‹ Lettres sur l'Inde; à la frontière afghaneChapitre 51 sur 157 · VI. LE COBLENTZ MUSULMAN lOÇ · texte numérisé non relu

VI. LE COBLENTZ MUSULMAN lOÇ

de rinde, il y en avait une qui était commandée par un Pathan, nommé Amir Khan, un des bandits les plus atroces du temps; il faisait le pays de Malvaet le Radjpoutana. Sur le tard, le métier devenant peu profitable devant les progrès grandissants de la Compagnie anglaise, il se rangea, fit sa paix et se retira comme nawab deTonk. Parmi les hommes du bandit, il y avait un certain Seid Ahmed, de Rao-Bareilli, dans le Rohilkhand. Je ne sais ce qu'il faisait dans le camp du Pindari, s'il pillait ou s'il priait; quoi qu'il en soit, il le quitta, décidé à réformer le monde. Vers 1816, âgé de trente ans, il alla étudier à la mosquée de Delhi sous un docteur fameux.

Chah Abdoul Aziz, et, après trois ans de noviciat, se mit à parcourir l'Inde, en dénonçant les abus qui s'étaient introduits dans l'Islam et en prêchant le retour à la foi primitive. Il commença par le Rohilkhand et fut prophète dans son pays : il descendit de là dans la vallée du Gange, renouvelant les merveilles des temps apostoliques. A Patna, le pays même où, vingt-deux siècles auparavant, le Bouddhisme avait pris naissance, il se trouva à la tête de tant de prosélytes qu'il put organiser un gouvernement de la secte, nommer un grand prêtre et quatre califes ou lieutenants. Il descendit le Gange jusqu'à Calcutta, convertissant et organisant partout

sur son passage : à Calcutta, telle était TaiBuence des prosélytes, qu'il lui devenait impossible de les initier individuellement en leur mettant à chacun la main sur la tête : il déroulait son immense turban et tous ceux qui le touchaient devenaient siens.

En 1822, pour compléter sa propre initiation, il se rendit à la Mecque. Il en fut chassé. Les docteurs, en sentretenant avec lui, avaient reconnu avec horreur les doctrines wahabites. Le Wahabisme est une secte puritaine dont les principes sont : unité de Dieu ; — égalité des hommes; — point d'intermédiaire entre l'homme et son Dieu. Comme conséquence : toute prière et tout culte aux saints, condamnés comme œuvres d'idolâtrie; — toutes les cérémonies introduites depuis le Prophète, proscrites ; — la guerre sainte érigée en devoir sacré. Les Wahabites, fidèles à leurs principes, avaient chassé d'Arabie les Turcs corrompus, saccagé les deux villes saintes, profané les tombeaux des saints, dépouillé la Çaaba des offrandes accumulées de onze siècles. Le Séid de Bareilli, arrivé par ses réflexions solitaires aux doctrines d' Abdoul Wahâb, rentra dans rinde à la fin dj 1823, décidé, non plus à prêcher, mais à agir. Sans s'arrêter à Bombay, où il retrouvait dès ses premiers pas l'apothéose de Calcutta, il rentra dans le Rohilkhand, où il

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