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Je ne publie ces inscriptions que pour contribuer, puisque le hasard m’en offre l’occasion, à grossir les recueils épigraphiques. Elles n’ont rien de rare. Mais elles peuvent heureusement en compléter d’autres. À ce titre, je n’ai pas voulu les oublier. '
Ce n’est pas non plus, je crois, une chose nouvelle que j’apprends à personne, en faisant ici en quelques mots l’éloge de la maison des bons Pères Lazaristes et de celle des Sœurs de Saint-Vincent de Paul. Ces deux établissements, que j’ai visités, sont admirablement tenus; et le bien qui .s’y fait en silence et avec la plus parfaite abné-
i/aukjvée, la réception •ration mérite d’autant plus d'être signalé à l’estime de la patrie. On y enseigne notre langue, et même quelques-unes de nos sciences, à une centaine de garçons et à trois fois autant de petites filles.
Ce qu’il y a de plus louable dans cette œuvre toute de charité, c’est que la tolérance la plus sincère y préside. Toutes les religions, toutes les sectes, y sont admises. Les chrétiens, les juifs, les musulmans, les grecs schismatiques, les protestants, peuvent y envoyer leurs enfants, sans y craindre d’autre propagande que celle de l’intelligence et de l’amour. Les Sœurs ont chez elles un refuge pour les enfants trouvés, un asile, un orphelinat, une pension d'externes et d’internes. Bien plus, elles distribuent tous les matins des médicaments, d’après les ordonnances du médecin, à des’ centaines de malades, la plupart Arabes. Les ophthalmies et la cécité sont très-fréquentes parmi les indigènes; et les soigner dans ces cruelles épreuves, c’est la manière la plus sûre et la plus douce de les gagner à nos croyances et à nos mœurs. Le jour où j’y suis allé, 294 malades avaient ainsi reçu des soulagements à leurs maux.
Il m’a semblé que ce souvenir de la France sur la terre d’Égypte vaut bien les souvenirs des ba-
LETTRES SUR L’EGÏPTE
tailles et même des victoires. C’est un triomphe modeste, mais assuré, que remportent tous les jours en secret ces missionnaires religieux de la civilisation. J’aurais voulu visiter également l’école des Frères de la Doctrine chrétienne, qui est plus nombreuse, m’a-t-on dit, que celles des Lazaristes. Mais, à mon grand regret, le temps m’a manqué.
En quittant Alexandrie par le chemin de fer, qui va déjà jusqu’au lleuve. pour nous rendre auprès de S. A. le vice-roi, nous avons eu pour la première fois la vue de la terre d’Égypte fécondée par le Nil. A notre gauche, nous côtoyions le Malimoudiéh, sillonné d’autant de barques que j’en ai jamais vu sur nos canaux; à droite, le lac Maréotis, qui est actuellement à peu près desséché. Ce serait un grand bonheur qu’il le fût tout à fait, parce qu’on pourrait alors le rendre à la culture ou à l'eau douce du Nil. Les eaux de la mer y ont fait invasion, quand les Anglais, dans la dernière guerre, ont rompu les digues d’Aboukir par mesure stratégique. Le lac que remplissait le Nil de temps immémorial, et qui donnait à la ville d’excellente eau et beaucoup de poisson, devint salé comme la mer et complètement inutile. Ce sont là les nécessités et les désastres de la guerre. Le gouverne-
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