommande-t-on de ne pas oublier les leçons de l'histoire, et de ne pas courir, à travers une seconde bataille d'Iéna, au-devant d'une seconde bataille de Friedland? Pourquoi évoque-t-on le souveuir des malheurs terribles que la Prusse s'attira en changeant à son égard la bienveillance de Napoléon P"" en colère? Pourquoi ajoute -t-on que la France, une fois son épée hors du fourreau, se croira dans l'obligation de délivrer la Li- Ihuanie comme elle a délivré la Lombardie ? On sait parfaitement aux Tuileries que la grande peur des Anglais est de voir la Prusse mêlée à toute celte affaire, parce que la Prusse appuyant les Russes en armes, c'est l'aigle impérial déployant ses ailes sur le Rhin. On sait aussi fort bien aux Tuileries que la régénération de V ancienne Pologne n'e^t pas du tout ce qui tente l'Angleterre, pour qui les traités de 1815, fidèlement observés, sont la limite extrême de l'intervention. Ainsi donc, rappeler des victoires, des conquêtes, des vengeances, dont on n'ignore pas que l'image fait frémir les Anglais, n'est-ce pas leur dire : « Si, la guerre éclatant, vous refusez de vous joindre à nous, soit. Mais alors attendez-vous à ee que nous fassions la guerre non pas selon vos visées, mais selon les nôtres; non pas comme vous l'entendez, mais comme nous l'entendons. Nous n'avons nul souci, nous, des traités de 1815, que nous abhorrons, au contraire, et que nous avons commencé à déchirer à coups de baïonnette. €e qu'il nous faut, c'est la Pologne reconstituée sans éprdàees traités, et de telle manière qu'il y ait une autre France sur les bords de la Vistule. La Prusse y contredira, nous l'espérons bien. Napoléon r*" trouva le

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