‹ Lettres sur l'éducation des filles (volume 2)Chapitre 10 sur 49 · A LA MÊME · texte numérisé non relu

A LA MÊME

(Sur l'établissement de Rueîl qui devait être transporté à Noisy. )

Ce 1^' septembre 1683.

Je suis ravie de toute la dévotion que nous avons attirée à Rueil, et vous m'avez fait grand plaisir de m'envoyer l'oraison de sainte Candide ^. Je vous envoie 244 livres pour les mois de nos filles \ je revins plus affolée que jamais de nos petites sœurs. On me fit voir hier le plan de Noisy ^ les réparations ne peuvent être faites que pour le carême 5 je n'y perdrai pas de temps, car la complaisance que vous avez pour moi en cette occasion et le détachement que je vous trouve pour le monde ont si fort augmenté mon amitié et mon estime que je meurs d'impatience de vous voir et de servir Dieu avec vous. On^ a trouvé la disposition que nous avons faite pleine d'esprit ; nous aurons le Saint-Sacrement et sainte Candide. Conservez bien tout ce que vous

* Lettres édifiantes, 1. 1, 69« lettre, p. 270.

* Corps saint enfermé dans une belle châsse que le pape Innocent XU lui avait envoyé le 30 avril 1680, et qu'elle avait donné à la chapelle de Rueil.

s C'est-à-dire le Roi*

VOUS dirai librement que je ne leur ai jamais vu la moitié de ce qu'il leur en faut, et que j'ai quelque soupçon qu elles meurent de faim. J'ai trouvé leur nourriture bien ordonnée sur le mémoire que vous m'avez envoyé. Mandez-moi bien des nouvelles du logis. Adieu, madame, je suis assurément fort à vous et à votre chère amie.

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