XII. LA CONFESSION DU MOUNCHI 2f
très graves, elle sort la main de derrière le rideau, il tâte le pouls et, d'après cela, il prescrit les remèdes. Lundi dernier, le hakim est venu et a prescrit du quinine, mais cela n'a rien fait. Ma mère m'a dit alors : « Les drogues ne servent à rien, puisque c'est Dieu qui rend malade et qui guérit. Donne pour moi des aumônes aux pauvres. » J'ai fait des aumônes et elle s'est sentie un peu mieux. Puis le mal a repris et elle m'a dit : « Égorge un bouoet distribue la viande aux pauvres. » J'ai égorgé un bouc et distribué la viande aux pauvres; mais elle tousse toujours et a l'air de celle qui va mourir. C'est un grand malheur pour vous, Sâb; car je l'avais décidée à me dire pour vous les chansons de Fatima et de la nourrice du Prophète, qui ne se disent qu'entre femmes. Allah ne l'a pas voulu. »
Sur ces entrefaites, je quittai Abbottabad pour monter quelques jours à Murree, chez mon ami le colonel Pratt qui me disait : « Il fait bien chaud là-bas : venez respirer ici. » J'allai à Murree; au retour, je cueillis une bronchite dans la montagne; je m'arrêtai à Naihiagalli, chez les meilleures des gens, M. Fryer et M"*® Fryer, qui me retinrent prisonnier jusqu'à guérison complète. Je recevais tous les deux jours une lettre d'Ibrahim, qui me donnait les nouvelles du p^ys et m'assurait qu'il priait Allah pour ma santé
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dans sa prière du matin et sa prière du soir. Ses prières me remirent, mais sans sauver sa mère.
A mon retour, elle traînait encore, à force d'aumônes et de boucs égorgés. Mais on commençait déjà à técher les cAchhadou. « Chez nous autres. Musulmans, me dit Ibrahim, quand une personne va mourir, toute la famille reste là, répétant sans cesse (Achhadouy c'est-à-dire : «Je rends témoignage qu'Allah est Dieu, et qu'il ny a pas d'autre Dieu. Je rends témoignage que Mahomet est son serviteur et son apôtre. » De cette façon, le mourant est tenu dans le souvenir de Dieu, il est porté à répéter (Achhadou et à mourir en confessant la foi, ce qui assure son salut, quelques fautes qu'il ait commises durant la vie. Hier soir, en vous quittant, quand je suis rentré à la maison, je me suis approché du lit de ma mère qui ne disait rien. Je lui ai pris la main en disant : « Mère, est-ce que tu ne dis rien.^ » Et vite elle s'est mise à répéter : « oichhadou! (Je rends témoignage qu'Allah est Dieu, etc.), zAchhadou !. . . »
Le lendemain, je reçus un mot d'Ibrahim me mandant que sa mère était morte et qu'il partait pour l'enterrer dans son pays, à Dodial. Il revint huit jours après. Il me dit : « Elle est morte en répétant (Achhadou. Alors un ange est venu s'entretenir avec elle. Ta interrogée sur le