POST-SCRIPTUM
tive liquidation de l'empire ottoman. La banqueroute financière a déjà précédé la déroute politique.
C'est en Egypte que l'Angleterre a commencé de porter la main sur l'intégrité, au moins morale, de l'empire ottoman.
Nous croyons que l'entente des puissances européennes, Allemagne, Angleterre, Autriche, Italie, nous réserve, pour une époque peu éloignée, des surprises plus vives et plus complètes.
Au moment où nous corrigeons les dernières feuilles de ce volume, nous recevons d'Egypte diverses lettres que nous avions d'abord l'intention de mettre sous les jreuxde nos lecteurs. Mais nous y renonçons : ces lettres confirment tout ce que nous avons dit dans les nôtres, 3t, aux premiers jours de 1876, l'Egypte est ce qu'elle §tait en 1865 quand nous sommes arrivé au Kaire. Auourd'hui comme alors, « les employés subissent périodiquement des retards de plusieurs mois dans le paiement de leurs appointements ; l'armée doit se trouver leureuse si elle a à manger, et les créanciers des diveres administrations sont renvoyés de Gaïphe à Pilate our le remboursement de ce qui leur est dû. » Un autre correspondant se plaint dans les termes les lus vifs et les plus précis de l'état déplorable des [iffaires, de la stagnation absolue du commerce, de la Isère générale qui paralyse tout. « Les impôts énores qui pèsent sur le fellah, dit-il, ont été prélevés déjà our les cinq années à venir. »
300 rosT-sr.RiPTCM.
On voit qu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil d( rKgypte. Ce que nous prévoyions dès 1867 est en voii de se réaliser : l'Egypte devient une ferme de l'Angleterre, quelque chose comme le vestibule de l'Inde.
Peu à peu les employés français des raffineries et dc: grands établissements de tout genre cèdent la place des employés anglais.
Les soldats du Khédive font des conquêtes lointainJj dont profitera l'Angleterre qui, un beau jour, se verm maîtresse de tout ce qui borde la mer Rouge et l'Océî indien depuis Suez jusqu'au cap de Bonne-Espéran(
Les vice-rois d'Egypte, si, comme cela est probab^ l'Angleterre les laisse subsister, ne seront plus que Khédives à l'engrais, qui ne gêneront en rien la tout puissance britannique.
L'Italie étend déjà le bras pour se saisir de la Tunisie (|ui, avant longtemps, lui appartiendra.
L'Espagne, une fois délivrée dc l'alfonsisme conuuij elle vient de l'être du carlisme, et redevenant d'une m nière sérieuse et définitive une république, ne tardt guère à s'emparer du Maroc.
La République française peut se contenter de l'Alf rie. Mais il faut qu'elle sache faire produire à ce magr fique pays tout ce qu'il peut donner. C'est le secret l'avenir, et cela pourra être une des plus belles gloii de nos hommes d'Etat et de nos administrateurs futurs.