IV. LES GHILZAIS 7f
volables ont aussi fort à faire de se garer des Povindas. Les Ghilzaissont à ce compte les Povindas des Povindas : ils sont fiers de leur nom qui signifie, disenc-ils, fils de voleur (Ghal'iai). D'autres disent qu'il signifie « fils de vol, » c'està-dire bâtard (furto narusj et content à ce propos une vieille histoire. Mais c'est une histoire inventée par les Douranis, pour flétrir leurs rivaux: Ghilzai est bel et bien un brave et honnête voleur. Quand un enfant naît, sa mère perce un trou dans le mur de la maison, le fait passer par là pour lui apprendre l'effraction ' et lui dit : « Ghal'iai; sois un bon voleur, mon enfant ! » Tel est le baptême des Ghilzais.
Il est assez inutile de chercher à prévoir ce qui adviendra de l'insurrection ghilzaie. Les éléments
* Les voleurs à la frontière ont une mctliotle d'effraction très simple : ils percent en un instant un trou dans le mur de torchis avec une sorte de vrille dite nagah ou svarlni et se glissent sans plus de cérémonie dans la maison. C'est ce qu'on appelle le iiagab lani.
manquent pour Tinscant, tant qu'on n'aura que les renseignements incertains et souvent dénués de sens donnés par la presse anglaise d'Europe, et qui généralement ne font que reproduire, en y corrompant les noms propres d'une façon fantastique, les bruits de bazar de la frontière angloafghane. Les seuls renseignements qui puissent avoir quelque valeur sont ceux qui sont fournis par le Tioneer^ d'AUahabad, le journal semiofEcieux de Tlnde, dont le principal reporter, toujours au courant des secrets de Simla, a fait la guerre d'Afghanistan, comme correspondant du Tioneer et du Vaily [NjwSy en a écrit une bonne histoire et connaît bien les choses et les hommes du pays.
Si les Ghilzais se soulèvent en masse, la position de l'Émir sera difficile, parce que les Ghilzais sont aux portes des trois grandes villes : Candahar, Ghazni, Caboul. Cependant, même en cas d'un soulèvement général, l'Émir est sûr de triompher si le reste de l'Afghanistan reste fidèle. Son armée est bien organisée pour une armée orientale, et il est probable qu'un grand choc entre ses troupes et les bandes ghilzaies serait une répétition de l'histoire de 1801. Par malheur pour l'Emir, il a d'autres ennemis que les Ghilzais : il y a des prétendants qui n'ont pas renoncé, et il a lassé bien des dévouements.