LETTRE IX
19. Il ne suffit pas de jeter la base d’un système d’éducation, l’exécution en serait impossible, si l’on permettait à ceux qui seront appelés à prendre une part importante dans l’opération de ce système, de frustrer les intentions de ceux qui l’ont conçu. Les instituteurs de l’un et de l’autre sexe, doivent co-opérer à la mise à effet du plan, sous peine d’être renvoyés.
20. Les Syndics, Inspecteurs ou autres dont le devoir sera d’engager les instituteurs,devraient impérieusement être tenus de ne le faire,qu’a la condition sine qué non que ces derniers décourageront les distinctions nationales ; et que dans le cas ou on les trouverait en défaut, soit qu’ils encourageassent ou ne découra-
geassent pas ces distinctions, la conséquence inévitable en serait la perte de leur place, et celle de leurs salaires.
21. Il n’y aurait aucune raison de regarder ce procédé comme une mesure tyrannique ou injuste, attendû que l’objet en serait le bien être de la société, et les instituteurs s’engageant à ces conditions, lon arriverait à un résultat avantageux, et l’on ne violcrait aucun engagement.
22. Il est admis de toutes parts, que l’on éprouvera beaucoup de difficultés à se procurer des maîtres compétens ; moins ils seront instruits, plus il leur faudra de tems et d'application pour se qualifier ; et moins fréquentes, par conséquent, devront être les occasions de les distraire de leur occupation principale. D’ailleurs, enseigner les enfans, est une tâche plus difficile qu’on ne l’imagine généralement ; il faut étudier, connaître et cultiver les caractères, cela requiert et devrait être l’étude constante de instituteur.
23. Le maître devra donc ne jamais se mêler ac{ivement de politique. Je ne voudrais aucunement le défranchiser ; de ce qu’il est devenu instituteur, il ne s’ensuit nullement qu’il devruit cesser d’être citoyen, et de jouir des droits et des
privilèges d’un homme libre, non assurément. Qu'il vote aux élections, mais rien de plus. Ilne devrait lui être permis ni d’intriguer, ni de s’activer dans les élections, ni devenir un criailleur politique, non plus que de transformer sor. école en club électorique ; encore moins d’abandonner ses écoliers, ou les négliger pour s'occuper de toute autre chose que de l’enseignement.
24. Afin d'éviter toute injustice ou toute surprise, on devrait avertir les maîtres en les engageant, qu’ils ne devront se mêler d'aucune autre chose que de l'instruction ; et ce devrait être une condition sine qué non de leur engagement, que la moindre déviation de cette règle, serait punie d’un renvoi immédiat, et de. la perte de leur salaire.