PRÉFACE* IX
qui servent d'ailleurs à compléter et à expliquer rhistoire de la maison de Saint-Louis et de sa fondatrice. Mais encore bien que ces lettres aient été écrites dans un but spécial et pour le cas particulier de deux cent cinquante demoiselles de pauvre noblesse élevées par la muniQcence royale, on y trouve pour toutes les conditions et pour tous les temps les enseignements les plus solides, des chefs-d'œuvre de bon sens, de naturel et de vérité, les préceptes de la raison la plus douce, de la piété la plus attrayante et la plus pratique , enfin des instructions d'éducation qui approchent réellement de la perfection. Tout cela est écrit avec une foi, une chaleur, une expansion de cœur, une grandeur de pensées, une sublimité de vues qu'on trouve à peu près résumées dans ces paroles : a Les affaires que nous traitons ici (à la cour) sont des bagatelles, celles de Saint-Cyr sont les plus importantes. — La vocation d'une Dame de Saint-Louis est sublime. — Il y a dans l'œuvre de Saint-Louis, si elle est bien faite et avec l'esprit d'une vraie foi, de quoi renouveler dans tout le royaume la perfection du christianisme. » Tout cela d'ailleurs est écrit dans un style que SaintrSimondé finit ainsi : a Langage doux, juste, en bons termes, et naturellement éloquent et court; — langage de la sagesse, dit Fénelon,qui parle par la bouche des grâces; — il y a dans tout ce qu'elle dit, ajoute une de ses élèves (voir la page xii de cette préface), une grandeur, un agrément, une solidité, une douceur et une noble simplicité qu'on ne peut expliquer» »
On ne saurait aujourd'hui proposer entièrement et absolument pour modèles ces instructions, si sages
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lion de la cour de gagner les provinces, qui a maintenu dans les vieux châteaux, où s'isolait la plus grande partie de la noblesse, de solides vertus, des mœurs simples et antiques , enfln qui a produit ce dévouement, ce courage, cette résignation chrétienne que les femmes ont déployée pendant la révolution. Je prends à témoin de ce que j'avance, les fils des dernières élèves de la maison de SaintrLouis.
Voici les manuscrits dont je me suis servi pour composer ce premier volume :
1 ° Lettres et Avis de itf "• de Maint enon aux Religieuses de Saint 'Louis sur les devoirs de leur état et le gouvernement des classes, 1 vol. in-4'* de 984 pages, qui porte le titre tome IL — D'après un deuxième titre que porte ce volume, le tome !•% que je n'ai pu" retrouver, devait contenir d'autres écrits de M°** de Maintenon, non relatifs à l'éducation, et que je retrouve ailleurs. Tignore quelle est la Dame de Saint-Louis qui a fait ce recueil; il ne renferme que peu de notes et point de préface. La Beaumelle en a probablement eu connaissance, mais il n'en a extrait que quelques lettres à M«« de La Viefville , abbesse de Gomeri ontaine.
2* Lettres édifiantes de Jl"* de Maintenons 7 vol. iihS». — Ce recueil, très-complet, a été fait par Languet de Gergy, archevêque de Sens, au moyen des collections de lettres que possédait la maison de Saint-Cyr, à l'usage et pour l'instruction des Dames et des demoiselles. Il renferme non-seulement des lettres de piété et d'éducation , mais des lettres historiques très-nombreuses. La Beaumelle n'a probablement pas connu
préface à la tête des deux volumes qui auront ce même titre : Lellrex éditantes.
3° Mémoires des Dames de Sainl-Cyr, 2 vol. inA'. — - Mémoires pour servir à l'histoire de la maison de Saint- Louis, par Languet de Gergy, 2 vol. in-4*, — Comme je me suis peu servi de ces manuscrits pour les Lettres < i sur l'Éducation, et que j'en ai beaucoup parlé dans moa
l I Histoire de la maison royale de Saint-€t/r, je renvoie