DEUXIÈME TOAST
Par M. SchutzfïsbkhCiER , maire de Strasbourg :
» A M. le Ministre des Travaux Publics !
» Une société nouvelle , une société jeune, forte et riche d’avenir, est sortie des luttes qui , durant un demi-siècle , ont agité la France et ébranlé l’Europe.
« Connaître les besoins de cette société, régler ses forces et ses mouvements , la diriger vers le noble but qu'elle poursuite! qui doit couronner tant et de si longs efforts , voilà l'œuvre à laquelle chacuu , dans sa sphère et selon ses forces, doit sc consacrer avec un complet dévouement.
» Des esprits chagrins ont dit que notre époque était une époque de dccadence. Ils calomnient leur pays, car In plénitude de lavie se déploie dans toutes les sphères de l’existence sociale , et déborde parfois.
« Des esprits arriérés se sont tournés vers le passé ; ils épuisent de nobles forces dans un stérile travail d’imitation , dans des luttes sans but positif.
» Notre époque est une époque d'organisation , de travail pacifique ; elle est chargée de l'application des grands
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principes que nos pères ont conquis. Voilà ce que le bon sens du pays a compris ; voilà la tâche, la glorieuse tâche pour l'accomplissement de laquelle le gouvernement pourra s’appuyer sur toutes les forces vives et sur toutes les sympathies du pays.
» Honneur à M. le Ministre des Travaux Publics! 11 a voulu voir de ses propres yeux, il est venu s'informer auprès des populations elles-mêmes de leurs besoins et de leurs intérêts. C’est là une enquête dont les résultats ne seront point stériles. Les questions dans lesquelles sont engagés tant d'intérêts divers seront décidées avec impartialité , avec justice ; elles le seront bientôt, nous en avons l'assurance, et elles le seront d’après les hautes vues d’intérét général. Non avons pour gage la parole , la loyauté bien conuue de l’homme honorable qui représente le gouvernement du Roi auprès de nous.
» La ville de Strasbourg est maintenant rassurée sur les grands intérêts de sonavenir commercial ; elle attend avec confiance la décision à laquelle M. le Ministre des Travaux Publics aura la plus grande part sans doute. Je suis heureux d’être ici l’organe de notre reconnaissance , ainsi que de l’estime et de la confiance qu’il a su nous inspirer ! »
Dans une chaleureuse improvisation que nous ne voulons pas essayer de retracer, car nous craindrions d’affaiblir l’effet qu’elle aproduit et que chaque invité se rappellera , le Ministre témoigné sa reconnaissance à l’Alsace de l’accueil qu’il a reçu dans toutes les villes de notre province qu’il a visitées; il a exprimé toute la sympathie que cet accueil lui inspirait, tous les souvenirs d’affection et de bonheur qu’il emportera de sou séjour dans nos contrées , et qui , a-t-ii ajouté, ne lui seront pas moins chers
que les plus doux souvenirs de son berceau ; il demande la permission de rapporter tous ces hommages si flatteurs à S. M. le Roi des Français, dont il trace un portrait éloquent et vrai. Passant à la question des chemins de fer, le ministre dit que les rails- ways sont les ailts du commerce et de l'industrie , et il voit dans l'avenir not/e patrie heureuse sous la double égide du travail et de la liberté. Il termine ainsi cette allocution , souvent interrompue par de longs applaudissements : « Honneur à cette cité libre , glorieuse et fière , et surtout éminemment française , à la tille de Strasbourg ! »