XIII. LA FIN d'une race
les rouges mouhours d*or ont été engouffrés dans ces collines.
Et à une heure si pleine d*honneur et de gloire que celle-ci, que font-ils, ces traîtres vils d'entré les Afghans >
Les Afghans l'emporteraient sur les Mogols au jeu de Tépée, s'ils avaient seulement un peu de sens.
Si les diverses tribus se soutenaient les unes les autres, les rois auraient à se courber et se prosterner devant eux.
Seul, parmi les Afghans, je pleure pour notre honneur et notre renom, tandis que les Yousoufzais à leur aise cultivent leurs champs.
Dans mon pauvre jugement, la mort est préférable à la vie, quand l'on ne peut plus jouir de l'existence ave-: honneur.
Dans ce monde, nul ne restera toujours en vie : mais le souvenir de Khouchal vivra, vivra longtemps ».
Mais la parole du poète était impuissante 5 il avait beau prêcher l'entente et évoquer le souvenir des grands empereurs Pathans, de Behlol et de Chir Chah, on ne comprenait pas son langage :
Si les Afghans acquièrent le don de la concorde et de l'unité, le vieux Khouchal redeviendra jeune à nouveau.
Nous parlons la même langue, nous parlons tous
ï G)l. Raverty, Sélections from the Pœtry ofthe Afghans.
afghan ; mais nous ne comprenons pas ce que nous nous disons Tun à l'autre.
Cependant les mouhours îor faisaient plus de ravage que l'épée mogole. Une à une les tribus se soumirent ; ses deux amis^ les chefs des Âfridis^ Aemal et Daryakhan, avaient emporté avec lui dans la tombe la moitié de sa force et de ses espérances ; les maliks se mettaient de toute part à la solde du grand Mogol, qui savait si bien payer. Khouchal se lassa, il abdiqua en faveur de son fils aîné, Achraf Khan, et se retira dans la poésie et l'histoire ; il écrivit les annales de sa nation, et chanta ses haines, ses amours et son génie :
Quand je levai mon étendard dans le champ de la poésie afghane, je subjuguai l'empire des mots au galop de mon cheval de guerre.
Le ver luisant était le héros de la nuit noire : j*ai éclipsé sa faible lumière, comme le soleil levant.
J'ai rejeté dans la besace les odes de Mirza; j'ai souri d'Arzani ', fils de Khvechkai, fils de Zamand.
11 y avait Daula et Vasil et bien d'autres ; ma poésie a ri à la barbe de toute la bande.
J'ai enfilé pour la foule les rubis et les perles de la poésie et j'ai ruiné le colporteur de verroterie.
J'ai écrit des vers afghans sur des thèmes vierges, à
» Mirza et Arzani, poètes célèbres, antérieurs à Khouchal.