LETTRE XLIV
240. S'il importe du. tout, de faire usage des influences morales pour mieux. conduire lc: ‘rales, il ne faut pas s'arrêter en-déça de ce qui pourrait ajouter un, poids adu : el à cette influence, ou ce qui pourrait en restreindre lopération bienfaisante.
241. Tout ce qui est de naiure à faire naître ou encourager un esprit de délation, devrait être évité et proscrit. Les délateurs, sont toujours bas, ct ils sont généralement traîtres. Pour se maintenir dans une situation quelconque d’autorité, de surveillance ou de délation, dans laquelle lon aura pu les placer,
ils seront bien exposés à avoir recours à des moyens indignes d’une âme élevée et honorable.
242. Les maîtres nomment souvent des moniteurs pour surveiller leurs compagnons d’écoles ; ces moniteurs se rendent coupables des impropriétés sus-mentionnées, ou sont très exposés à se rabaisser:dans leur propre estime, et.celle de : leurs compagnons. Outre cela, il s’allume souvent, un esprit de haine et de. vengeance, dans le cœur d’enfans qui étaient peut-être, avant cela,. des amis sincères. La coercition ou l’intimidation employées par le maître, pour donner suite à une autorité imprudemment déléguée, ou pour soustraire au ressentiment de leurs compagnons, les écoliers qu’il aura revêtus d’un pouvoir passager mais nuisible, pourront empêcher les explosions ; mais, en dépit de ces précautions, il: y a dans le sein de éelui qui est opprimé ou qui se regarde comme tel, un feu qui couve, et qui tôt ou tard, éclatcra, et aura les suites les plus fàcheuses.
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243. Le maître devrait donc conduire son école de telle manière, et devrait avoir assez de pénétration que fortifieraient la vigilance et l’énergie, pour se dispenser d’avoir recours aux offices odieux et méprisables de délateurs, et d’espions,
244. Ceux qui seront appelés à surveiller la construction des maisons d’écoles, ne pourront pas apporter trop de soin à la distribution intèrieure, le placement et la disposition de sièges etc. de telle façon, que le maître puisse découvrir tout ce que les enfans tenteraient de lui cacher, durant les heures d’écoles.
245. Bien envisagée et judicieusement administrée, la constitution morale que j'ai ébauchée dans la Lettre précédente, pourrait, je crois, à l’aide de lénergie et du bon sens pratique du maître ou de la maîtresse, suffire pour assurer l’ordre et la régularité dans l’école, élever au lieu de rabaisser les enfans à leurs propres yeux, ou dans l'estime de leurs compagnons, empêcher qu’il ne naîsse et ne s’attise des ressentimens violens et très dangéreux, et soustraire nombre de jeunes personnes au sort de devenir par la suite, nuisibles à la société,
246. Je me flatte qu’on ne trouvera pas mauvais que j’aie ainsi exprimé franchement mon opinion, sur une coutume qui existe, peut-être, dans beaucoup d’écoles. Je n’ai eu aucune intention d’offenser qui que ce soit, j ne mêts pas en question les motifs, je ne fais qu’indiqner ce que je regarde comme un procédé mal avisé, et une conduite erronée chez nombre d’Instituteurs,