PRÉFACE
. Une réorganisation dès long temps réclamée
avec instance se prépare enfin pour la médecine, et promet de s’accomplir dans un avenir prochain.
Si de graves désordres introduits dans la pratique de l’art appellent toute l'attention du législateur, des lacunes déplorables dans l'enseignement de la science n’ont pas moins de droits à exciter sa
sollicitude.
Il est du devoir de tout homme qui a cru reconnaître quelque vice à corriger dans nos institutions, quelque perfectionnement à y introduire, de faire part du résultat de ses recherches ou de ses réflexions. Je crois avoir étudié plus que d’autres la question de l'utilité des études et de l’euseignement historiques en médecine; et je crois remplir un devoir en livrant au public le volume
auquel ces lignes servent de préface.
Les articles dont il se compose avaient déjà vu
il PREFACE.
le jour; mais ils étaient dispersés, et ne pouvaient fournir en cet état les lumières qu’il est peut-être possible d'en tirer. 11 m’a paru plus utile de les rassembler que de perdre du temps à les présenter sous une autre forme. Les titres que je leur ai conservés (1) pourront, au premier coup d’œil, faire penser au lecteur qu’il eût mieux valu les refondre
J'espère qu'après les avoir lus, on jugera que, n'ayant en vue que leur utilité, et nullement l’intérêt de l’auteur, j’ai pu m’épargner cette peine et
consacrer mon temps à d’autres: travaux.
Les vues que j'ai exposées sur la nature de l’histoire des sciences et de la médecine en particulier, et sur la manière dont elle demande à être traitée, vues nouvelles et qui me sont propres, auraient exigé, pour être bien comprises, d’être appliquées à l'étude de quelqueépoque ou de quelque branche
de la science ou de l’art.
J'espère faire mieux, d'ici à une époquequi n’est
pas éloignée, en commençant la publication d’une
(1) Tel que celui de pétition par exemple. Je prie les lecteurs «le ne pas tenir compte de ce titre ; ils peuvent lire sans crainte de ne trouver que les banalités obséquieuses qui s’intitulent ordinairement de ce nom.
PREFACE. ITl
Histoire de la Médecine, unique objet de mes étu-
des et de mes travaux depuis quinze années. ;
J'ai cru pouvoir, en ‘attendant, réunir un certain nombre de fragmens historiques que j'ai fournis à divers recueils, en prévenant toutefois que la nature même des ‘ouvrages pour lesquels ils avaient été faits leur avait imposé une forme et des caractères fort différens de ceux qu’ils devraient avoir
pour entrer dans une histoire régulière.
Je n’en dirai pas plus sur le contenu de ce vo-luine, dont je désire qu’on pren:e une idée en jetant les yeux sur la table des matières qui le
termine.