‹ Lettres sur l'inauguration du Chemin de Fer de Strasbourg à BâleChapitre 15 sur 19 · SIXIÈME TOAST · texte numérisé non relu

SIXIÈME TOAST

p?r M. Caçpps Fobel , afsoclé de ffiçolqs Jfçschlin et frères , l’un des concessionnaire! du chemin de fçr $e Strasbourg à Bâle.

« A la liberté du commerce!

• Sous elle la liberté politique , si péniblement conquise par nos pères, ne serait pour les travailleurs qu’un vain

mot. t

» Puissent les hommes appelés à diriger les relations commerciales entre les peuples nous mener progressivement et pacifiquement à la conquête de cette liberté du commerça , lien durable et indestructible entre toutes les nations.

» Dans cette lutte imminente appelée à renouveler toutes les relations commerciales des nations , nous ne verrons point les privilégiés de l’industrie imiter, CQmme eu 89, i'obstiuaUou et l'aveuglement des privilégié d’gjj gqtjfe ordre.

» Mieux comprime, la liberté du commerce s'établira sans secousses violentes, si seulement nous savons attendre,

» Bien des mécomptes, bien des déceptions nous menacent , nous et nos neveux , dans la poursuite de ce principe conservateur; sachons persévérer, mettons à le poursuivre l'ardeur qu’ont apportée nos pères à fonder notre liberté politique trop souvent menacée, mais toujours défendue par l’élite des citoyens.

» Mettons surtout en honneur la probité commerciale , toujours vénérée en Alsace; sans elle nous n’arriverons jamais à fonder quelque chose de durable.

» C’est l'absence de probité politique qui perpétue nos dissensions, qui fait qu'en France on s’agite beaucoup sans avancer.

• Works notwords, disent nos rivaux en industrie et en commerce.

» Des faits , pas de phrases ! Que cette devise déjà adoptée par les industriels alsaciens devienne celle de tous les Français, et la liberté du commerce, reléguée dans le domaine des utopies, deviendra bientôt une vérité pratique.

» Messieurs , à l'établissement pacifique de la liberté du commerce 1 »

Quand tous ces discours eurent été prononcés, M. Mnrdeb, conseiller d’Etat de la ville deBâle, demanda la parole pour porter, en langue allemande, un toast à la Francs et à V Alsace ! Dans une improvisation chaleureuse et patriotique, M. blinder fit des vœux ardents pour la prospérité de notre belle patrie, et pour sa grandeur fondée sur

l'ordre, le progrès et la liberté. Quand M. Minder, en finissant, voulut s'excuser en français de s'ètre servi de son idiome national pour exprimer ses sentiments , M. Teste lui dit : « Nous aimons beaucoup , monsieur , entendre porter en allemand des toasts à la France t »

M. le maire répondit à son tour à M. Minder, et se servit alors de la langue allemande. Il rappela très à propos les liens de sympathie intime qui unissaient dans les siècles antérieurs la Suisse et l'Alsace, et sut parler avec autant d’habileté que d'éloquence de ce passé mémorable, qui, sans nuire au présent, jette au contraire sur l'époque actuelle un reflet de la gloire et de l'antique indépendance dont notre Alsace a su conserver les fidèles traditions.

(InduHritl Altacitn , du 26 septembre 1841. )

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