TROISIÈME TOAST
Par M. de Golbery, député du Haut-Rhin :
• A Nicolas Kcechlin !
» A celui dont nous venons de consacrer le succès dans une double fête vraiment alsacienne et patriotique.
» Nicolas Kcechlin a toujours été la noble expression de la pensée de son époque et de son pays.
• Quand la France combattait, on l'a vu recueillir à côté de l'Empereur, sur les champs de bataille de 1815, la décoration que plus tard il aurait méritée et obtenue comme industriel.
» Bientôt il se souvint que cette industrie, dont son bisaïeul avait doté Mulhouse , était pour sa famille comme une autre noblesse, et il apporta un nouvel éclat à son nom déjà célèbre.
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r » Et quand la confiance de ses concitoyen* le fit représentant de l’Alsace , il fut l’un de ceux qui proclamèrent avec une dynastie nouvelle tout un avenir de liberté, d’ordre, de prospérité, parce qu'une révolution fiiite pour le maintien des lois en assurait a jamais le triomphe.
» Il nous a quittés messieurs ; je suis aujourd'hui le triste mais chaleureux interprète des collègues qui l'aimaient et restituaient tous j mais sa grande ceuvre le préoccupait seule) il avait des obstacles à vaincre) il venait de perdre un concours non moins cher à sou cœur que nécessaire au succès de ses desseius) il viut donc, et son œuvre S’accomplit avec uue rapidité qui tient du but qu’il se proposait.
> Et grâce à lui , il n’y a plus de distances en Alsace : bientôt, car nous acceptons lit espérances qui nous ont été donuées hier par un Ministre que nous sommes heureux de rendre témoin du sentiment de i’Aisace , bientôt l'intérieur de la Frauce se rapprochera de nous. Digne espoir d'uD pays qui se glorifie d’être le boulevard de Cette chère France, qui ne s'est jamais isolé, qui ne connaît pas le mot peu français de localisation , et dans lequel tout ce qui touche au territoire national , de Mlle ù Marseille , de Strasbourg à Bayomte, remue lès coeurs alsaciens I
» Honneur à Nicolas Kœchlln I »
M; NrébiüLs Retenus à exprimé èii quelques mots , remplis de la plus Vive émotion , combien il était touché des sentiments dont il était l'objet , combien il était reconnaissant à la ville de Strasbourg de l'accueil qu'il recèvait et de la sympathie que celte cité témoigne à l'entreprise do chemin dè fer ; M. Kœehlin a terminé , ëü portant un toast à la population de Strasbourg!}
QUAfftîÈME TOAST.
Par M. L'Ange , adjoint au maire de Strasbourg :
« A MM. Ëazàine et Chaperon.
«"A èés hommes qiii ; par leurs talents ét leur prodigieuse aètléllé , dut créé eh hn si court espace dé tertipi l'un des monuments les plus importants et les pltlS utiles de notre époque.
ï A ces homtnes qui ont ouvert une ère nouvelle à la prospérité de notre cité.
» Ils auront la gloire d’avoir les premiers exécuté la plus grande ligne de Chemin de fer qui ait été faite en France.
>< S’il est difficile de faire affluer les grands capitaux dans les grandes entreprises, il est bien plus rare encore de rencontrer des hommes de haute capacité qui dévouent leur vie A la réalisation d'une grande pensée ; félicitons WM. les ingénieurs d'avoir pu exécuter leurs plans.
» Mais félicitons encore bien plusM. N. Kœchlin d'avoir associé à son oeuvre des hommes d'un mérite aussi émihent.
» Honneur et reconnaissance à MM. Bazaine et Chaperon I »
M. Bazaine , ingénieur du chemin de fer, en son nom ët au nom dé M. Chaperon , sou collègue , répond à ce toast par les paroles suivantes :
« Au toast dont vous voulez bien honorer Chaperon et moi , acceptez en réponse , messieurs , l'émotion expressive
qui , en ce moment , fait trembler ma voix et les remerciements qui nous jaillissent du cœur.
» Il n’y a pas un an , en effet, que l’on essayait la première section du chemin de fer de Strasbourg à Bâle, et depuis un mois cent mille voyageurs ont pu parcourir la ligne tout entière. Mais ce résultat auquel vous nous attribuez uue part si honorable , nous a été rendu facile par la libérale conflance de M. Nicolas Kœchlin , par celle de son digne frère, qui a consacré à notre œuvre commune les dernières forces de sa vie , et par celle encore de la compagnie même.
» Enfin , et nous sommes heureux de le dire ici , il nous a été rendu facile par les efforts de tous ceux qui nous out secondés dans l’exécution des travaux. Aussi permetteznous, messieurs, de les associer nu toast dont vous nous honorez, comme vous les avez associés à celte belle fête. Sous-ingénieurs , mécaniciens , architectes , conducteurs , simples chefs d'ateliers , je ne puis citer ici tous les noms , mais tous ont été ardents au travail , ardents au succès ; aussi est-ce du fond du cœur qu’à In dernière heure de ces solennités, décernant à ces bous travailleurs, à ces hommes modestes et laborieux , leur part du succès et de la récompense, nous leur disons et nous voulons, messieurs, vous faire dire avec nous : Estime pour ce que vous avez fait et courage pour l'avenir (1)1 »
(I) Noos sommes beurcoi de pouvoir ici citer les noms des souingénieurs, architectes cl conduclrui s principaux pour lesquels le public assurément ratifie I honorable témoignage qu'ouï voulu leur accorder publiquement MH. Bazaine et Chaperon.
C'est M. Fries, architecte i Strasbourg, qui a fait les projets de bâtiments des stations ; et ia variété, le caractère, l’ordonnance à la