IV. — LES GHIL2AIS Jl
Les Ghilzais, même après leur défaite, étaient et sont encore la tribu le plus considérable après les Douranis. Ils occupent, en la partageant plus ou moins avec d'autres tribus inférieures, la région comprise entre la rivière de Tarnak, à rOuest, la branche orientale des monts de Souleiman, àTEst, la rivière de Caboul, au Nord. Candahar était leur capitale au temps de Mir Véis et de l'empire ghilzai ; mais Nadir Chah, après la prise de Candahar, le donna aux Douranis* Les Ghilzais durent remonter quelques lieues plus haut sur le Tarnak, et un vieux pont de pierre, le Pouli Sang, marque la frontière des deux tribus. Toute insurrection ghilzaie implique nécessairement une marche sur Candahar au Sud aussi bien quesur Ghazniet Caboul au Nord : les trois grandes cités, comme on le voit par un simple coup d'œil sur la carte, sont sur une même ligne du Nord-Est au Sud-Ouest.
Les Ghilzais sont divisés en deux groupes, le
groupe Sud-Ou€st et le groupe Nord-Est, ou plus simplement le groupe occidental et le groupe oriencaU Le groupe occidental forme la famille dès Toran, le groupe oriental celle des Bourhan.
La famille des Toran est la moins considérable, mais la plus illustre. Elle ne comprend que deux clans, celui des Hoteks et celui des Tokhis : mais le clan hotek est le clan royal; c'est à lui qu'appartenaient Mir Véis, Mahmoud, Achraf et le prétendant de 1801, Abdoul Rahini. Le clan Tokhiest le clan minisîériely c est-à-dire, que la dignité de vizir y était héréditaire. Les Hoteks et les Tokhis occupent donc parmi les Ghilzais la position que les Sadouzais et les Baroukzais occupaient parmi les Douranis. Si Tempire ghilzai avait duré, on aurait vu sans doute une dynastie tokhie sortir de la famille ministérielle et supplanter la famille royale, comme on avait vu chez les Douranis les Baroukzais supplanter les Sadouzais, et chez nous les maires du palais d'Héristal supplanter la lignée de Mérovée.
Les Hoteks habitent au sud des montagnes de Mokour; les Tokhis habitent au sud des Hoteks : leur principale place est Khilati-Ghi'zai (la Forteresse Ghilzai) et ils avoisinentles Douranis de Candahar.
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La seconde branche des Ghilzais, ou les Bourhan, occupe le reste du territoire ghilzai; elle comprend cinq clans : les Tarak, les Andar, les Kharotis, les Alikheil, les Souleiman Kheil. Les Tarak habitent les montagnes de Mokour et sont limitrophes de la branche occidentale; les Andar cultivent le riche district de Chilgour; les Alikheil, la plaine de Zourmoul; les Kharotis, le territoire compris entre la rivière de Gomal et les monts Souleiman. Les Souleiman Kheil occupent le nord de la chaîne occidentale des monts Souleiman: c'est la tribu la plus considérable des Ghilzais: ils comprennent des clans livrés à l'agriculture, comme les Kaisar Kheil, les Samalzais, les Soultanzais, et des clans pastoraux comme les Ahmedzais, qui poussent leurs troupeaux le long de la rivière de Caboul, de la rivière de Logar jusqu'aux collines de Jellalabad».
Les Ghilzais ne sont pas seulement agriculteurs ou pasteurs; ils sont aussi commerçants et bandits. Ils forment le gros de ces bandes étranges, connues sous le nom de Tovindas ou Kouîchanis (nomades ou voyageurs) qui, chaque automne, franchissent les passes en caravane et
» Prière de suivre sur k carte.
vont porter jusqu'à Delhi, Cawnpore et Pacna les produits de Boukhara et de Candahar. Les uns viennent seuls, les autres avec leurs familles qu'ils établissent dans des campements (kirris), où elles attendent leur retour sous la garde de chiens-loups féroces, pour repartir au printemps. Le grand emporium des Povindas est sur territoire anglais, à Dera-Ismaïl-Khan, dont Timmense caravansérail, désert en été, voit passer en hiver jusqu'à cinquante mille âmes et cinquante mille chameaux. Dans la saison froide de 1 880-1881, il était entré dans le district 49,000 Povindas, dont 5J',ooo Ghilzais.
Ces caravanes sont des armées, ou plus exactement des peuples en marche. En 1 877-1 878, sur 76,000 têtes entrées dans le district, il y avait 50,000 hommes armés. Aussi, le voyage ne se passe pas sans aventure. Il n'est pas rare que la caravane se détourne en route pour faire le coup de feu, au profit de quelque tribu en guerre qui l'appelle et la paye. Les Afridis de la vallée de Tira, qui sont chiites et sont en minorité infime parmi les Sounnis qui les entourent, n'ont pu se maintenir qu'avec l'aide des Povindas qui passent, en route vers Kohat, bons Sounnis eux aussi, mais tolérants quand il y a un bon coup à faire. Les Povindas, étant volables, ont fort à faire à se garer des voleurs 5 mais les gens