SIXIÈME LETTRE
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Seid Ahmed et les Wahabites. — Le Maître de Svat. — La Campagne d'Ambéla.
N juin de 1886, comme j'étais à Nathiagalli, en visite chez M. Fryer, le Député Commissaire de Hazara, vint en grande cérémonie une douzaine de grands gaillards à figure patibulaire. C'était le corps diplomatique des Afghans Gadouns^ qui habitent de l'autre côté de la frontière. « Qu'y a-t-il pour votre service? demanda poliment M. Fryer. — Il y a, Sâb ', que les Hindoustanis veulent descendre chez nous : pouvons-nous les
* Sâb, prouonciation vulgaire de Sahib, Monsieur.
recevoir sans danger ou nous ferez -vous la guerre? » M. Fryer leur dit d'être bien sages^ les renvova au Commissaire de la division, le colonel Waterfield^ qui leur donna quarante roupies et ils s'en retournèrent enchantés dans leurs montagnes. Quand les hommes dëtat de la frontière veulent se procurer quelques roupies, ils se font envoyer en djirgay sous prétexte de complication politique, parce que c'est l'usage que le gouvernement anglais défraye les envoyés des tribus ; il y a là quelques sous à gagner : la diplomatie est en tout lieu un bon métier.
Ces Hindoustanis, apparaissant subitement de l'autre côté du Border, m'intriguaient fort; je m'informai et appris l'histoire suivante qui vaut la peine d'être contée, car c'est une des plus curieuses de l'Inde contemporaine, et elle n'est pas encore finie.
Au commencement du siècle, parmi les Grandes Compagnies qui se disputaient les dépouilles