LETTRE XXXVII
184. J'ai déjà remarqué que le succès du fonctionnement du système, dépendra principalement de l'intégrité, du zèle et de la capacité du chef de tous les départemens, je veux dire, du Surintendant des écoles élémentaires. Je dis principalement et non pas uniquement, car les qualifications qui sont indispensables pour communiquer convenablement l’instruction aux enfans, devront se rencontrer chez tous ceux qui seront appelés à mettre à exécution le présent, ou tout autre plan d'éducation,
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185. En nous rappelant toujours cotte vérité pratique, il nous sera plus facile de saisir la suite et l’ensemble des suggestions que je ferai, touchant la discipline et la direction intérieures des écoles, la dernière, mais non la moins importante partie du sujet dont j’ai depuis quelque tems, occupé le public.
186. Parmi les objets touchant les écoles. élémentaires, qui sont dignes de Vattention de la société, il en est un qui tient le premier rang, c’est de rendre les maisons d’écoles eommodes et confortables, Le site d’une maison d’école est généralement la dernière chose dont on s’occupe, et la plus souvent la plus négligée. Par suite d’une économie bien déplacée, la situation la plus incon-. venable est préférée à un site qui réunirait l’agrément et la gaité à la salubrité. L'on aura bien soin de chercher un lieu ou on puisse avantageusement placer une étable ou quelque autre bâtisse, mais l’on agit comme si l’on ne s’occupait aucunement de l'aise de: ses enfans dont le sort est de demeurer, étudier et suivre leurs: cours, durant au moins six heures par jour, dans la maison d’école.
187. Combien de fois, ne sommes-nous pas témoins de l'indifférence, de la eoupabls indifférence des parens sur ce point! Les animaux sont misavec soin, à l’abri des intempéries de la saison, et l’on place la maison d’école sur le sommet d’une colline où le vent et le froid de l’hiver, sont également funestes aux enfans, ou dans une plaine sabloneuse où ils sont brûlés par l’extrême ardeur du soleil.
188. Ce sujet est d’une telle importance, qu’il n’est pas du tout nécessaire que je m'excuse en donnant des extraits copieux du Rapport de Mr. Mann sur les maisons d'écoles. Faisant allusion aux intérêts opposés de différentes parties de l’arrondissement d’écoles, qui sont en jeu, lorsqu'il s’agit de faire choix d’un sîte pour y bâtir une maison d’école, il observe ce qui suit :
“L'on a souvent fait un reproche aux habitans de notre Etat, qu’ils insistent à placer la maison d'école au centre géographique de l'arrondissement. En effet toutes choses égales d’ailleurs, elle devrait assurément se trouver au centre. Mais l’on bâtit une maison d’école pour les enfans, et non pour les acres de terre ; et l’inconvénient d’aller à cinquante ou même quatre-vingt perches plus loin, ne doit pas être misen parallèle avec l'avantage de passer toute une journée dans un local salubre, commode et agréable, et propre à produire des infinences salutaires sur le caractère et le tempéramment. Placez une maison d’école dans un endroit froid et sans abri, dès lors vous augmentez considérablement la diffculté de tenir la chaleur à un dégré convenable ; mettez la dans une plaine sabloneuse où il n’y a ni ombre ni abri contre les ardeurs du soleil, et toute école est assujétie aux maux que produisent la chaleur et la poussière ; érigez la dans des terres basses et marécageuses, de suite vous exposez les enfans aux rhumes et à des maladies de poumons incurables, et vous détruisez les habitudes de properté et sur la personne et dans les habits; qu’un côté de la maison école soit
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la limite du grand chemin, les enfans, lorsqu’ils en sortiront, seront en danger, et:
leur attention durant l’école, sera distraite de leurs livres, par chaque passant ;. qe la maison d’école se trouve sur un petit compot de terre environné en tous:
sens, de chemins sans une seule partie retirée de la voie publique, et la modestie naturelle dégénérera en défaut de convenance,.et ce qui n’aura été qu’un défaut
de décence auquel l’on aura forcément habitué les petits garçons et les petites. filles, deviendra turpitude phisique et morale chez eux, lorsqu’ils seront hommes:
et femmes. Si au contraire, vous érigez la maïson d'école sur une colline abritée ou boisée où la rigueur de l’hiver est tempérée, où un bocage avoisinant
modère la chaleur de l’été, et parsemée de sentiers ombragés et frais ; si vous.
l’éloignez du grand chemin, ainsi que d’édifices où l’on exerce des métiers bruyans ; et surtout, si l’on n’y entend ni bruit ni paroles qui distinguent des-autres lieux, les maisons de licence et de dissipation, et dès lors vous verrez se dêveloper et s’accroître le sentiment du beau, la pureté de l’âme, ét la conscience de ce qui est décent et convenable, et les chances d’un caractère élevé et d’une bonne conduite, augmenteront considérablement. L’onse forme plus facilement et l’on affectionne d’avantage, des habitudes d’ordre et de convenance mentales que l’on a contractées au milieu de ce qui respire extérieurement. l’ordre et la
convenance, C’est un trait bien beau chez lesenfans, qu’ils se délectent davan-. tage aux jeux les plus simples. Eeurs désirs ne mettent pas à contribution le.
luxe que procure le commerce, ils n’épuisent pas non plus les richesses pour en
obtenir les parures. Les plaisirs que l’on emprunte à la lumière riante, à l'air
vivifiant, aux fleurs des champs, au ruisseau limpide, ou au chant ravissant des oiseaux, suffisent à la jeunesse douce et pensive ; tandisque les plus pétulens et les plus bouillans, ne demandent que l’occasion de déployer l’activité surabon-
dante de leurs bras et de leurs jambes. Combien peu il en coûte pour se procu-. rer les sources de ces jouissances! Quelquefois un peu d’esprit de conciliation,
tantôt un oubli de quelque petite difficulté entre les parens sur d’autres sujets, procureraient aux enfans, le double bienfait de l’utilité et des jouissances. Ce-
pendant, combien de fois ne voit on pas desenfans innocens sacrifiés aux querelles.
de leurs parens ?”
Dans ma prochaine, j’ajouterai quelques observations à ces extraits.
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