II. PÉCHAWER 3f
à votre bengalow 5 inversement, si ces messieurs entendent le hem de votre tchaukidarj ils comprendront: Prière de ne pas entrer, ec s'abstiendront' délicatement de toute visite intempestive. Ils gardent naturellement le droit de piller le bengalow voisin, et votre tchaukidar n'a rien à dire; il pourra assister à l'opération, si la chose l'intéresse : le bengalow voisin n'est pas son affaire 5 il est fonctionnaire privé, et assermenté pour celui-là seul qui le paye".
Ayez bien soin de prendre un tchaukidar fidèle, mais pas trop zélé. Il pourrait vous arriver ce qui advint au pauvre Lœwenthal; quand vous parlez tchaukidar à Péchawer, on vous répond aussitôt : Pauvre Lœwenthal ! Le Révérend Isidore Lœwenihal était un membre de la mission presbytérienne américaine, d'une grande noblesse dans l'intelligence et le caractère, et qui était fort supérieur, par l'un et TauTtre, à la moyenne des missionnaires de l'Inde. xMais une nuit qu'il rentrait dans son bengalow sans avoir allumé sa lanterne, son tchaukidar y qui Taimait beaucoup, le prenant pour un voleur, fit feu et l'étendit raide mort.
C'est toujours une chose maussade que d'être tué par erreur, si bonne que soit Tintentionj mais il y a quelque chose de plus grave, c'est detre là-dessus livré au ridicule par des amis
trop bien pensants. Le chapelain de Saint-John's Church, voulant rendre hommage à la carrière de Lœwenrhal, mais hanté mal à propos de formules trop bibliques, prit le registre et écrivit, avec un soupir, dans la simplicité de son cœur ;
« 1864, Ap""^^ ^7 • — Isidore Lœwenthal, « Missionary ofthe American Près byterian Mis - « sion... Shot by his own chaukidar. Well « done, thou good and tkithful servant. »
1864, ^^ ^7 ^vril. — Isidore Lœwenrhal y de la mission presbytérienne américaine y tué par son tchaukidar.
Honneur à roi y brave et fidèle serviteur!
Pour ma part, je n'avais pas d'inquiétudes de ce genre avec mon tchaukidar. C'était un petit vieux à figure de vieille, qui était bien l'Afghan le moins formidable qu'il fût possible d'imaginer, du pays des Ghilzais au pays des Rohillas, et des Statues de Bamian au Trône de Salomon. Il avait débuté dans la vie commo jardinier, ce qui cadrait mieux avec sa mine; mais «son maître ayant été injuste, » il avait quitté les fleurs et était passé au métier des armes. Il portait à la ceinture un long coutelas et à la main le « long pistolet gorgé de balles » d'Ali Pacha Tébelini. J ai gardé un bon souvenir du vieux