‹ Lettres sur l'Inde; à la frontière afghaneChapitre 119 sur 157 · XIII. LA .FIN D UNE RACE 2Jl · texte numérisé non relu

XIII. LA .FIN D UNE RACE 2Jl

On me dit :

— Cest vrai, mais le vieux est Afzal Khan.

Le nom ne me disait rien.

— Afzal Khan, de Jamalgarhi.

— Eh bien?

— Afzal Khan, le descendant de Khouchal Khan, celui^qui possède le manuscrit du Tarikhi zMourassa et du Vivan de Khouchal.

— Que ne le disiez-vous donc !

Le pauvre vieux devenait intéressant, et je me rappelai que tous les doums ' à qui je disais : « Chantez-moi une chanson, » me demandaient tout d abord : « Le Sâb^ veut-il une chanson de Khouchal Khan, prince des Khataks.^ »

Quand je levai mon étendard dans le champ de la poésie afghane, je subjuguai l'empire des mots au galop de mon cheval de guerre.

ï Chanteurs populaires.

2 Monsieur.

C'est avec ce cri de conquérant que fait irruption dans le Parnasse afghan le chef des montagnards khataks, Khouchal Khan, prince, guerrier et poète. C était vers Tan lôfo : Aurengzeb allait bientôt trôner dans le grand Divan de Delhi, et en France le grand règnei allait commencer.

A cette époque, la race afghane, qui à présent est divisée politiquement en trois groupes, les Afghans de l'Émir, les Afghans de la Reine, et les Afghans indépendants *, reconnaissait toute également la suzeraineté de la cour de Delhi : c'était d'ailleurs une suzeraineté assez légère, qui laissait aux Afghans assez d'indépendance pour se livrer à leurs guerres intestines, seule forme de la vie politique qu'ils aient jamais comprise.

Une des tribus les plus remuantes et les plus nobles était la tribu des Khataks, qui habitent la rangée noire de montagnes au sud de Péchawer.

En l'an 1640, le Khan, ou chef des Khataks, était Châbâz Khan, fils de Yahiyâ Khan. Un jour, dans une razzia sur les Akâ Kheil, à qui il enleva mille têtes de bétail, Châbâz, dans l'ardeur de la poursuite, reçut trois flèches, dont l'une à la tempe, et son fils Khouchal, qui l'ac-

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