‹ Lettres sur l'éducation des filles (volume 2)Chapitre 37 sur 49 · LETTRES SUR L*BDU€AT10N · texte numérisé non relu

LETTRES SUR L*BDU€AT10N

douce, si elle fait des choses qae les autres blâment^ elles peuvent se plaindre à leur supérieure; cette porte doit toujours leur être ouverte; du reste, les maîtresses doivent reprendre continuellement et courtement -, elles doivent avertir la première maîtresse de ce qu'elles voient, et ne plus penser si on les punit ou si on ne les punit pas.

La première doit consulter la supérieure et lui rendre compte de sa classe -, cette conduite attirera plus de bénédictions.

La supérieure doit presque toujours être donnée en récompense ou en punition, soit pour aller aux pensionnaires, soit qu'on les lui envoie à sa chambre.

Il ne faut pas qu'elle se montre trop souvent, son autorité en seroit moins grande ; vous devez avoir et suivre deux vues pour vos pensionnaires : l'une d'en acquitter votre conscience, l'autre de rendre les soins qu'elles demandent moins à charge que vous pourrez à vos religieuses -, c'est pourquoi il faut établir quand vous le pourrez quatre maîtresses, dont il y ait toujours deux à la classe et deux à la communauté-, cette diversité est très-agréable. Quand nos filles ont été vingt-quatre heures auprès des demoiselles, elles sont ravies de les quitter pour se retrouver aux exercices de la communauté, où elles trouvent de la douceur et du repos-, quand elles ont été vingt-quatre heures à la communauté, elles ne sont point fâchées de retrouver leurs filles, dont elles sont délassées.

Voulez-vous que je vous envoie une grande fille pour pouvoir être maîtresse ? Voyez, par M"** de

A MADAME DE LA MAtRrE (1714). 347

Glapion etde Saiat-Messaiit, comme on forme la raison aux enfants en leur parlant toujours raisonnablement. Ne mettez plus de fin à vos lettres.

A YersailleS; ce 5 mars 1714.

Jamais les détails de votre maison ne m'ennuieront j si j'avois autant de pouvoir que de bonne volonté, vous seriez en repos sur le temporel, et n'auriez plus à penser qu'à ce qui regarde le service de Dieii.

Il faut une grande patience pour les sujets dont vous me parlez : le petit esprit d'un côté et le peu de vocation de l'autre vous éprouveront souvent. Ce que vous me mandez de la petite de N... doit être corrigé, mais non pas vous embarrasser. Les premières impressions qu'on donne aux enfants dans la plupart des maisons sont presque toutes vicieuses; on les voit arriver menteuses, voleuses, dissimulées : tout cela se guérit par la douceur, par la raison, encore plus en priant pour elles. Ne vous effrayez pas de ces choses-là, n'en paroissez point effrayée aux enfants, dans l'espérance qu'elles en auront plus d'horreur-, il ne faut jamais leur dire que la vérité, et dans cette occasion-là il falloit dire qu'on ne dérobe jamais sans offenser Dieu, leur faire voir que l'on comprend fort bien qu'elles ont vu faire de ces choses-là dans leur famille, mais qu'il ne les faut

' lettres et Avis, p. 937.

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