‹ Lettres sur l'éducation des filles (volume 2)Chapitre 22 sur 49 · DE L'ÉVÊQUE DE CHARTBES · texte numérisé non relu

DE L'ÉVÊQUE DE CHARTBES

Je me suis fait lire avec un grand plaisir les Conversations ' de Saint-Cyr; je ne trouve rien de plus sensé ni de plus divertissant. Si M™' de Maintenon y consent, je serai reconnoissant jusqu'à y mettre mes réfles.ioDS, s'il y a quelque chose qui mérite ma réviâon et ma censure. Je ne sais rien de plus propre aux enfants, pour leur insinuer la sagesse, et tout se sent dans ces écrits de la source dont ils viennent. Il faut former la raison des jeunes gens, les dresser aux devoirs de la vie civile, leur apprendre les bienséances que la religion approuve \ et tout doit être, comme je le vois dans les écrits que vous m'envoyez, traité selon les lois de la philosophie du monde, mais rectifié par la piété et subordonné aux

' Inslract. de l'inique de Chartres, p. 60 (Voir, sur ce manaacrit, la Préface).

* Les Conversations ou dlalof{uei composés par H"" de Maintenon pour l'ioitruction des demoiselles de Saint-Cyr. — t Ces Conversatitnu , dit Languet de Cergy, pleines d'esprit, de sentiment, de reparties vives et agréables, sont préparées pour chaque classe et proportionnées k l'âge des enrants. Le roi et les princes qui l'ac^ompagnoient dans ses visites i Saint-Cyr goûtèrent beaucoup ces exercices, etllC^'de Ualntenon en prépara quelques-uns, où elle Taisoit entendre aux uns et aux autres de bonnes vérités * {Mém, mamucHls, t. 1), — Les Conversaliotu ont été publiées en 17&7, sous le titre de : Loisirs de W^' de Maintenon. H. de Honlmerqué eu a donné une édition nouvelle en JS28. Nous les publions à la suite des Conseils aux jeunet filles qui entrent dans le monde.

grandes règles du christianisme, où toute instruction de la jeunesse bien élevée doit toujours tçndre comme à sa dernière fin, leur faisant entendre que nul effort de la raison, nulle étude de la morale ne peut nous mettre au-dessus de nos passions que la grâce de Jésus-Christ, comme il paraît par ces sages tant vantés des siècles passés-, ce que je vois pratiqué avec grand soin dans les écrits judicieux que vous m'envoyez* C'est un grand secret que d'apprendre aux jeunes gens la sagesse en les divertissant.

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