EXTRAIT D'UN AVIS
A hk GLA8BB BtKUB*
( De la oiêBière dont il faut écontef les lectures. )
Il faut écouter les lectures avec beaucoup de sita^ plicité, s'édifier de ce qui est bon, et ne point raisonner sur ce que nous n'entendons pas, ou qui n'est point de notre goût. On ne sauroit s'empêcher de penser, mais au moins faut-il se taire et mettre les auteurs au rang du prochain, de qui on doit dire du
* Recueil des Réponses, p. 14.
À XADAME DU PÉROU (l696). loi
bien quand on en veut parler, et garder le silence sur leurs défauts ou sur ce qui nous paroît tel.
■ AITBBSSI aâNKRALB 1>K8 CLA88B8.
16 mars 1696.
£n entrant hier dans an dortoir, je vis des filles à qui on faisoit des corps ^ et dont la taille se gâte. Je crois , ma chère sœur, qu'il seroit bon que les maltresses fissent une liste de celles-là et qu'elles travaillassent moins ; on pourroit les employer à plusieurs autres choses, comme à la lingerie, au chœur \ elles pourroient avoir des charges dans les classes, apprendre souvent ou montrer à lire, faire les commissions, et enfin tout ce qui ne seroit pas la couture, qui grossit leurs épaules. Il vaut encore mieux qu'elles ne sachent pas si bien travaïQer et qu'elles ne soient pas bossues.
Vous pouvez avoir toujours au chœur cinq noires de chaque côté, puisqu'il n'y a que cinquante-deux bleues et toujours quelques malades. Soyez libre et condescendante à donner du secours aux officières, soit des classes, soit des noires^ rien n'est plus pressé chez vous que d'y entretenir la charité et l'union.
^ Lettres et Avis fip. 150.
* Des corps de jup«, des corsets.
prit de votre Institut. Vous goûtez tout ce qu'on vous en dit, cependant je ne vois point jusqu'ici que vous mettiez en usage tout ce qui vous est marqué. Souvenez-vous donc toujours que tout est fait pour les demoiselles et pour leur éducation, et que tout le reste y doit céder. Il faut que vos demoiselles travaillent-, mais il faut encore plus qu'elles apprennent leur catéchisme et tout ce qu'elles doivent savoir ; ne souffrez donc jamais qu'elles soient négligées sur les points principaux. Il faut qu'elles servent la maison, mais il faut aussi qu'elles soient servies en tout ce qui va à les veiller attentivement. On veut bien qu'elles plient tout le linge, qu'elles balayent Téglise et le reste, mais en même temps on ne veut pas qu'elles manquent d'une sœur converse *;
pour les servir, parce que c'est une personne de plus pour les observer. Il faut qu'elles aient du feu pour se chauffer, mais encore plus soigneusement delà lumière pour les éclairer. Ayez donc toujours , ma chère fille, devant les yeux la fin de votre Institut, et faites plutôt la cuisine vous-même que d'abandonner les demoiselles. Vous voyez qu'on n'a pas voulu les quitter pour l'élection * : y a-t-il une marque plus convaincante de la nécessité de les surveiller sans cesse? Ne refusez donc jamais aux maîtresses tous les secours qu'elles vous demanderont pour ce bien essentiel de votre maison , et craignez de répondre des péchés dont vous seriez la cause, en ne
* Pour l'élection de la supérieure. Voir VBist. de la maison royale de Saint-Cyr pour les règlements et constitutions de rinstitut.
154 LETTRES ftl}R L*ÉDl}CAT10N.
tenant pas la main à Tobservance de tout ce qui a été réglé. Il faut une converse professe aux deux grandes classes, et qu'elles ne changent que le moins qu'il sera possible. C'est à vous à solliciter auprès de votre supérieure pour les demoiselles, et c'est là leur grand intérêt; je veux dire le soin qu'elles ne soient jamais abandonnées à elles-mêmes. Vous êtes maîtresse générale et par là chargée de fournir aux dames particulières tout ce qui peut contribuer à l'éducation chrétienne de leurs filles. Vous êtes du conseil, et en cette qualité vous ne devez jamais perdre de vue la fin de votre Institut, et opiner dans cet esprit-là. Abandonnez toujours les petits intérêts en faveur des grands 5 vos grands intérêts sont cette éducation -, sacrifiez-y donc tout le reste. Faites faire plus d'habits au dehors plutôt que de détourner vos demoiselles dé leurs exercices pour les faire trop travailler 5 prenez plus de femmes de journée pour la lessive plutôt que d'ôter les sœurs des classes, pour ne pas diminuer celles de la Ungerie -, donnez à travailler au tapissier plutôt que d'y employer une Dame et une sœur au dedans, si cette Dame et cette sœur sont nécessaires aux demoiselles 5 apphquez enfin dans les occasions ce qui vous est dit et redit mille fois, que tout doit céder aux demoiselles. Qu'on ne dise point que c'est les gâter, que de leur faire voir tant d'égards et tant de soins : les soins sont pour qu'elles soient de bonnes chrétiennes, et qu'elles sachent ce qu'elles doivent savoir ^ les égards sont pour éviter tout ce qui peut les corrompre. Ce n'est pas par grandeur que vous les suivez partout, c'est par
défiance \ et vous abaissez bien cet air de grandeur ({uand vous les faites balayer votre maison et laver les écuelles. Sachez mêler ainsi ce qui peut les humilier avec ce qui peut les conserver pures et innoceates. Je prie Dieu de vous éclairer autant que vous en avez besoin.
MAITRESSE GÉ?|ÉRAI. E '.
Ce 30 mai 1696.
C'est à voud, ma chère fille, à faire observer au^ tant qu'il vous sera possible tout ce qui est contenu dans le règlement et Yusage des classes ^ : vous êtes pour soulager les maîtresses, pour les autoriser, pour soutenir les intérêts des demoiselles, et pour les faire traiter selon les intentions de notre fondateur ; mais trouvez bon que je vous aide à les bien entendre.
On. vous a dit et écrit mille fois que tout est fait pour les demoiselles , et que ce qui les regarde doit toujours être préféré à tout le reste. Vous ne pouvez trop vous remplir de cette vérité. Les demoiselles sont chez vous ce que sont les pauvres dans les hô*
* Lettres édifiantes, t. IV, p. 95. — Lettres et Avis, p. 167. s Mme 4}e Maintenon eut beaucoup de peine à faire comprendre
aux jeunes religieuses de Saint-Cyr, qu'au lieu d'être perpétuellement en prières et en contemplations, elles devaient passer leur Tte à s'occuper d'éducation , de surreillance et même de cboses un peu mondaines. Les instructions qu'elle leur donna à ce sujet sont très-nombreuses. Voir aussi les Lettres édifiantes,
* Le règlement général de la maison et le règlement particulier on usage des classes; tout cela était écrit et imprimé.
158 umaEs suh l'éducation.
der i vue. Que cette soMir change rarement; il fii^ttt qu'elle connoisse les demoiselles pour en pouvoir rendre compte aux maîtresses, outre les raisons gé^ nérales que vous avez d'éviter les changements firé-* quents qui causent toujours quelque désordre*
11 n'en est pas de même des noires que vous attachez aux classes. Comme leur personnage est con*traignant et sérieux pour leur âge, il est bon de ne les pas laisser plus de trois mois. Donnez volontiers des demoiselles aux officières pour leur aider dans leurs emplois, pourvu qu'elles y soient gardées. Rien ne peut plus contribuer à leur santé, et a les rendre intelligentes. Ne laissez rien diminuer de la nourri* ture des demoiselles; demandez môme quelquefois qu'on la diversifie un peu, afin qu'elles mangent mieux. Il faut non-seulement les nourrir, mais il ffiut qu'elles croissent, et tâcher de leur donner une bonne santé ; mais évitez le plus que vous pourrez de fatiguer les dépensières en demandant des choses particulières et imprévues, et que les maîtresses n'oublient rien pour empêcher leurs filles d'être délicates. Mais ce que je ne puis assez vous recomman* der, ma chère fille, et ce que vous ne pourrez pou&ser trop loin, c'est le soin que les classes aient toujours le nombre de maîtresses qui a été réglé : il faut que tout manque dans la maison plutôt que cet endroit-là; et dès que vous vous trouveriez hors d'état de le soutenir, il faut en avertir vos supérieurs comme de ce qu'il y a de plus important chez vous ; c'est là votre principale obligation. // vaut mieux que r office manque que la garde des demoiselles ]
faut dans les classes, avec une entière union dans les maltresses; avec cela vous gouvernerez vos filles tantôt mieux, tantôt plus mal, car il faut s'attendre a des inégalités là-dessus; mais si les maîtresses n'ont cette conduite uniforme et pleine d'intelli* gence les unes avec les autres, tout ira de désordre en désordre, et les classes deviendront impossibles. Non, ma chère fille, elles ne le sont pas plus que vous ne pensiez, et les demoiselles ne sont pas si difficiles. Songez que dans les filles de Sainte-Marie elles ne peuvent venir à bout de dix ou onze enfants, et que vous tenez cinquante filles de seize et dix-huit ans, qui ne sortent pas de leur place sans permission. C'est que Dieu vous assiste dans votre profession; demandez-lui son secours en tout; continuez comme vous commencez, et réjouissez-vous à la communauté , je vous en prie , vous en avez besoin.
Vous pouvez parler de ce qui se sera dit au parloir quand vous croirez le devoir faire, pour reprendre les demoiselles de ce qui s'y seroit passé, et si les choses étoient de conséquence, il faudroit en avertir la maîtresse générale. Les demoiselles, et surtout les grandes, doivent être très-modestes au parloir, et rien ne sied si mal à des filles que la fa-
^ Lettres et Avis, p. 406.
milîarité, même avec les plus proches; ce n'est qu'une grossièreté de la mauvaise éducation, et qui ne fait rien au plaisir de voir les personnes que Ton aime.
Vous devriez bien me mander comment va la classe, et comment vous vous accommodez des rë^ glements.
■ AITBBSSB GBNREALB DBS CLASSES.
5 août 1696.
U est sans doute que la maîtresse générale doit former les demoiselles noires à toutes les vertus, et combattre tous leurs défauts. Quant aux exercices, il ne faudroit leur donner que communs, afin qu'elles soient plus en état de prendre la piété de la manière dont on le voudra dans les maisons où elles iront.
Vous trouverez aisément des pénitences selon leurs fautes *, mais comme ce sont de grandes filles, il faut les prendre par la religion et par la raison. Je voudrois leur faire désirer l'oraison et les autres pratiques de piété, avant de les accorder, et en faire des récompenses, selon, comme vous le dites, que vous en serez contente. U ne faut point faire de règles différentes pour celles qui ne veulent pas être religieuses ; c'est a la discrétion de la maltresse générale à en faire la différence. C'est trop souvent communier que de le faire tous les huit jours, à
* Lettres et Avis, p. 134.
moins que leur piété soit solide, ce qu'on juge par régalité de leur conduite.
Il ne faut point proposer d'austérités, mais seule*ment de les estimer, et il les faudroit accoutumer à plus de dureté pour leur corps -, rien n'y peut plus contribuer que le travail.
Il ne faut point faire venir les bleues aux instructions-, elles les entendront quand elles seront noires. Je crois que la fonction de maîtresse générale à l'infirmerie est d'aller voir les demoiselles, de s'informer à l'infirmerie de leur conduite, de les assister à la mort, de suivre les sacrements quand on les leur porte, de représenter à la supérieure ce qui manqueront aux demoiselles. Il faut mettre tout cela en meilleur ordre que je ne vous le dis. La maîtresse générale doit, comme toutes les autres, rendre compte à la supérieure et prendre ses avis , m^ non pas à chaque moment.
Àoàt l«96.
On m'a donné avis que les noires se dérangent dans les classes, dans les dortoirs, dans les infirmeries et le reste. Je n'en suis point surprise, et je ne les crois pas assez sages pour se maintenir quand on âe les observera pas de près. Les affaires générales lous occupent trop pour penser aux particulières, tiais j'espère que nous sommes à la fin. Redonnez-
» Lettres et Avis, p. 136.
TOUS donc aux noires, je vous prie^ c'est un corps 'i
qu'il faut conserver précieusement, et qui vous est absolument nécessaire. Celles des Dames sous qui elles servent ont grand tort de ne vous pas avertir directement de ce qu'elles font 5 il faut demander à
Tout ce que vous dites est très-vrai, ma chère fille ^ irnais le vrai remède est de mieux choisir les noires, et de ne pas compter sur deux mois de contrainte comme on fait quelquefois. Il ne faut prendre que les excellentes de dix-huit ans, ou celles qui voudroient être religieuses de Saint-Louis.
Il est vrai que la jeunesse est plus paresseuse qu'elle ne l'étoit autrefois, et qu'elle ne compte que la commodité. Nous voyons des personnes de quatorze ans qui aiment mieux se priver des plaisirs que d'avoir la peine de s'habiller. Ne vous rebutez jamais sur vos demoiselles-, elles ont fait tant de progrès qu'il n'y a rien qu'on n'en puisse espérer,
D est certain, ma chère fille, que vous devez en tout montrer l'exemple aux demoiselles, et vous mettre avec elles à tout ce que vous leur faites faire : si elles savonnent à la sacristie, la sacristine
' Lettres et Avis, p. 20û.
Dieu sans relâche qu'il répande son esprit dans votre !;
maison, et qu'on y agisse pour sa gloire uniquement.
doit savonner avec elles, et je ne comprends pas qu on puisse faire autrement.
Je ne fais nul cas des inclinations des filles pour les maîtresses quand les maîtresses sont sages, et cette attention ne me feroit pas faire le moindre dérangement. Il faut leur apprendre à aimer raisonnablement, comme on leur apprend autre chose. J*ai aimé ma maîtresse jusqu'à lui écrire toutes les semaines, tant qu'elle a vécu, ce qui a duré douze ou quinze ans, et j'étois dans le grand monde : cela n'est que l'effet d'un bon cœur. Tout consiste chez vous, ma chère fille, dans la sagesse des Dames; avec cela tout ira bien; sans cela nous avons beau faire des règles, nous ne ferons rien qui vaille^.
Ce 26 octobre 1696.
Il est vrai, monsieur, qu'on est ravi d'entendre parler de la princesse, et que tout ce qui revient de votre petite cour nous donne une grande impatience
* Lettres édifiantes, t. IV, t23« lettre. — Lettres agréables, p. 1104.
* Philippe de Courcillon, marquis de Dangeau, né en 1638, mort en 1720. G^est l'auteur du Journal manuscrit de la cour de Louis XIV. La paix ayant été signée avec le duc de Savoie, la flile de ce prince dut épouser le duc de Bourgogne, petit-fils de Louis XIV, et le marquis de Dangeau fut nommé chevalier d'honneur de la princesse, qui n'avait que dix ans, et chargé de Talier chercher à la frontière de France. Comme Mme de Maintenon devait élever la Jeune duchesse, Dangeau lui rendait compte de son voyage.
de la voir unie à la nôtre. Si la princesse ne se dément point, nous serons trop heureux d'avoir à former un si beau et si bon naturel. Je suis ravie de sar, voir qu'elle est enfant, parce qu'il me semble que ceux qui sont trop avancés demeurent pour Vordi* naire. Tout ce qui revient de ses occupations me paroit parfait, et si on continue ce mélange de jeux d'esprit, de jeux d'exercice, et de quelques leçons un peu plus sérieuses, il n'y aura rien qui ne soit utile. Le jeu à la madame peut l'accoutumer à la conversation et à bien parler , les proverbes à entendre finement; le colin'-maiHard contribuera à sa santé, les jonchets à son adresse-, enfin tout me paroi t bon, et d'autant plus qu'elle fait toutes ces choses-là avec des personnes raisonnables qui peuvent l'instruire en la divertissant. C'est un grand plaisir de pouvoir renvoyer la femme de chambre et le médecin sans les fâcher. Adieu, monsieur le marquis, je me sens de la joie de me retrouver en quelque manière dans la même maison que vous, et j'espère un peu plus de commerce avec M"' de Dangeau * que par le passé.
MAITKESSB GÉttÉRALB D K 8 CLASSBS.
Ce 21 janvier 1697.
Je vous écrivis l'autre jour un mot sur ce qui me
^ Une des amies de Mme de Maintenon (Voir la Correspondance générale).
• Lettres édifiantes y t. IV, t22« lettre. — Lettres et Avis, p. 171.
166 LETTRES SUR L'ÉDOCATION.
parut le plus pressé •, il faut que je vous entretienne un peu plus à mon aise aujourd'hui. Vous voilà, ma chère fille , dans une des plus grandes places de la maison ; Texpérience, la sagesse et la vertu, auroient dû être formées avant d*étre en place ^ ^ mais la nécessité ne nous laisse pas agir avec autant de prudence que nous le voudrions; justifiez-nous, ma chère fille , par votre conduite , et ne cessez pas de prier pour obtenir les grâces qui vous sont nécessaires. Conduisez bien vos noires , et ne vous commettez pas avec les maîtresses des classes -, prenez plus d'autorité sur la rouge, mais une autorité douce ; appuyez -vous sur votre supérieure et sur moi, disant toujours : Notre mère vous mande de faire telle chose*, M""" de Maintenon dit de faire de telle feçon. lisez et relisez les règlements pour aider à la supérieure à les faire observer •, observez-les vous-même, c'est la meilleure manière pour persuader. Ma sœur Marie-Constance * est un bon conseil pour vous ; soyez dans une parfaite union avec celles qui composent celui (le conseil) de la maison*; nous Pavons formé de celles que j'ai cru qui m'entendent le mieux, qui ont plus mon esprit, puisqu'on le veut compter, quelque peu qu'il le mérite -, qui considèrent plus les demoiselles-, mais surtout qui sont les
1 Urae de Berval n'était âgée que de yingt-buit ans.
- Voir la note de la page 123.
' La maison de Saint-Loais était administrée à Tintérieur par un conseil dit du dedans et composée de : la supérieure, l'assistante, la maîtresse des novices, la maîtresse générale des classes, la dépositaire. Ces ofûcières étaient élues ordinairement pour trois ans (Voir VHist. de la maison royale de Saini-Cyr, ch. vui).
plus attachées à la supérieure , et les plus éloignées de ces malheureuses opinions qui nous font tant de mal et dont je crains tant les suites K II est malheureux, ma chère fille, qu'une des premières de la communauté donne l'exemple d'avoir un confesseur particulier ^ je ne veux point vous trop contraindre, vous le savez bien, mais je voudrois qu'il n'y eût rien à reprendre en vous et que vous fussiez conduite par quelqu'un de ceux qui nous conduisent tous. En attendant que Dieu vous fasse faire ce qu il lui plaira, ne traitez avec votre confesseur que les affaires de votre conscience, et ne lui parlez point de celles de la maison -, il en est revenu souvent des choses qui ont tombé sur vous. Soyez circonspecte en tout, ma chère fille-, allez doucement, comptez que tous les yeux sont sur vous, instruisez-vous peu à peu de votre charge pour y suivre l'ordre qui, je crois, y est établi. Si on fait des injustices aux demoiselles, avertissez-moi avant de vous en plaindre ; soyez en garde contre votre générosité et libéralité naturelles \ il faut que les vertus s'accommodent avec la pauvreté que vous avez vouée -, ouvrez les yeux sur tout ce qui se passe pour faire des avertissements*, mais n'en faites point sans le conseil de ma sœur Marie- Constance. Aimez qu'on vous avertisse , ouvrez les yeux sur vos novices et postulantes 5 mais ne formez pas vos avis sur une seule action. Saint François de Sales dit qu'un homme peut être ivre sans être ivrogne^ appliquez cette règle a tout; mais rien
* Le quiétisme, qui causa de grands troubles à Saint-Cyr (Voir V Histoire de ceUe maison, ch. xj.
A MADAME DE BERVAL (l697). 169
ment, que je n'ose rien avancer, aimant beaucoup mieux me soumettre que de soumettre par autorité ou par complaisance.
MAITBBSSB OBIfKEALB DBS CLASSES.
(Elle lai donne des avis par rapport aux demoiselles. )
Février 1697.
Que puis-je répondre à votre lettre, ma chère fille, et que pourrois-je dire que je n'aie dit et écrit cent fois? mais puisque vous le voulez, je vous dirai encore qu'il faut bien se garder de punir toutes les fautes de vos filles : les pénitences deviendroient communes et ne feroient plus d'impression. Il faut laisser passer beaucoup de fautes sans faire semblant de les voir ^ il faut quelquefois les punir en marquant qu'on les voit, faire semblant de les écrire, prendre un air sérieux sans dire un mot : il y a des filles mortifiées par un ton, par un geste. Il faut, en d'autres temps, les reprendre en public-, une autre fois, les corriger en particulier par des avis de piété -, enfin, il n'y a rien où il ne faille plus de diversité^ on ne peut là-dessus faire des règles, le bon sens en doit décider.
Poursuivez soigneusement le vice^ soyez patiente pour les fautes de jeunesse^ soyez ferme pour celles qui troublent Tordre de la maison. Il est vrai qu^il
" Lettres édifiantes^ t. IV, p. 3lrt. — Lettres et Avis, p. 24C.
faut que vos filles fassent ce qui est marqué, c'est-àdire qu'elles se coucheat à Theure réglée et qu'elles y dînent*, mais pour le silence, il faut prendre ce que Ton peut^ les religieuses y manquent et vous voulez que les enfants y soient exacts. Les maîtresses doivent vous avertir de tout en particulier, mais c'est à elles à s'accommoder à vous, soit que vous punissiez ou que vous ne punissiez pas. Il me semble que vous êtes douce et ferme, c'est ce qu'il faut, et c'est la conduite de Dieu, ferme dans la fin où il faut tou*jours aller, douce dans les moyens dont il faut se servir, selon les occasions, selon les besoins, selon les temps. Ayez donc toujours pour fin le salut de vos filles -, mais servez-vous tantôt de sévérité , tantôt de la douceur , et sans cesse de la patience. Vous avez très-bien fait de leur donner des récréations ; voici un temps de relâchement, et il faudroit de fortes raisons pour les retrancher; elles entreront ce car rême dans la pénitence. Il faudra être plus rigide pour le silence , pour le travail et pour tout ce qui peut les faire entrer dans l'esprit de l'Église.
Ayez du courage , ma chère fille , vous êtes trèsbien placée, puisque vous l'êtes par l'obéissance; demeurez en paix. Si ma sœur de N... ou ma sœur de N... (c'étoient des novices) font des fautes, avertissez ma sœur Marie-Constance et profitez du temps que nous avons encore pour former nos filles. Prenez garde à ma sœur de BervaP : je crains qu'elle n'entre pas assez dans le besoin des officières quand elles
^ Maîtresse générale des classes.
demandent des demoiselles pour leur aider : il faut être charitable et condescendante là-dessus quand on ne vous demande pas toujours les mêmes, et qu'on ne les tire pas souvent de leur classe. Mettezvous en la place des autres et faites comme vous voudriez qu'on ftt pour vous. Réjouissez-vous toutes les fois que vous le pourrez : vous êtes trop silencieuse aux récréations et vous avez besoin de vous délasser -, donnez -vous après cela tout entière à l'œuvre de Dieu. Tâchez d'avancer celles qui vont vous quitter les premières -, c'est une pureté d'intention dont il faut être capable si vous voulez être une îkane de Saint-Louis. Adieu, ma chère fille-, je suis à votre service pour tout ce qui me sera possible^
Mars 1697.
Il n'y a pas dé sottises dont je ne sois capable, monsieur, quand je croirai qu'elles seront utiles à notre princesse. J'ai fait autrefois à Saint4^yr de petites Conversations ^ pour instruire les demoiselles en les divertissant, voye» si vous pourriez lire celleci tantôt ' ; la princesse est sujette à un petit rire forcé qui est désagréable, et peut-être ce qui est dans cet écrit lui sera bon ; mais pour l'envelopper, il faut lire ce qui est sur la raillerie ^« Elle sait bien
* Lettres édifiantes, t. IV, 130« lettre. — Lettres agréabl*'^, p. 1123 (Voir, sur ce manuscrit, la Préface), 3 Voir la note de la page 146. ' Cette Conversation a pour titre : Sur les agréments. ^ Conversation xvi.
172 LETTRES sua L*ÉOl}CATION.
que tout cela est fait pour Saint-Cyr , ainsi il ne lui en faut pas faire de mystère ^ Je m'adresse à vous, monsieur, avec grande confiance, connoissant votre cœur en tout, et en particulier pour la princesse. Il n'est pas nécessaire de vous prier de ne montrer cet écrit qu'à celles qui seront auprès de la princesse et de ne le laisser à personne.
85*.— A MADAME DE BERYAL,
MAITBKSSK GBIf'èBALK.
Mai 1697.
Joignez à tout^ ce que Dieu vous inspire une profonde paix et une grande patience dans le bien que vous désirez ^ il faut attendre les moments-, ne croyez point que mes conseils puissent vous garantir d'avoir besoin de ne rien demander à l'avenir : on ne peut prévoir les temps et les circonstances dans lesquelles vous vous trouverez. Ce que je sais bien , c'est que rien ne vous mettra plus en sûreté des nouveautés que l'union qui sera entre vous; on ne vous proposera rien tant que vous serez toutes d'accord ; croyez donc que vous ne pouvez rien faire de meilleur que de contribuer à cette union et à la dépendance pour la supérieure.
Je ne crois pas qu'il faille faire de nouvelles règles pour le parloir des demoiselles; l'inconvénient d'y être un peu trop longtemps n'en vaut pas la
< On sait que la duchesse de Bourgogne venait très- souvent à Saint-Cyr et y reçut en grande partie son éducation.
peine. Leurs visites deviendront tous les jours plus iwes ; la cour ne sera pas toujours a votre porte ; les parents espèrent quelques plaisirs de ma part ; quand tout cela manquera, on ne viendra guère chercher vos grilles , à moins que vous ne voulussiez vousmême attirer la compagnie.
Les délicatesses sont grandes chez vous , mais il bat tolérer bien des choses; la vertu croîtra et j'espère que la mollesse diminuera-, il vaut mieux que les supérieurs soient trop compatissants que trop ri- ' goureux là-dessus. Vous devez, en toile, en habits, et en nourriture , vous conformer le plus qu'il est possible aux demoiselles. Il est vrai qu'elles seront toujours jeunes et que vous deviendrez vieilles ; mais il est vrai aussi que vous serez toujours religieuses et qu'elles seront toujours séculières.
Il est vrai aussi que je ne cesse de prêcher la régularité et les récréations ; je suis persuadée que l'un contribue à l'autre, si vous êtes de bonne foi dans les classes et dans les autres charges, si vous y donnez toute votre application et tous vos soins, si vous y gardez le silence.
Il est certain que vous avez besoin de délassements assez fréquents, et que si vous n'en prenez que par l'ordre de vos supérieurs, ils ne vous feront pas de mal; au contraire, vous reprendrez tous vos devoirs avec plus de courage et de ferveur, comme les voyageurs qui marchent hien mieux après s'être un peu reposés. On ne peut trop compter sur la foiblesse humaine, et vous vous tromperez souvent si vous jugez des autres par vous-même. Dieu vous
eomble de grâces présentement; il vous fera sentir peut-^tre quelque jour votre foiblesse; ce que je pense là^dessus n'est point pour un besoin présent, c'est pour toujours.
Vous ne vous êtes point trompée sur ce que je pense pour la trop longue convalescence des demoiselles; ]j ai toujours trouvé trop de délicatesses; votre expérience vous rendra plus ferme.
Je n'ai jamais prétendu qu^on fasse céder la règle aux relâcheipaents des demoiselles : il faut toujours ^ qu'elles se taisent au son de la oloehe et dans les
marches, mais je ne voudrois pas qu*on épluchât trop pointilleusement une fille qu| dit une parole, et c'est dans ces occasions que je voudrois ne pas tout voir et ne pas tout entendre. Quant aux réponses des demoiselles aux maîtresses, je punirois sévèrement tout ce qui ne seroit pas conforme au respect qu'elles vous doivent. Combien de fois vous ai-je dit que vous deviez les élever en mères, et qu'elles doivent vous respecter en enfants ? Souffriroit^n qu'une fille dit en parlant de sa mère : 'J <( Elle est plaisante de dire que je parle? )> Il n'y a
- point de petites fautes en pareil cas, mais comptez
! que vous ne serez jamais respectées que vous ne
j soyez respectables, et que vous ne le serez que
y lorsque les demoiselles vous verront faire votre de-
voir sans y manquer jamais. Comment respecter une maltresse qui se cache de ses supérieurs et qui fait autrement en leur présence que lorsqu'ils n'y sont pas ?
Ijes maîtresses doivent préférer l'instruction des
Il juin IG9T.
U est bizarre de vouloir faire de vous un pré" cepteur; mais vous êtes capable de tout pour le bien, et vous en pourrez plus foire à la princesse que tous les maîtres du inonde. Je crois qu'il faudroit lui faire tous 1^ jours deux leçons, l'une de la fable, et l'autre de l'histoire romaine. Vous savez mieux que moi, monsieur, qu'il ne faut point songer à la faire savante, on n'y réussiroit pas; il faut se borner à lui apprendre certaines choses qui entrent continuellement dans le commerce des plaisirs et de la conversation^ nous avons déjà traité ce chapitre. Je voudrois que mademoiselle d'Aubigné apprit \e» mdmes leçons, pour lui en pouvoir parler le reste du jour j les dames le peuvent faire aussi, et 8) vous pouvez nous donner une heure par jour, je eroia qu'elle saura bien des choses qui lui seront utiles et agréables. J'ai cherché Coeffeteau', parce que les chapitres sont couris, et notre princesse n'aime pas ce qui est long; il faut achever Tkéoàote '. Si vous voulez faire un petit projet, je le ferai
' Lettres édifiantes, t. IV, 132" lettre. — Lellres agréablet, p. IIIT.
* Dominicain qui a écrit une bislolre de l'empire romain depuis Aoipiate lusqa'à Constantin.
■ Vie de rAâxiofe, pai néchler.
Vous savez que je suis très-fondatrice de la maitresse générale et que c'est une charge que j'ai créée ; j'ai fini son règlement par un article qui dit (c qu'elle est chargée des demoiselles quand elles sont hors des classes, » voulant que les maîtresses y soient toujours.
Le peu d'expérience de nos jeunes sœurs, leur docilité, le zèle de ma sœur de Berval, son intelligence sur les règlements, ont été cause qu'elle fait beaucoup de choses que je vous ai dit souvent qu'elle ne devroit pas faire-, elle n'est pas assez respectée ni assez crainte , parce qu'on la voit trop souvent.
n faudroit qu'on menaçât d'elle et qu'on la promît dans les classes. Par exemple, une première maîtresse est malcontente des filles, elle a épuisé toute son autorité : il faut avoir recours à celle de la maîtresse générale et la faire venir pour quelque forte réprimande ou pénitence.
Une maîtresse est contente de sa classe et veut lui faire un grand plaisir, elle prie la maîtresse générale de venir encourager et louer les demoiselles, ou leur annoncer quelque belle récréation, ou récompense. Du reste elle doit tenir la main à ce que les demoiselles aient tout ce qui est réglé, et s'il faut y retrancher ou ajouter, il faut aller à la supérieure.
Vous voyez bien, ma chère mère, que si les maîtresses des classes se tenoient à la règle, elles n'auroient pas tant affaire à la maîtresse générale. Ce n'est point à elle à savoir ce que font les maîtresses
ni à les reprendre, mais elles doivent entre elles se faire des avertissements. Ce n'est point à la maîtresse générale à se mêler des demoiselles quand elles vont à Finfirmerie ; tout doit se passer entre les maîtresses des classes qui les envoient, et les infirmières qui les reçoivent ^ elles les mettent où elles veulent , elles les renvoient quand elles le jugent à propos, et si elles ont des embarras, comme celui de cette année, ou approchant , elles vont prendre les ordres de la supérieure^ la supérielùre, pour se soulager, peut envoyer la maîtresse générale pour chercher des expédients, mais comme une autre, car cela n'est point de sa charge.
88^ — A MADAME DE BËRYAL.
7 novembre 1697.
Cest très-bien, ma chère fille, de porter à la religion celles que la situation de leur fortune et la foiblesse de leur naturel exposeront davantage aux dangers du monde! Une Puidebar^ seroit bonne à ôter au démon. Je ne désapprouverois pas que les noires fissent quelques austérités*, mais il faudroit qu'elles le demandassent, qu elles fussent secrètes, et que vos permissions fussent rares. Arrêtez tout court les conversations^ des demoiselles, elles n'ont
* Lettres et Avis, p. 191.
* (( C'était une demoiselle d'une rare beauté » (Note du manuscrit).
' Des dialogues que composaient les demoiselles, à rimitation de ceux qu'avait faits Min« de Maintenon.
A MADAME DE BERVAL (l697). 179
pas assez d'expérience pour rien dire de bon : ce seroit une perte de temps et de papier qui les exciteroit sur l'esprit et rendroit orgueilleuses celles qui y réussiroient le mieux. Ce que vous m'avez envoyé est aussi joli que des personnes de cet àge-là le peuvent flaire^ mais, encore une fois, ne laissons pas rentrer les écritures chez vous, supposé qu'elles en soient sorties K Je compte les jours, ma chère fille ; mille amitiés à toutes les miennes.
^ ESn eSét elles n'en étaient point sorties, et Mm« de Naintenon elle-même ne Teût pas voulu. Voici ce que dit à ce sujet U"^^ du Péron dans les Mémoires des Dames de Saint-Cyr : « M^c de Maintenon, qui ayoit pris à cœur que nous déracinassions ce fonds d^orgaeil qa'on voyoît dans nos demoiselles , ne cessoit de nous exhorter à leur donner une éducation simple et chrétienne, eomme plus proportionnée à leur état et à leur fortune; elle nous Tebatt(^t souYent de prendre garde à ne pas réveiller en elles la démangeaison de savoir ; elle avoit une telle crainte là-dessus, qu'eUe étoit fort attentive à ne donner ni livres ni écrits qui pussent tant soit peu favoriser la curiosité... Ce n'est pas qu'il faille prendre à la lettre tout ce que Mme de Maintenon fit dans ce tempslà, Di tout ce qu'elle a écrit sur ce sujet. On avolt trop donné dans le goût de l'esprit ; elle vouloit ramener à une plus grande simplicité et corriger les défauts dans lesquels ce goût avoit fait tomber ; mus son intention n'étoit pas qu'on tint toute la vie les demoiselles dans cet abaissement , où elle jugea à propos de les mettre pour un temps. Ce fut seulement pour laisser tomber tout à fidt ce qui avoit servi de sujet à leur vanité, et prendre ensuite le milieu entre trop donner de matière à l'orgueil et les tirer de la grande ignorance où sont les filles qui n'ont rien vu qu'un couvent ou rien entendu que des leçons de catéchisme ou la vie des saints; elle vouloit donc bien qu'on leur dit ou qu'on leur lût autre choâe.... etc. »
180 LETTRES SUR L*ÉOIJCATION.
(Pratiques pour le temps de l'A vent.)
Décembre 1607.
Pour bien entendre et pour profiter du mystère de Noël, il faut renaître avec Jésus-Christ pour souffrir et pour mourir avec lui 5 renaissez avec Notre- Seigneur; honorez sa naissance en devenant aussi simples et aussi obéissantes que les rouges ^ souffrez avec lui, en lui offrant les austérités de votre état ; soyez patientes dans le froid et dans vos assujettissements.
En attendant que vous mouriez effectivement , mourez à la vanité et à la légèreté de notre sexe 5 mourez à la vanité en ne songeant point à parer l'homme extérieur, qui est le corps et l'esprit , mais l'homme intérieur, en l'ornant de toutes les vertus 5 mourez à la légèreté, en vous recueillant davantage et en gardant un profond silence dans les temps marqués pour honorer celui du Verbe dans le sein de Marie.
J'espère que vos maîtresses me diront à Noôl que vous avez passé l'Avent sans qu'elles aient vu une désobéissance, et que toute la maison sera édifiée de votre silence. Priez pour le Roi et pour le mariage de la princesse^.
< Lettres et Avis, p. 472.
^ La duchesse de Bourgogne, dont le mariage fut célébré le 27 décembre 1697.
MAITBB83B DBS BLEUES.
(Qu'il faat faire des demoiselles de parfaites chrétiennes et de bonnes
sécnlières. )
Je n'ai rien à vous souhaiter de particulier, ma chère fille, si ce n'est que vous sachiez joindre la vie intérieure absolument nécessaire pour le salut, à la vie active absolument nécessaire pour votre Institut. Gardez donc la présence de Dieu le plus que vous pourrez ; mais ouvrez les yeux sur vos filles, et occupez-vous de leur instruction non religieuse ', car elles n'y sont pas appelées; faites-en de bonnes chrétiennes; attaquez leur humeur, c'est ce qui a le plus besoin d'être éprouvé. J'ai peur que vous ne craigniez trop de les fâcher. Il ne faut pas, en effet, les pousser trop loin, ni vouloir de sang-froid les fâcher; mais il faut rompre leur volonté, et si cela les fâche, vous les connoîtrez par là, et vous les traiterez le mieux que vous pourrez. Je ne sais si vous pratiquez ce que ma sœur de Loubert faisoit, de s'occuper davantage des douze plus âgées; il est impossible d'avoir un soin tout à fait égal de soixante filles. Priez beaucoup pour elles dans votre retraite; je me flatte que je n'y suis pas oubliée.
1 Lettres et Avis, y. 348.
* Gabrielle-Françoise de Bandeville de Saint-Périer fit profes* sion le 20 mars 1 697 et mourut en 17 12, âgée de trente-sept ans« elle fut continuellement attachée aux claases.
* C'est-à-dire non relali?e à la vie religieuse.