AVIS DE MADAME DE MAINTEKON
pour les promenades, et qu'elles dépendent de la volonté de la première maîtresse. Je sais qu'en son absence la seconde peut faire de môme -, mais il faut qu'en effet elles fassent tout de même, et que les demoisdles ne puissent dire : a Notre seconde maîtresse n'est pas si sévère que la première ; elle est bien plus portée à nous donner du relâchement. » Ne leur donnez jamais lieu de tenir de pareils discours , et que les seconde, troisième et quatrième soient plus ou moins sévères selon la pratique de la première, s'y conformant en tout. Votre gouvernement ne sera jamais solide s'il n'est uniforme, et si, au lieu de songer à se faire aimer des demoiselles, on ne songe à leur faire voir qu'elles sont conduites par le même esprit. Vous avez du bon sens, vous n'êtes point molle, vous connoissez le monde; ainsi je compte que vous rendrez nos filles plus laborieuses, moins enfants, moins attachées à leurs plaisirs, moins causeuses, et en tout raisonnables, comme il convient à» leur âge et à leur éducation. Je vous prie de leur faire bien des amitiés de ma part, et de croire que j'en ai beaucoup pour vous.