POUR UN PÈRE
Vous trouvez, mon cher père, que mes lettres sont peut-être trop succinctes, et que je n'entre point assez dans le détail de tout ce qui se fait ici, et de la bonne vie que je mène. Nous nous levons à six heures, ce qui me parait bien matin en hiver, et je voudrois bien changer cet article de notre règle -, on prie Dieu, on s'habille, on déjeune, on va à la messe, et on revient à la classe se mettre à l'ouvrage, pendant lequel on apprend toutes sortes de choses utiles et agréables^ on entend des instructions de piété, on apprend les histoires de l'Écriture sainte, des vers, de la prose, à chanter, à parler, à se taire, à faire des réflexions, et je vous assure, mon cher père, qu'il ne tiendra pas aux Dames de Saint-Louis qu'elle ne vous renvoie votre fille bien chrétienne, bien raisonnable et bien intelligente^ je le souhaite, mon cher père, pour vous plaire et pour vous soulager.
* Lettres édifiantes, t. FV, p. 219.
llÉi»OXSE DE M. DE RAVENEL. l4l