‹ Lettres sur l'éducation élémentaire et pratique [microforme]Chapitre 35 sur 55 · LETTRE XXXIV · texte numérisé non relu

LETTRE XXXIV

146, Ayant fait voir que dès le principe, l’on devrait mettre sur pied les écoles normales et modèles, j'en viens maintenant à l’organisation de ces institutions. indispensables.

147, Si jamais l’Ordonnance de Judicature est mise à effet, il y aura quatre grands Districts ou divisions territoriales. Dans ce cas là, je pense qu’il devrait y avoir une école normale pour chaque District, et quelle devrait être placée au chef-''eu de chacun de ces Districts. Soit que l’on continue le système judiciaire actuel, ou que l’on en adopte et mette à exécution un autre, il devrait y avoir, à mon avis, une école normale pour chacune des grandes divisions du pays, etelle devrait être placée au chef-lieu de chacune de ces grandes divisions. Il n’est pas nécessaire de s’occuper actuellement du genre d’études que l’on suivra dans les écoles normales, il est tout probable que je le ferai par la suite ; qu’il me suffise pour le présent, de rappeler au lecteur, que le cours d’études que l’on suivra, sera sous le contrôle exclusif du Surintendant.

148, J’approuve beaucoup ia siggestion qui a déjà été faite, d’attaclier à chaque école normale, une ferme où l’on pourra enseigner la théorie et la pratiquede Pagriculture,

149, L’on ne devrait, sous aucun rapport, négliger l’éducation, des femmes : elle est digne de la considération la plus sérieuse de la Législature, ainsi que de celle des membres de la société, dont les efforts individuels peuvent contribuer à son avancement. Les femmes exercent ou devraient exercer une influence considérable sur la société ; c’est à elles qu’est dû principalement le succès ou la défaut de succès de la première éducation des enfans, le progrès. aussi bien que la perfection de cette éducation, dependant essentiellement et résultant des premières impressions qu’ils reçoivent.

150, Je ne m’étendrai pas, pour le présent, sur ce sujet de première importance ; un coup d’œil rapide suffira pour faire apercevoir la nécessité de faire participer l’autre sexe, à tous les avantages des écoles normales et modèles, aussi bien que des écoles élémentaires

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151. {1 me parait parconséquent, qua la Lég'slature devrait tirer du fond permanent d’éducation, les moyens de pourvoir au maintien d’un école normale,

dans chaque grand district, non seulement: pour les garçons, mais aussi pour les filles.

152. Il serait impossible, au moyen de quatre ou cinq écoles normales, de former un nombre suffisant d’instituteurs de l’un et de l’autre sexe ; il faut donc trouver quelque mode plus convenable, moins couteux et plus facile d’instruire les maîtres de l’un et de l’autre sexe, et de donner une meilleure éducation à ceux qui désireront se la procurer.

153. Pour établir de telles écoles, il faudra des maîtres ; il y aura pourtant moins de difficulté à se procurer le nombre de maîtres requis, que pour les écoles élémentaires. Lorsque l’on aura les précepteurs ou:maîtres, l’opération géné rale des écoles modèles, deviendra toute facile.

154. Qu'il y ait dans chaque comté, une école modèle, tant pour les garçons que pour les filles. L'on ne devrait y admettre, que les garçons et les-filles qui seraient munis d’un certificat de capacité, de bonne conduite et de principes religieux, qu’il leur faudrait obtenir des maîtres ou maîtresses, d'écoles élémentaires, et des Gardiens d’écoles, dans l’arrondissement où. ces garçons et filles auraient reçu leur éducation élémentaire.

155. Afin d’exciter l’émulation, et assurer le progrès de l'instruction, je pense que l’on devrait établir la règle, que tous les ans, le garçon et la fille leg plus avancés de chaque école d’arrondissemens, auraient de droit, le privilège d’être admis à l’école modèle du comté. Au moyen de cet arrangement, il y aurait toujours dans chaque école modèle de Comté, autant de garçons et de filles, que d'écoles élémentaires dans ce Comté. L’on pourrait dans la loi des écoles, sta. tuer que dans le principe, six garçons seraient admis à l’école modèle des garons, et le même nombre de filles à l’école modèle pour les filles. Il est tout clair que lorsque le système serait en opération régulière, le nombre des éco-. liers ne devrait pas être limité.

156. Afin de s’assurer des maîtres, il serait bon d’allouer à chaque garçon et chaque fille étudiant dans une école modèle, deux louis par an, à la condition. de devenir maitre ou maîtresse à l’expiration du tems nécessaire à leur instruc-tion, leur imposant en même tems, l’obligation de donner caution pour le remboursement de ce montant, dans le cas ou cette condition ne serait pas remplie. Cet appointement tout modique qu’il fût, outre qu’il servirait à encourager là: jeunesse, aiderait les enfans à faire face aux dépenses additionnelles inséparables de leur élvignement du toit paternel.

157. A chaque vacance dans l’école modèle d’un Comté, un maître où mattresse d’école élémentaire devrait avoir le privilège d’être promu, et devenir instituteur ou institutrice dans l’école modèle, pourvû qu’il ou qu’elle fut choi-

sie par l’Ispecteur du District, sur un certain nombre consistant d’un garçon ct d’une fille de chaque école d'arrondissement, recommandés par les Gardiens d’Ccoles de chaque arrondissement dans le Comté, ou par la majorité d’entre eux, comme capable, de bonne conduite et de principes religieux.

158. Les écoles modèles, pour tout ce qui a rapport à l'examen, la visite et le renvoi des maîtres et maîtresses, devraient être sous le contrôle immédiat d’un certain nombre de Gardiens des écoles, et de l'inspecteur du District, de la manière suivante.

159. Comme il est impossible de soumettre une école modèle au contrôle immédiat, prompt et efficace de tous les Gardiens des écoles dans le Comté, les. Gardiens des écoles dans chaque arrondissement, pourraient faire choix de l’un d’entre eux, et de ceux qui seraient ainsi choisis, l’on pourrait former un bureau pour les fins sus-mentionnées. Toute malversation dont se rendraient coupables les maîtres ou maîtresses, ou toute plainte qui serait faite contre eux, serait de suite examinées, et rapport en serait fait aussitôt à Pinspecteur qui congédierait le maître ou'la maîtresse, et en nommerait un autre du nombre de ceux qui auraient été recommandés suivant qu’il est pourvû au No. 157.

160. Quelque disposition législative que lon obtienne à cette égard, elle devrait être bieu précise et exacte.

LETTRE XXXWV.

161. Ila déjà été suggéré, très à propos suivant moi, que les maîtres des écoles élémentaires, devraient êtrê tenus, durant les vacances, de fréquenter l’école modèle de leur Comté, pour se perfectionner, et se mettre en. état de remplir leurs devoirs.

162. Outre cet avantage, il en résulterait un autre, je veux dire Puniformité dans l’enseignement, ou au moins dans ses parties principales.

163. Il est évident que les maîtres et les maîtresses des écoles élémentaires apprendraient en un moindre espace de tems, aux écoles modèles, que ne le feraient des garçons et des filles qu’on y enverrait, pour qu’on leur apprît Part d'enseigner ; et s’ils mettaient tant soit peu à profit, le tems qu’ils passeraient aux écoles modèles, eux-mêmes et les écoliers en retireraient de grands avantages.

164. J'ai, (au No. 155,) suggéré que tous les ans, le garçon et la fille les plus avancés dans chaque école d'arrondissement, eûssent de droit, le privilège d’être admis à l’école modèle du comté. Ilest clair qu’il ne faut pas s’arrèter là. Ces garçons et ces filles s’ils Ctaient à la tête de l’école modèle, ou tels

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autres qui le seraient, devraient, sur l’ordre du Bureau de Gardiens des écoles pourvu au No. 159, être envoyés à l’école normale du District, à leurs propres frais, ou à même le fond pour les indigens, dans le cas ou le Bureau les recommanderait, suivant qu’il est spécifié à l'aperçu montionné dans la lettre suivante et que l’on trouvera dans l’Appendice,

165, Les écoles normales donneraient, à n’en pas douter, un ton décidemment élevé au mode d'enseignement. La jeunesse de l’un et de l’autre sexe, y acquièrerait plus de connaissances que dans les écoles modèles, et se qualifierait ainsi pour enseigner dans les écoles modèles auxquelles elle imprimerait un ca: ractère de vigueur et d’élévation, ou elle se qualifierait pour enseigner dans une plus haute sphère d'éducation, si comme il est naturel de s’y attendre, l’on pour: voit par la suite, à l’établissèment d'écoles supérieures.

166. Ayant pour principe de borner l’opération du présent système, à l’Education Elémentaire et Pratique, je ne dois pas m’écarter de ma route, et m’arrêter à calculer les effets probables où même possibles qu’un esprit éclairé sera, de suite, porté à attribuer à la direction judicieuse des écoles normales, quant à ce qui n’a pas un rapport exclusif au fonctionnement de ce système, En Prusse, l’on n’a fait de progrès sensibles, qu’après l’établissement de séminaires pour l'instruction des maîtres, et la formation d’une classe nouvelle de précepteurs ; c’est là une considération d’une assez grande importance, pour dissiper tout doute quant à la convenance d’adopter en Canada, un mode de perfectionnement qui a réussi à un aussi haut dégré en Prusse,

167, Je ne crois pas devoir appuyer sur les connaissances que l’on s’attendra à rencontrer chez les Professeurs de l’un et de l’autre sexe, dans les écoles normales. Le Surintendant sous la surveillance immédiate et le contrôle exclusif duquel, ces écoles devront êt.2 placées, sera trop intéressé à faire bien fonctionner tout le système, pout ne pas choisir judicieussement les Professeurs, et veiller soigneusement sur eux, ainsi que sur tous les départemens de ces écoles.

168, Les qualifications des étudians dans les écoles normales, à devenir insti. tuteurs, et l’époque à la quelle ils devront laisser l'école, pourraient être déterminées. 1. Par le certificat du Professeur de l’école normale, après un examen régulier, strict et impartial. 2. Par le renvoi à l’Inspecteur du District, 8. Par la décision finale et sans appel du Surintendant.

169, Il n’est pas nécessaire de remarquer que tout autre mode pratique plus propre à conduire à ce but, devrait être préféré.

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