LE RÈGLEMENT
D'une part vous recommandez de tenir le règlement
pour sacré, d'autre part vous émettez quelquefois des opinions qui ne s'accordent pas avec les dispositions de ce règlement : il y a là une contradiction, me dites-vous. Je ne le crois pas, cher ami. On peut, en effet, appliquer avec la plus grande exactitude certaines dispositions du règlement et pourtant être intimement convaincu qu'il serait à désirer qu'on les modifiât. C'est au moins ce que je faisais tant que je commandais un régiment. Je tenais la main le plus sévèrement du monde à ce que le règlement fût observé point pour point, quoique nous eussions à cette époque-là un règlement fort démodé. Aussi me donnai-je, d'autre part, toute la peine possible pour qu'on le modifiât, en usant, bien entendu, de moyens licites, jusqu'à ce qu'enfin on instituât une commission pour étudier un projet de règlement, commission dont j'eus la présidence au début. Après la guerre de 1870 j'aurais, grâce à l'expérience acquise, proposé de simplifier les choses davantage encore afin que la troupe pût disposer de tout le temps possible pour s'exercer et acquérir plus de précision encore dans l'exécution des éléments et des évolutions simplifiés de la sorte.
Pour le règlement le plus récent, celui du 23 août 1877, on a amplement mis à profit l'expérience acquise au cours de la guerre de 1870, cela est incontestable ; il est parfait, pris dans l'ensemble. Mais on y a introduit un nombre assez considérable d'évolutions et de. formations artificielles, et, du moment qu'elles se trouvent dans le règlement, on est bien forcé de les faire apprendre aux troupes. Cela constitue une dépense de temps assez forte. Cependant
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elles ne pourront jamais être exécutées à la guerre. Cela présente un grand inconvénient, car officiers et soldats s'imagineront qu'on pourra les employer eu campagne; certains même, qui n'ont pas encore fait la guerre, voudront peut-être bien, dès le premier engagement, tenter de les appliquer, et, de la sorte, ils perdront du monde.
A la vérité, il faut bien qu'un règlement contienne beaucoup de choses qui ne se voient pas h la guerre , par exemple toute la première partie, qui traite de l'instruction k pied, bien des évolutions de la troisième partie, comme c l'école des pièces attelées ». Aussi serais-je tenté de demander pour l'artillerie ce que le colonel de Rosenberg, dans ses Zusammengewûrfelte Gedanken, demande pour la cavalerie, à savoir que le règlement indique les évolutions qu'on devra uniquement faire en temps de paix et celles qu'on fera à la guerre.
Mais te nouveau règlement contient en outre des évolutions que je juge inutiles pour l'artillerie même en temps de paix, qui, par conséquent, absorbent inutilemeut une partie du temps accordé à l'instruction ; car, du moment qu'elles se trouvent dans le règlement, il faut bien les faire apprendre aux troupes. Par contre, on a passé sous silence des formations qui, à la guerre, sont pratiques et commodes au point que je serais tenté de leur donner le nom de formaliods indispensables.
Avant d'entrer dans les détails, je voudrais citer derechef la lettre du colonel de Dresky. Il écrit ce qui suit à propos de la bataille de Vionville et du moment où il entra en scène pour la première fois :
« Permettez que je vous entretienne d'une expérience qu'il m*a été donné de faire à cette occasion.
» Le règlement de 1877 concernant les manœuvres de l'artillerie de campagne (quatrième partie, paragraphe 493, mouvement en avant et entrée dans la position) recommande d'employer pour les mouvements de flanc la colonne serrée par sections. Or VAbtheilung à. cheval, en exécutant
le mouvement par le flanc que je vous décrivis plus haut, était formée « par pièce en colonne ». On n'avait pas adopté cette dernière formation après mûre réflexion, comme répondant le mieux au but qu'on poursuivait, on Favait simplement choisie parce que, dans la plupart des situations, à la guerre, elle est la plus simple et la plus naturelle. Mais si VAbtheilung avait été formée en colonne par sections elle eût été contrainte, une fois arrivée au pont qu'on ne pouvait faire franchir qu'à une pièce à la fois, de s'arrêter afin d'exécuter le commandement : « Par pièce, « rompez la batterie, » et, sans nul doute, elle eût eu à subir des pertes très sensibles, car le feu ennemi était violent. « L'èx:f)érience acquise sur ce point fit que je me décidai à ftiirè toujours exécuter dans les combats qui suivirent, les mouvements par le flanc dans un terrain commandé par Je feu ennemi avec mes batteries formées « par pièce en colotine. » Grâce à cette formation, je ne subis point de pertes. Quand on est obligé de présenter leflanc àTennemi, pe^u importé que votre colonne soit longue, car les projectiles de l'ennemi ne passent pas à droite ou à gauche de vos pièces, ils tombent en avant ou en arrière de celles-ci. Ce q;uî importe, c'^èst que la colonne ne soit pas profonde; or, deux pièces marchant l'une à côté de l'autre (à distance entière ou non) présentent un but d'une plus grande profondeur qu'une seule. A Beaune-la-Rolandé il m'a fallu faire une marche de flanc d'environ 1500 pas en face de deul batteries ennemies, et je n'ai pas essuyé de pertes. La plupart des obus ennemis touchaient terre droit devant nous, quelques uns derrière nous, aucun ne nous atteignit directement, et le sol était trop mou pour que les éclats pus^sent nous atteindre.
• « A Chilleurs-aux-Bois, le 3 décembre 1870, il me fallut également, pour atteindre la position que j'avais choisie, faire une marche de flanc d'environ 1900 mètres. J'avais atec moi toute l'artillerie de corps, et nous ne pouvions avancer qu'au pas, vu que le sol était marécageux et très
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mou, quoique un peu gelé. Je recevais le feu de trois batteries françaises, mais, grâce à ce sol si mou et à la formation « par pièce en colonne », je ne subis pas de pertes.
« Le H décembre 1870, près du Mans, VAbtheilung à cheval reçut l'ordre de canonner des troupes françaises qu'on avait aperçues sur la hauteur de Champagne. Le général de Bulow et moi nous précédâmes VAbtheilung afin de choisir la position où nous l'établirions. Mais le terrain était couvert de nombreuses haies très touffues, et nous ne parvînmes pas à trouver une position quelque peu passable. Nousrenonçàmesàemployeri'artillerie. UAbtheilung dut entrer dans un petit champ entouré de levées de terre pour y faire demi-tour, vu que le chemin, bordé également de haies vives entrelacées, se trouvait être trop étroit. En revenant sur nos pas, les projectiles ennemis nous prirent en flanc; îl était impossible de voir l'endroit où étaient postées les batteries ennemies. Les obus touchaient terre droit devant et derrière Y Abtheilung ; aucun ne nous atteignît, vu que notre formation >< par pièce en colonne » ne présentait pas assez de profondeur. »
J'ajouterai, en me reportant aux campagnes de 1866 et de 1870, que moi-même je n'ai jamais fait prendre à toutes mes batteries réunies d'autre formation que celle ci-dessus et le front déployé. J'excepterai le début de la bataille de Kôniggrâtz, dont je vous ai déjà entretenu, et celle de mes évolutions, à Sedan, par laquelle la deuxième Abtheilung à pied occupa la dernière position. Elle amena l'avanttrain pour avancer, fit une conversion à gauche par sections serrées, et ainsi formée elle franchit le défilé dans les bois pour se poster à l'aile gauche de la première Abtheilung, qui avait déjà ouvert le feu. A la vérité, c'est moi-même qui ai donné l'ordre de former la colonne par sections; je n'en pense pas moins qu'il eût mieux valu former les batteries » par pièce en colonne ». UAbtheilung ne subit pas de pertes ; elle eût été plus sûre encore de n'en point subir ai je lui avais fait prendre cette dernière formation.
De là il ressort, — pardonnez-moi si je répète ce que j'ai pu dire dans mes lettres précédentes, — de là il ressort, disje, que la formation « par pièce en colonne » et « le front de batterie » sont ce que seul le règlement devrait prescrire comme praticable à la guerre pour les manœuvres d'une batterie de campagne.
.Quand nous étions formés « par pièce en colonne », nous, adoptions soit la formation de la marche accélérée, soit celle en échelons. La première on l'employait toujours comme formation de marche, parce qu'on ne pouvait jamais savoir quand il faudrait avoir recours à la marche forcée, et que, dès lors, les servants se trouvaient de suite auprès des pièces sur lesquelles ils devaient monter. Aussi le caisson de chaque pièce était-il en permanence considéré avec celle-ci comme formant une escouade ; la batterie en comprenait huit; les septième et huitième, réunies sous le commandement du sergent d'équipement, comprenaient les deux fourgons des subsistances, la forge de campagne, le fourgon aux bagages et les chevaux de renfort. La batterie ne formait les échelons que peu avant de pénétrer sur le théâtre de la lutte.
Quand la batterie s'avançait de front pour engager le combat, elle était suivie immédiatement des voitures de munitions du premier échelon, comme je vous l'ai déjà dit. Celles du deuxième échelon, appartenant à toute V Abtheilung , étaient réunies sous le commandement d'un officier et restaient en arrière. Quand la batterie, en dehors de la sphère même de la lutte, était postée ou marchait de front, chaque pièce était suivie de son caisson ; les voitures placées sous les ordres du sous-officier d'équipement formaient une troisième ligne et se tenaient derrière les caissons un, deux, trois, quatre, cinq; derrière le sixième se trouvaient les chevaux de renfort.
C'était là également la formation de rassemblement; elle avait l'avantage d'être très pratique, car, de la sorte, le capitaine pouvait le mieux dominer tout l'ensemble de sa
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batterie occupant un front de 100 pas et profonde de trois voitures, c'est-à-dire d'un peu moios de 100 pas. Pour la formation sur la place d'alarme, on préférait la distance entière, parce qu'on pouvait ainsi mieux circuler entre les pièces. Cependant il arrivait quelquefois qu'on ne disposait pas de la place suffisante, et, dès lors, il fallait bien rester , en place en serrant les intervalles. Cette dernière formation pourrait donc également être employée à la guerre par la batterie déployée.
Toutes les autres formations de manœuvres, toutes les évolutions qui ne provieiHLent pas de la nécessité où l'on est de passer d'une des formatiiHis ci-dessus indiquées à une autre, devraient, selon moi, être rangées parmi celles qui ne peuvent être employées qu'en temps de paix. Je désirerais qu'on recommandât en outre de faire pratiquer tout spécialement, et de préférence i tout autre exercice, les longues courses au trot par pièce en colonne et de front; pour l'artillerie à cheval, cette dernière form&tion devra être également pratiquée au galop.
Dans ces mouvements très longs et rapides, il est essentiel que le calme soit maintenu , qu'on entretienne les chevaux, qu'on ne les énerve pas- par des arrêts brusque^, qu'on ne les harasse pas par des départs précipités sans cesse renouvelés. Il est très difficile d'obtenir cela, car, spécialement aux tournants de routes, la distance semble ne plus pouvoir être observée ; les pièces alors tournent en rebondissant, et toutes les observations que pourrait faire l'officier h ses hommes sont faites en vain, car ceux-ci ne peuvent l'entendre à cause du bruit infernal des pièces et des caissons,.
A la guerre il arrive souvent; comme je vous le disais, qu'il faut trotter pendant plusieurs milles allemands dans la formation « par pièce en colonne ». Donc, il faudra exercer, en temps de paix, les batteries à trotter pendant un mille au moins sans que les chevaux en soient essoufflés. 11 faudrait, déplus, pratiquer lesmarches forcées d'au moins
cinquante kilomètres dans la journée, aiiu que tous les hommes apprennent à exécuter la chose sans que les chevaux en aient à souffrir. A cette condition-là on sera capable, à la guerre, de parcourir 100 kilomètres lorsqu'on vous dira : « Arrivez coûte que coûte. » Et il importe bien plus que Tartillerie soit capable de faire cela que d'exécuter révolution la plus élégante sur le polygone.
Je répète qu'à mon sens l'artillerie, toutes les fois que la chose sera faisable, devra combattre étant formée en Abtheilungy afin d'être toujours employée en grandes masses. Je n'en pense pas moins que des manœuvres d'Abihei-lung seront à la guerre rarement possibles, et qu'elles ne seront jamais nécessaires. J'ai eu précédemment déjà l'occasion de vous raconter qu'à Kôniggrâtz la deuxième Abtheilung à pied avait la tendance, lorsqu'elle entra en scène, d'exécuter des manœuvres d'ensemble ; par suite, tous ses caissons furent dans l'impossibilité de la suivre, si bien que nous eûmes à souffrir d'un manque de munitions très sensible au moment le plus décisif de la bataille. Dans la plupart des cas, la situation elle-même interdit ces manœuvres. Quatre batteries pourront fort bien combattre en étant réunies sans être à même de gagner la position conformément aux prescriptions du règlement sur les évolutions. Trèi^ souvent elles se verront séparées les unes des autres par des ravins, des fermes, etc. Si la direction du vent est telle qu'il leur faut se former en échelons, elles ne pourront, par cela même, pas avancer réglementairement.
Considérez qu'une batterie mobilisée compte autant de voitures et de chevaux que toute une Abtheilung sur le pied de paix,, et vous comprendrez réiUbrme difficulté qu'il y aura pour le chef de diriger de la voix la masse considérable que forment quatre batteries sur le pied de guerre. Si elle marche à une allure rapide, simplement au trot, il ne pourra plus être question de la diriger de la voix, à cause du roulement effroyable, et même les sonneries ne s'entendent plus, ou, si elles s'entendpnt, elles sont la plu-
part du temps mal comprises. Il est donc rarement possihle qu'une Abtheilung mobilisée fasse une évolution de manœuvre, et, quand cela serait possible, cela n'en constituerait pas moins une faute.
L'auteur de la brochure sur la conduite de Tartillerie que j'ai citée à plusieurs reprises déjà dit que le chef de V Abtheilung ne devra jamais conduire sa troupe au feu qu'en donnant ses instructions à chacun des capitaines commandant les batteries ou en leur envoyant ses ordres par son officier d'ordonnance. Je partage pleinement sa manière de voir. D'ordinaire, le chef de V Abtheilung dirigera lui-même l'une de ses batteries allant occuper la position d'où elle tirera, et il enverra aux autres l'ordre de se guider là-dessus, d'enlever l'avant-train à droite ou à gauche' de la première.
Vous m'objecterez peut-être qu'à Sedan la deuxième Abtheilung à pied de la garde, dont j'ai parlé plus haut, se forma en colonne par sections, qu'elle passa ainsi derrière la première pour gagner sa dernière position sur l'aile gauche de celle-ci. Mais cette évolution ne se fit nullement comme une manœuvre sous le commandement personnel du chef de V Abtheilung ^ elle se fit simplement d'après les ordres reçus, sous la direction personnelle du major de Krieger. Auparavant elle occupait une position où il n'y avait place que pour trois batteries, coupées de plus en deux par un ravin. Se conformant aux dispositions que je venais de prendre, le chef de V Abtheilung donna l'ordre à ces trois batteries de remettre Tavant- train pour avancer; elles firent à gauche par le flanc et exécutèrent une conversion en colonne par sections, en serrant les distancés.
La batterie postée à l'aile gauche et séparée des deux autres par un ravin dut passer derrière celui-ci pour le tourner afin de rejoindre les autres. Celle d'entre ces deux qui en ce moment se tenait immobile reçut l'ordre de se placer à la suite de la première. Alors le chef de V Abtheilung fit partir la tête de sa troupe au trot et la dirigea
par le défilé dans les bois. Quand il franchit avec elle Tendroit exposé où, exécutant une marche de flanc à 500 pas «n arrière de la première Abtheilung^ il était obligé d'avancer au trot tout en risquant de recevoir les projectiles qui étaient destinés à celle-ci, il se donna Tair de manœuvrer; il alla se ranger sur le front de bandière où sifflaient les boulets ennemis et adressa à la batterie qui tenait la tête des observations comme si on avait été au polygone : « Maintenons-nous à la même allure ! — Deuxième section, observez la distance ! — Le canonnier montant le porteur du second attelage de la cinquième pièce ne doit pas galoper! — Sous-officier de la sixième pièce, vous êtes trop en avant, vos yeux regardent à droite, etc. »
Mais finalement il dut quand même s'écrier, en s'adressant au chef de la batterie : « Capitaine, il est temps de faire front; alignez-vous sur la première Abtheilung. » Puis il courut vers la seconde batterie pour lui faire Ifranchir de la même manière Tendroit fatal. Il fit de même pour la troisième. Il n'a donc pas fait exécuter une manœuvre réglementaire à VAbtheilung en tant qu'unité, mais les batteries se rendirent, sur l'ordre qui leur en fut donné, vers la position qui leur était assignée, et elles ne s'y rendirent pas sous le commandement réglementaire du chef de VAbtheilung.
Vous vous imaginez peut-être que je vais formuler la déclaration suivante : « Les choses que l'artillerie n'a pas besoin d'apprendre en vue de la guerre ne sont pas nécessaires en temps de paix. » C'est pourquoi il me faudrait condamner toutes les manœuvres de VAbtheilung en temps de paix. Mais le procédé de déduction nous entraînerait à formuler une conclusion fausse. Par cela même que VAbtheilung sur pied de paix a autant de chevaux et de voitures que la batterie sur le pied de guerre, elle fournit, prise dans son ensemble, la preuve la plus palpable, celle <jui saute le mieux aux yeux, de la grande difficulté qu'il y a à diriger une telle masse. Elle est même plus facile à
Lkttres sur l^Artilleris. 23
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diriger qu'une batterie sur le pied de guerre, parce que le chef de VAbtkeilung trouve dans les capitaines et les nombreux officiers plus d'aide que n'en a le chef d'une batterie sur pied de guerre.
En outre, les supérieurs d'un rang plus élevé que le général ou le colonel commandant la brigade d'artillerie, je l'ai déjàdit plus haut, l'inspecteur, l'inspecteur général et le général commandant le corps d'armée, n'ont pas le temps d'inspecter chaque batterie en particulier. Il faut qu'ils puissent juger des évolutions par 1'^ btheilung, et, pour ce motif aussi, il faut qu'il y ait des prescriptions réglant ces évolutions.
Mais on pourrait s'en tenir, sous ce rapport, aux formations les plus sûnples, tel est mon avis. Je pense, en outre, qu'on a ajouté au nouveau règlement des formations toiles neuves et fort compliquées, et rien ne démontre qu'elles soient nécessaires, ni à la guerre ni pour le temps de paix. Il vaudrait mieux qu'elles n'y fussent point, car plus le règlement est simple, plus les évolutions qu'il fournit peuvent être apprises exactement.
Permettez que je m'arrête h. quelques-unes de ces évolutions. Je tâcherai d'être le plus bref possible, afin de ne pas vous fatiguer à force de détails.
Pour ce qui est de la première partie du règlement, <i école du canonnier à pied », je ne supprimerais ni ne changerais rien à toute cette rubrique , car on a simplement emprunté à la théorie d'infanterie les parties jugées nécessaires pour l'artillerie.
J'ai constaté avec le plus grand plaisir qoe la seconde partie, « instruction du canontiier aux pièces non attelées «. était rédigée d'une façon brève, précise et correcte. Seulement je voudrais qu'on me permît de faire disparaître totalement le paragraphe 84, car, soit dit en passant, il devrait se trouver dans la troisième partie, « instruction du canonnier aux pièces attelées » : il traite, en effet, de la manifere dont procéderont les canonniers ti cheval au cas où les pièces s'éloigneraient au trot avant que les servants
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soient montés à cheval. Précédemment déjà, je vous disais quelle confusion pouvait se produire si Ton essayait à la guerre d'exécuter cette évolution qui, sur le polygone, paraît si élégante. Aussi le règlement élaboré après la guerre de 1866 portait-il que tout moavem6nt rétrograde devrait forcément être commencé an pas. Cette disposition a passé dans le nouveau règlement. Vous la trouverez au paragraphe 195, à la page 170. Or, le paragraphe 84, dont je parlais plus haut, y contredit absolument.
D'après ce que je vous ai écrit dans mes précédentes lettres, vous vous direz bien que ce sera par rapport à la troisième partie, « instruction du canonnier aux pièces attelées », que j'aurai à présenter le plus d'observations et à demander le plus de modifications.
Dans le second chapitre de cette partie, je trouve comme nouveauté la demi-colonne. Je ne crois pas qu'elle soit nécessaire. On Ta empruntée au règlement de la cavalerie (colonne par division d'escadron). Pour la cavalerie, cette formation avait été reconnue utile pour parcourir de longues distances en obliquant à droite ou à gauche ; les cavaliers, en effet, seraient trop serrés et trop pressés les uns contre les autres. Mais cet inconvénient ne peut se produire pour l'artillerie, car, chez elle, tout mouvement oblique à droite ou h gauche s'exécute, en tout état de cause, par une demi^conversion de chacune des pièces, lesquelles, après l'avoir' exécutée, suivent par rapport à elles-mêmes une ligne droite. Il en résulte donc en quelque •sorte une demi-colonne par pièces, et la demi-colonne par sections nous^ parait dès. lors superflue. Quant à la marche oblique à gaucbe et à la marche oblique à droite, on né saurait s'en passer^ Biais elle diffère si peu de la demicolonne que l'on obtient par la demi-conVersion par sections que je suis bien obligé de trouver qu'en adoptant les deux formations on a rendu le règlement plus compliqué, et cela inutilement.
Si on supprimait la demi-colonne, on ferait disparaître
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du coup bien des évoluttous compliquées du troisième chapitre de la deuxième partie. Je ne saurais passer sous silence ce fait que des hommes les plus autorisés (Rosenberg par exemple] ont déclaré mutile même pour ta cavalerie la demi-colonne; c'est une formation trop difficile, disent-ils, et, pour cela même, elle absorbe trop de temps pendant la période d'instruction.
Dans le troisième chapitre de la seconde partie, je trouve comme formations nouvellement adoptées la colonne par batterie et la colonne par Abtheilung. Les deux sont empruntées au règlement de la cavalerie, mais je ne vois pas quelle nécessité il y avait à les étendre à l'artillerie. A ce qu'on dit, les colonnes de batterie sont, plus que la ligne déployée, à même de s'adapter au terrain. Maïs rien ne s'adapte mieux au terrain que la ligne d'artillerie déployée, car elle ne forme pas, comme la cavalerie, une muraille ; elle permet au contraire, gr&ce à l'intervalle de vingt pas qui sépare les pièces, de tourner facilement de petits objets fixes se trouvant sur le terrain. Une ligue d'artillerie déployée pourra également passer avec facilité entre d'autres corps de troupes. Je me souviens avoir vu, dans une bataille, une brigade de cavalerie passer en ordre dispersé, afin d'éviter le feu ennemi, entre les intervalles de ma batterie qui s'avançait au trot.
Que si une ligne d'artillerie rencontre un obstacle d'une grande étendue qu'on ne pourra franchir que sur certains points isolés (une rivière, par exemple, ou un fossé très large), eh bien, il lui faudra quand même exécuter le commandement : « Par pièce, rompez la batterie ou V Abtheilung >' (Dresky fit rompre V Abtheilung tout entière à Vionville), et dès lors les colonnes de batterie ne seront d'aucune utilité. De plus, la colonne de batterie offre au feu ennemi un but si profond que forcément les projectiles l'atteindront. Quand on n'est pas exposé au feuennemi, on marche par pièce ou de front. Il n'y a donc aucune raison pour adopter la colonne de batterie.
La colonne d^ Abtheilung ^ dans laquelle les batteries sont rangées en colonne par sections les unes tout contre les autres, se prête, dit-on, tout particulièrement à la formation sur la place d'alarme, vu qu'en Tadoptant on est, de la manière la plus simple, prêt à se mouvoir dans toutes les directions (voir paragraphe 196). Nous avons établi qu'à la guerre VAbtheilung ne devra jamais être conduite au combat par le commandement de son chef, mais simplement batterie par batterie, chacune recevant les instructions et Tordre du conmaandant. Quiconque partage cette naanière de voir pensera comme moi qu'on ne peut guère se figurer les cas où toute la masse d'artillerie que constitue VAbtheilung formée sur la place d'alarme doive soudain être déployée dans toutes les directions. Elle ne pourra prendre cette formation qu'à une distance considérable du théâtre de la lutte. Elle aura donc, pour s'y rendre, à parcourir un chemin fort long, et, pour faire cette marche, il importe fort peu que la tête commence par exécuter une conversion ou que la batterie d'aile sorte de la colonne par sections en faisant front par une conversion. Même pendant les manœuvres en temps de paix il n'est pas possible de poster l'artillerie formée sur la place d'alarme trop près de l'ennemi, parce qu'il pourrait se faire qu'on eût besoin de l'employer soudain contre le flanc de celui-ci.
En outre, il est bien plus pratique et plus naturel défaire prendre aux masses d'artillerie un peu considérables la formation en colonne serrée par batteries comme formation sur la place d'alarme plutôt que la colonne à'Abtheihing nouvellement introduite. Elle est plus pratique, surtout pour la batterie sur pied de guerre, parce qu'alors chacun des capitaines embrasse plus facilement d'un seul coup d'œil tout son monde et toutes ses pièces. En effet la batterie, comme je l'ai déjà dit, forme, déployée sur le front et ayant ses caissons et ses voitures rangés sur deux files derrière les pièces, une masse dont la profondeur est à
peu près égale au front; dès lors, le chef peut la surveiller et la dominer d'un seul regard.
Dans la colonne ^Abtheilung^ la batterie forme une colonne par sections ayant un front de 20 pas, et, avec neuf véhicules, un front de 180 pas; il est donc bien plus difficile de la dominer. Il arrive souvent qu'on reste des heures entières formé sur la place d'alarme (c'est ce qui arriva au corps de la garde le matin de Saint-Privat et pendant la bataille de Beaumont) ; les hommes alors s'ennuient, et il est nécessaire qu'on les surveille. C'est alors aussi qu'on passe l'inspection de détail et qu'on remédie à toutes les irrégularités commises en attelant les chevaux, en faisant le paquetage, et surtout quand on a été obligé de partir avant le jour et que la veille on avait terminé la marche alors qu'il faisait déjà nuit. Dès lors il est essentiel que le capitaine ait bien tout sous la main et qu'il ne lui faille pas faire une foule d'allées et de venues pour passer son inspection. A la vérité, le paragraphe 196, ci-dessus cité, permet de se former sur la place d'alarme également en colonne serrée par batteries. Mais, dans la troisième partie du règlement tout entière, il n'est pas question de cette formation. Il y a là, par conséquent, une lacune.
La colonne par batteries est également d'un emploi fort pratique pour les évolutions de masses un peu considérables en dehors de la zone dangereuse. Au commencement de la bataille de Saint-Privat, Scherbening se porta au trot avec toute Tartillerie de corps depuis Doncourt jusqu'au delà d'Anoux-la-Grange le long de la crête des hauteurs, en passant à gauche de la première division de la garde. Il parcourut ainsi plus de 3 800 mètres. Toutes les batteries se suivaient, leurs six pièces marchant de front, les caissons et les voitures sur deux rangs derrière les canons. Au moment seulement où il s'approcha de la zone où les obus ennemis tombaient il iit former les échelons et conduisit en avant de sa personne la première batterie après avoir
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donné l'ordre aux autres de se rapprocher toujours davantage de Fennemi en échelons de 200 pas.
Je proposerai également de rayer du règlement l'évolution qui consiste à déployer une grande masse d'artillerie sur le flanc, car il ne peut pas se faire, comme nous l'avons déjà dit, qu'une grande masse d'artillerie soit obligée de se déployer soudainement en vue du combat sur un des flancs immédiatement après avoir quitté la place d'alarme. Je ne ferai d'exception que pour l'évolution qui consiste à faire mettre en batterie sur le flanc la colonne par pièce, qui se produit fort souvent quand il s'agit d'aller occuper une position protégée par des couverts.
Selon moi, il faudrait donc faire disparaître du règlement la demi-colonne, la colonne de batterie et la colonne à^Abtheilung, et se contenter de la colonne par pièces, de la colonne par sections et de la colonne de front. Dès lors,, le règlement sera bien plus simple, on disposera de plus de temps pour apporter un soin plus grand à faire pratiquer correctement ces dernières évolutions. A la vérité, on ferait disparaître bien des manœuvres tçès élégantes qu'on se plaisait à exécuter. Mais ce seront des évolutioiis que la cavalerie seule pourra utilement employer. Je suis, il est vrai, très porté à demander que l'artillerie soit assimilée aux autres armes, mais il ne m'en semble pas moins qu'il' y a un grave inconvénient à faire perdre à l'artillerie son temps avec des évolutions qui ne répondent pas à la tâche propre de l'arme.
Je regrette que la troisième partie du règlement, paragraphe 106, 3°, ne soit rédigée qu'en vue de la batterie sur pied de paix. On a relégué les dispositions concernant la batterie mobilisée sur pied de guerre avec ses caissons et ses voitures au IV® appendice. Il y a plus, on ne parle pas même en cet endroit de la formation à adopter pour les marches forcées ; on n'y donne pas davantage les dispositions réglementaires indiquant la place où, dans les divers cas, doivent marcher et se poster les voitures quand
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par exemple, la batterie est formée sur la place de ralliement, etc.
La quatrième partie du règlement traite du combat à soutenir par l'artillerie de campagne. A l'exception du tout petit nombre de points au sujet desquels j'ai dû faire plus haut des observations, cette partie est absolument parfaite sous le rapport du contenu comme de la forme. Au fond, tout officier d'artillerie devrait être tenu de la savoir par cœur, car elle donne sous une forme brève et condensée les principes les plus importants sur l'emploi de l'artillerie , tels qu'ils découlent de l'expérience acquise dans les dernières campagnes.
Une innovation dont j'ai été on ne peut plus beureux, ce sont les appendices du règlement. Les dispositions qui y sont contenues étaient jadis publiées sous forme de prescriptions spéciales; la besogne des instructeurs se trouve donc fort simplifiée , vu qu'ils trouvent tout ce qu'il leur faut réuni en un seul livre.
Les dispositions du premier appendice sur l'exercice du sabre sont empruntées à la cavalerie ; elles n'ont pas besoin d'être commentées.
Le deuxième appendice donne les dispositions concernant la conduite des pièces et des voitures. De tout temps, les officiers de l'arme qui avaient des connaissances spéciales en la matière étaient divisés en deux camps; les uns étaient partisans de la courbe, les autres du crocbet pour les tournants ; ceux-là avaient pour principe qu'il fallait tourner un coin avec un rayon de huit, ceux-ci avec ud rayon de deux pas. Tant que j'ai été au service, j'ai pu constater que, tous les dix ans, on passait de l'une des méthodes à l'autre, selon que le personnage placé à la tête de l'armée était partisan de l'une ou de l'autre.
Le nouveau règlement établit en principe que tous les changements de front doivent se faire avec un rayon de huit pas ; il admet donc le tournant sur une courbe qui peut s'exécuter plus facilement avec des chevaux qui ne soDt
qu'imparfaitement dressés ; mais il permet qu'en des circonstances particulières on tourne sur crochet et même qu'on tourne court. J'avoue qu'il m'importe assez peu qu'on adopte l'une ou l'autre méthode. Ce qui me semble plus important, c'est qu'on n'en change pas trop fréquenunent, afin que les mêmes principes s'inculquent profondément dans l'esprit des instructeurs, quel que soit leur grade (capitaines, lieutenants et sous-officiers).
Le troisième appendice concerne les évolutions faites sans les pièces par les servants des batteries à cheval. Vous vous rappellerez que mon désir est de voir supprimer entièrement les charges. Je vous ai précédemment donné en détail toutes les raisons qui semblent plaider en faveur de cette suppression; je n'ai donc pas besoin de les répéter. Le temps et les forces qu'on y consacrait, on ferait mieux de les employer à rendre les simples soldats bien habiles dans le maniement du sabre à pied, à cheval et dans le combat d'homme contre homme, car ce n'est que pour ce combat qu'il aura par-ci par-là l'occasion de tirer le sabre, soit pendant la marche, soit dans le cantonnement.
Le quatrième appendice contient les prescriptions concernant la conduite des voitures, soit de la batterie, soit de VAbtheilunQj et le renouvellement des munitions épuisées. Elles sont basées sur l'expérience acquise pendant la dernière campagne, et je n'ai que peu de modifications à proposer.
Elles se rapportent, en premier lieu, au paragraphe 318. L'alinéa A indique comme formation pendant les marches d'étape ce qu'on appelait, en 1870, la « formation pour la marche accélérée ». On l'adoptait toujours jusqu'au moment où la batterie se portait en avant afin d'engager le combat ; car alors seulement elle formait les échelons.
Or le paragraphe 318, alinéa B, contient la disposition suivante : « Toutes les fois qu'on commencera une marche qui semblera devoir aboutir à un engagement, on devra former les échelons. » Le deuxième échelon est même,
une fois pour toutes, relégué à la queue de la colonne de marche des autres armes. Pour moi cette disposition a le tort de couper de trop bonne heure la batterie en deux parties, et cela à son préjudice. J'ai donné mes raisons en détail dans une de mes précédentes lettrés, je ne les répéterai donc pas. Je proposerai d'introduire cette disposition, qu'on devra toujours maintenir la formation pour les marches d'étape jusqu'au moment où la batterie recevra Tordre de se mettre en position, après quoi elle aura à former les échelons.
Le paragraphe 321 traite du renouvellement des munitions. Je proposerai d'établir qu'on devra y procéder dès qu'on commencera à les épuiser, que les capitaines commandant les batteries devront chercher à avoir, autant que faire se pourra, leurs coffrets d'avant-train garnis. Ils devront donc, toutes les fois que la chose sera faisable, puiser directement dans les caissons afin de les vider avant d'entamer les coiBfrets.
Quant à la disposition portant qu'on commencera le renouvellement des munitions épuisées au plus tard avant le moment où la moitié des gargousses contenues dans les coffrets seront consommées, je voudrais la voir disparaître. Elle fait croire à ceux des capitaines qui n'ont pas encore assisté à un engagement que rien ne presse pour le renouvellement avant ce moment. Mais il faut toujours se presser de renouveler les munitions tant que la chose est possible. En effet, on ne peut jamais savoir si, dans la phase suivante, il ne se produira pas telle situation critique qui empêchera d'une part le renouvellement, et qui de l'autre exigera une grande dépense de munitions.
J'ai été heureux de constater que le cinquième appendice complète le règlement en donnant les règles de tir pour l'artillerie de campagne.
J'ai réservé pour la fin ce que j 'ai à dire sur la cinquième partie, traitant de la grande revue. Non pas que j'aie le plus à reprendre à cette partie; il me serait, au contraire ^ abso-
lument indifférent de voir les dispositions qui y ont trait formulées de n'importe quelle manière. Ce qui importe, c'est qu'elles soient observées le plus scrupuleusement du monde. La grande revue est particulièrement importante pour l'artillerie ; en effet, aucune autre arme n'est encline autant qu'elle à tenir cette revue pour une chose indifférente. Chez elle l'un des servants doit considérer comme sa tâche essentielle dans le combat d'écouvillonner la pièce, l'autre d'y mettre le feu, le troisième d'apporter un obus, etc. ; chez elle, pendant le combat, jamais un homme n'est aligné à côté de l'autre ; c'est là une arme qui n'a que trop le penchant de considérer la revue comme une chose secondaire, un jeu inutile.
Mais la revue est la meilleure pierre de touche pour la discipline et l'obéissance de la troupe. Il est impossible que l'homme mette chaque jour la même attention à exécuter toutes les prescriptions jusqu'aux plus petites. On est bien obligé, en temps ordinaire à l'exercice, de fermer les yeux sur de petites irrégularités. Mais le jour de la revue est celui où la troupe montre qu'elle est en état et qu'elle a la volonté d'exécuter tout ce qui est ordonné de la façon la plus exacte et la plus minutieuse. Plus le caractère spécial de l'arme est tel qu'elle soit tentée de reléguer à r arrière-plan la précision exigée à la revue, plus les officiers supérieurs et généraux doivent attacher de l'importance à celle-ci, afin de rappeler sans cesse à la troupe que la condition essentielle de l'existence réside , pour une armée, dans l'exécution de tout ce qui est ordonné, quelque minime que ce soit, dans l'obéissance et la discipline.
Au siècle dernier, nos adversaires se moquaient de la revue de midi à Potsdam. Mais c'est justement de cette* méthode appelée « système de boutons de guêtre » qu'est née la discipline grâce à laquelle notre armée, conduite par Frédéric le <îrand, vainquit des ennemis bien supérieurs en nombre. C'est la revue de midi, dite de Potsdam, qui créa l'armée prussienne, l'armée allemande, dont les
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derniers succès ont été l'étonnement du inonde entier. C'est pourquoi l'artillerie aussi devra, si elle veut rester l'égale des autres armes, ajouter le plus grand prix h la grande revue et la considérer comme l'expression même et en même temps comme la pierre de touche de la discipline.
Dresde, septembre 1884.